Cette attaque est survenue après que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé, sur la base de renseignements, que Moscou préparait une frappe majeure avec le missile hypersonique Orechnik. Impossible, à ce stade, de confirmer son utilisation.
La Russie a lancé, dans la nuit de samedi à dimanche, une vaste vague de frappes contre la région de Kyiv, faisant au moins quatre morts et plus de 60 blessés, selon les autorités locales.
Deux habitants de la capitale ukrainienne ont perdu la vie, auxquels s'ajoutent deux victimes dans la région de Kyiv, notamment dans les districts de Boutcha et d'Oboukhiv.
Dans un nouveau bilan, le maire de Kyiv, Vitali Klitschko, a ajouté que 30 personnes, dont deux enfants, étaient hospitalisées dans les hôpitaux de la ville.
Cet assaut d'une rare intensité a secoué plusieurs quartiers du centre de la capitale, jusque dans les environs des bâtiments gouvernementaux, des immeubles résidentiels et des établissements scolaires.
"Cette nuit, la région de Kyiv subit une nouvelle attaque massive de l'ennemi, menée à l'aide de drones kamikazes, de missiles de croisière et de missiles balistiques", a déclaré Mykola Kalachnyk, responsable de l'administration régionale.
Les bombardements se sont poursuivis après le lever du jour, alors que de nouveaux missiles et drones étaient encore signalés en direction de Kyiv. Des dégâts ont été constatés dans au moins neuf districts de la capitale, touchant notamment des immeubles d'habitation, a indiqué sur Telegram le chef de l'administration militaire de Kyiv, Tymour Tkatchenko.
Dans le district de Chevtchenko, une frappe a endommagé un bâtiment scolaire où plusieurs personnes avaient trouvé refuge, a indiqué le maire de Kyiv, Vitali Klitschko. Les autorités locales ont également signalé des dégâts touchant des supermarchés et des entrepôts dans différents secteurs de la ville.
Ces bombardements surviennent alors que le président ukrainien avait récemment mis en garde contre une possible escalade, évoquant des renseignements faisant état de préparatifs russes pour "une frappe avec le missile Orechnik". Ce missile hypersonique à têtes multiples avait été utilisé pour la première fois contre la ville ukrainienne de Dnipro en novembre 2024, avant d'être de nouveau déployé en janvier dans la région occidentale de Lviv.
Le président Vladimir Poutine a affirmé que l'Orechnik – dont le nom signifie "noisetier" en russe – était capable d'atteindre une vitesse dix fois supérieure à celle du son et de frapper des bunkers enfouis "trois, quatre, voire davantage de niveaux sous terre".
Selon le chef du Kremlin, ce missile se déplace "comme une météorite" et serait impossible à intercepter par les systèmes actuels de défense antimissile. Vladimir Poutine a également soutenu que plusieurs missiles Orechnik équipés d'ogives conventionnelles pourraient produire des effets comparables à ceux d'une frappe nucléaire.
Dans l'immédiat, rien ne permettait toutefois de confirmer que ce missile avait été utilisé lors des attaques menées dans la nuit.
La Russie avait auparavant averti que l'Ukraine s'exposerait à un "châtiment inévitable et sévère" après une frappe attribuée à Kyiv contre un dortoir universitaire à Starobilsk, ville de la région ukrainienne de Louhansk occupée par les forces russes. Selon Moscou, l'attaque aurait fait 18 morts.
Les autorités ukrainiennes ont rejeté ces accusations, assurant ne pas avoir visé de civils. Kyiv affirme avoir ciblé une unité russe de drones Rubicon déployée dans la zone de Starobilsk.
Depuis le déclenchement de l'invasion à grande échelle en 2022, la Russie mène presque quotidiennement des attaques massives de missiles et de drones contre l'Ukraine. Ces frappes touchent régulièrement des infrastructures civiles et provoquent de nombreuses victimes parmi la population.
Parallèlement, les efforts de médiation engagés par les États-Unis pour tenter de mettre fin à un conflit qui dure depuis plus de quatre ans se sont essoufflés ces derniers mois, Washington concentrant désormais une part croissante de son attention sur la crise au Moyen-Orient.