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France : avec le bail à cheptel, des vaches louées réconcilient élevages et finances

AP Photo/Jacques Brinon
AP Photo/Jacques Brinon Tous droits réservés  Copyright 2006 AP. All rights reserved.
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Par Christina Molle avec AFP
Publié le Mis à jour
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Face à la frilosité des banques, des éleveurs recourent au bail à cheptel — louer des vaches plutôt que les acheter — un dispositif qui allège l’endettement des exploitations et intéresse des investisseurs en quête de placements concrets.

Oubliez les compte d’épargne, investissez plutôt dans une vache laitière ! Aussi saugrenue qu’elle puisse paraître, cette idée séduit de plus en France, et permet de rapprocher agriculteurs endettés et investisseurs en quête de sens.

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A Beaupont, dans l'Ain, Justine Chêne, éleveuse de 34 ans, s'occupe de 160 vaches, dont 40 ont été financées par des particuliers via MyMarguerit, un placement commercialisé par la société Elevage et Patrimoine, qui remet depuis quelques années le bail à cheptel au goût du jour.

"Le fait de travailler avec MyMarguerit nous permet de diminuer notre endettement et on a du mal à se dire, à prévoir ce qui va se passer dans les cinq ans à venir, donc autant être prudent" explique Justine Chêne. L'opération lui permet d'avoir deux fois plus de bêtes que l'ancien éleveur, tout en lui faisant économiser plusieurs dizaines de milliers d'euros sur la reprise de l'exploitation qu'elle vient d'acquérir.

Un dispositif gagnant-gagnant, selon Carl Darjinoff, responsable de la relation investisseurs chez Élevage et Patrimoine : "une vache à l'acquisition pour l'investisseur, c'est 2316 euros. L'avantage pour les éleveurs, c'est qu'ils vont pouvoir immédiatement en profiter de la production laitière sans avoir à faire appel à la dette bancaire. Donc, on trouve une solution pour qu'ils puissent avoir des vaches. Et lui, l'avantage pour l'éleveur, c'est qu'il va créer de la charge. Cette charge viendra en déduction de son résultat, ce qui améliorera en fait son résultat d'exploitation par la baisse de l'impôt."

Ce dispositif repose sur un engagement de 10 ans renouvelable et concerne près de 40 000 têtes dans l'Hexagone, sur un cheptel de 15 millions de bêtes. Il compte aujourd'hui plus de 5 000 investisseurs et un millier d’éleveurs partenaires.

Lionel Cotin, cadre immobilier de 50 ans, est très satisfait. Il voit dans ce dispositif un "risque moindre" par rapport à d'autres placements, et l'occasion de faire une bonne action : "c'est quelque chose qui est très parlant, bien plus que des choses qu'on ne peut pas toucher du doigt. Moi, l'histoire des vaches, ça m'a plu parce que j'ai vu tout de suite de quoi on parlait. Et comme en plus on est dans des moments où l'agriculture est un petit peu en difficulté, je me suis dit que le système n'a pas l'air trop mal fichu."

Ce dispositif, pratiqué depuis le Moyen-Âge et répandu aux Etats-Unis, en Australie ou encore en Belgique est disponible en France depuis 1972. En 2023, l'endettement moyen des exploitations agricoles françaises atteignait les 236 500 euros en moyenne, selon le dernier rapport du ministère de l'Agriculture.

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