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Incendie de Crans-Montana : les propriétaires du bar "Le Constellation" de retour devant la justice

Jacques et Jessica Moretti se présentent à une audience devant le procureur du canton du Valais, à Sion, en Suisse, le mercredi 11 février 2026
Jacques et Jessica Moretti se présentent à une audience devant le procureur du canton du Valais, à Sion, en Suisse, le mercredi 11 février 2026 Tous droits réservés  Alessandro della Valle/Keystone via AP
Tous droits réservés Alessandro della Valle/Keystone via AP
Par Vincent Reynier avec AFP
Publié le Mis à jour
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Jacques et Jessica Moretti sont visés par l’instruction pénale pour "homicide par négligence", "incendie par négligence" et "lésions corporelles par négligence", suite à l'incendie qui a fait 41 morts et 115 blessés le matin du 1er janvier dernier, à Crans-Montana.

Jacques et Jessica Moretti, les gérants du bar "Le Constellation", où un incendie a provoqué la mort de 41 personnes durant la nuit du Nouvel An, sont de nouveau convoqués ce vendredi pour répondre aux questions de la justice suisse.

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Le couple français sera entendu par les procureurs et les avocats des parties civiles affectées par l'incendie, selon un format qui sera "laissé à la discrétion des procureurs", comme l'a indiqué à l'AFP l'un des avocats des parties civiles, Romain Jordan.

"La dernière occasion offerte aux Moretti de dire la vérité"

D'après les images de surveillance enregistrées au moment du drame, la police cantonale valaisanne affirme que le feu a été provoqué par des étincelles de bougies fontaines qui ont embrasé la mousse d'isolation acoustique au plafond du sous-sol.

En l'absence de système d'alarme efficace, des dizaines de clients du Constellation, piégés dans le sous-sol par des issues inaccessibles, ont succombé aux fumées toxiques. L'incendie a également fait 115 blessés.

Jacques et Jessica Moretti, ainsi que 12 autres personnes, sont visés par l'instruction pénale pour "homicide par négligence", "lésions corporelles par négligence" et "incendie par négligence".

"Nos attentes restent les mêmes : obtenir des réponses, connaître la vérité et déterminer toutes les responsabilités, afin que cela ne se reproduise plus jamais", a déclaré Romain Jordan à la veille de l'audition du couple Moretti.

"Cette audience est la dernière occasion offerte aux Moretti de dire la vérité, toute la vérité ; les victimes en ont besoin, pour leur travail de deuil et pour leur guérison".

Une foule se rassemble pour un cortège commémoratif à Crans-Montana, dans les Alpes suisses, le dimanche 4 janvier 2026
Une foule se rassemble pour un cortège commémoratif à Crans-Montana, dans les Alpes suisses, le dimanche 4 janvier 2026 Jean-Christophe Bott/Keystone via AP

Jusqu'à présent, les enquêteurs n'ont pas été convaincus par les explications du couple Moretti, qui a tour à tour rejeté la faute sur un employé qui aurait "accidentellement" verrouillé une porte en apportant de la glace, ou sur un client qui aurait déplacé un fauteuil devant une issue pour aller aux toilettes.

Jacques Moretti a confié à Libération qu'il avait "hâte" de cette audition pour "rétablir toute la vérité sur ce qui s'est réellement passé le 1er janvier, et mettre fin à toutes les rumeurs".

Les audiences se déroulent à Sion, la capitale du canton montagneux du Valais, dans le sud-ouest de la Suisse.

Aucun contrôle incendie depuis 2019

Les Moretti ont déjà été interrogés deux fois depuis l'ouverture de l'enquête pénale à leur encontre, quelques jours après l'incendie.

Jacques Moretti avait été placé en détention provisoire pendant deux semaines en janvier, avant d'être libéré sous caution. Il devait être interrogé à nouveau le 7 avril, mais son audience a été reportée pour raisons médicales.

Le couple a également reçu l'interdiction de quitter le territoire, entre autres mesures restrictives.

Parmi les 12 autres personnes visées par l'enquête figurent plusieurs élus et anciens élus, ainsi que des employés de la commune. Juste après le drame, les responsables locaux ont reconnu qu'aucun contrôle de sécurité et d'incendie n'avait été effectué dans le bar depuis 2019.

En plus d’établir l'éventuelle responsabilité de la commune, l’enquête examinera les mesures de prévention incendie adoptées par les propriétaires et tentera de reconstituer le déroulement exact du drame.

La plupart des victimes de l'incendie étaient suisses, mais plusieurs ressortissants d'autres pays figuraient également parmi les morts, dont neuf Français et six Italiens. Dix-sept des victimes étaient âgées de 16 ans ou moins.

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