Les poursuites portent notamment sur l'organisation de passages illégaux, le transport de passagers sans licence et des violences présumées contre les forces de sécurité.
Le parquet de Tétouan a engagé des poursuites contre 25 personnes en lien avec le passage massif de migrants vers le territoire espagnol de Ceuta jeudi dernier.
Les chefs d'accusation incluent l'organisation de traversées irrégulières, le transport de passagers sans autorisation, le surpeuplement d'embarcations, le dépassement de la durée de validité des visas, les insultes et agressions contre les forces de sécurité ainsi que la dégradation volontaire de biens publics. L'information a été rapportée cette semaine par le site marocain Hespress.
Le gouvernement marocain a nié lundi avoir cédé à des "pressions ou à un chantage" lors de l'afflux massif de jeudi, tout en exprimant sa "déception" face aux réactions de plusieurs responsables politiques européens. Rabat les accuse d'avoir voulu "instrumentaliser" la crise migratoire à des fins électorales.
Des sources diplomatiques marocaines ont été encore plus loin dans des déclarations aux médias espagnols, rejetant catégoriquement l'idée d'un quelconque "relâchement" de la politique migratoire du pays. Elles ont affirmé que toute personne tentant de franchir la frontière de manière irrégulière "sait qu'elle sera refoulée et que le Maroc acceptera son retour", un engagement que Rabat dit maintenir "depuis des années".
Par ailleurs, l'Association marocaine des droits humains (AMDH) a dénoncé cette semaine les poursuites engagées par la justice marocaine contre 52 personnes devant les tribunaux de Nador, dans le Rif, pour leur implication présumée dans la récente crise migratoire.
Selon l'organisation, 11 jeunes ont comparu devant la chambre pénale de la cour d'appel de Nador, tandis que 41 autres personnes ont été présentées au tribunal de première instance de la ville. Toutes sont maintenues en détention provisoire. Certaines font face à des accusations de nature criminelle, sans que l'AMDH ait précisé les chefs retenus contre elles.