Le nouveau Premier ministre hongrois, dont l'élection signe un changement de direction à Budapest après les années Orbán, se rend en Allemagne et en France pour rapprocher Budapest de l’UE après le déblocage de 16,4 mds € de fonds européens.
Le Premier ministre hongrois Péter Magyar se rendra mardi chez le chancelier allemand Friedrich Merz, puis mercredi chez le président français Emmanuel Macron, pour sa deuxième grande tournée diplomatique européenne depuis son entrée en fonction.
Arrivé au pouvoir début mai à la faveur d’une victoire écrasante face au parti Fidesz de Viktor Orbán, Magyar a fait du rétablissement de la place de la Hongrie dans le courant dominant européen la pierre angulaire de son agenda de politique étrangère, après des années de tensions entre Budapest et les institutions de l’UE.
Magyar, qui s’est rendu à Varsovie et Vienne il y a deux semaines, sera reçu par Merz à midi, avant une conférence de presse conjointe prévue à 13 h, a indiqué un communiqué de la chancellerie allemande.
« Lors de leurs entretiens, il sera question de sujets bilatéraux et européens, le maintien du soutien à l’Ukraine et la sécurité euro-atlantique occupant également une place centrale », précise le communiqué. Les détails de la rencontre à Paris n’ont pas encore été rendus publics.
Ces visites interviennent quelques jours après que Magyar a conclu un accord politique avec la Commission européenne pour débloquer 16,4 milliards d’euros de fonds de l’UE, gelés en raison d’inquiétudes liées à la corruption et à l’érosion de l’État de droit.
Sur ce montant, 10 milliards d’euros issus du fonds de relance post-Covid de l’UE seront perdus si la Hongrie ne remplit pas l’ensemble des conditions en suspens d’ici la fin août.
Le décaissement exige également l’aval de tous les États membres de l’UE. S’exprimant à Bruxelles la semaine dernière, Magyar a indiqué qu’il était en discussion avec plusieurs dirigeants nationaux pour obtenir leur soutien.
L’UE attend aussi de la Hongrie qu’elle lève son veto sur l’adhésion de l’Ukraine à l’Union. Magyar a promis de donner son feu vert une fois que l’Ukraine aura garanti les droits éducatifs et linguistiques de la minorité hongroise sur son territoire.