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L'Allemagne refuse la demande de l'UE de lever les contrôles frontaliers intérieurs

Des policiers allemands effectuent des contrôles au poste-frontière en provenance d’Autriche, près de Kiefersfelden, le 15 mai 2025
Des policiers allemands effectuent des contrôles au poste-frontière en provenance d’Autriche, près de Kiefersfelden, le 15 mai 2025 Tous droits réservés  AP Photo/Matthias Schrader
Tous droits réservés AP Photo/Matthias Schrader
Par Gavin Blackburn
Publié le
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Dix pays de l’UE appliquent actuellement des contrôles aux frontières intérieures. Sept invoquent l'immigration pour justifier leur décision.

Le ministre allemand de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, a rejeté une demande de l’UE visant à mettre fin aux contrôles aux frontières intérieures du pays, estimant qu’ils restent « nécessaires ».

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Alors que les ministres de l’Intérieur de l’UE se réunissaient jeudi à Luxembourg pour discuter du récent pacte migratoire du bloc, Dobrindt a affirmé que les contrôles aux frontières de son pays « fonctionnent ».

« Le nombre important de refoulements, de cas de migration illégale, les démantèlements de réseaux de passeurs : tout cela montre à quel point ces contrôles aux frontières sont efficaces et c’est pourquoi nous voulons les maintenir », a-t-il déclaré aux journalistes.

« Nous restons toujours flexibles, nous discutons en permanence, nous nous adaptons. Mais oui, nous voulons encore développer les contrôles aux frontières et nous allons continuer à en avoir besoin. »

La Commission estime que les contrôles aux frontières intérieures ne sont plus nécessaires en raison des vastes changements apportés à la politique migratoire de l’Union, notamment l’approbation, plus tôt cette semaine, de plans visant à intensifier les expulsions et à conclure des accords controversés pour construire des centres de rétention à l’étranger.

Le ministre allemand de l’Intérieur Alexander Dobrindt s’exprime à Berlin, le 5 mai 2026
Le ministre allemand de l’Intérieur Alexander Dobrindt s’exprime à Berlin, le 5 mai 2026 AP Photo

Dix pays de l’UE appliquent actuellement des contrôles à leurs frontières intérieures, et sept d’entre eux invoquent la migration pour justifier leur maintien.

La Commission a demandé à l’Autriche, au Danemark, à la France, à l’Allemagne, à l’Italie, aux Pays-Bas, à la Slovénie et à la Suède de lever progressivement ces contrôles. Une demande similaire a été adressée à la Norvège, qui n’est pas membre de l’UE.

La Pologne est le dixième pays à maintenir de tels contrôles, mais il ne lui a pas été demandé de les assouplir.

Ces contrôles devaient être temporaires, mais dans certains pays ils sont en place depuis des années.

Dobrindt a également appelé à « améliorer de manière significative » la protection des frontières extérieures de l’Union.

« Le tournant migratoire fonctionne en Allemagne et il fonctionne aussi au niveau européen, et nous sommes fermement déterminés à poursuivre résolument dans cette voie avec nos pays voisins et partenaires », a-t-il ajouté.

Vue intérieure du Parlement européen à Strasbourg, le 19 mai 2026
Vue intérieure du Parlement européen à Strasbourg, le 19 mai 2026 AP Photo

« Les chiffres… sont en baisse. Nous sommes sur la bonne voie. Les réformes ont été adoptées. Les frontières extérieures sont mieux protégées. Le règlement sur les retours a été décidé », a déclaré le commissaire européen aux Affaires intérieures et à la Migration, Magnus Brunner.

« C’est le bon moment pour supprimer progressivement ces contrôles aux frontières. »

Migration : ligne dure

Lundi, les pays de l’UE et le Parlement européen sont tombés d’accord sur une loi controversée visant à accélérer le renvoi des migrants n’ayant aucun droit légal de rester en Europe, marquant le tournant le plus strict de la politique migratoire du bloc depuis des décennies.

Les responsables politiques estiment que le « règlement sur les retours » est essentiel pour accélérer les expulsions et constitue la pierre angulaire de la lutte de l’UE contre la migration irrégulière.

Au cœur de la loi figure une disposition permettant aux pays de l’UE de créer, hors du bloc, des centres d’éloignement, appelés « hubs de retour », s’ils concluent un accord avec un pays tiers.

Ces centres peuvent servir à la fois de lieux de transit ou de séjour pour les personnes concernées, ce qui marque une rupture importante avec les règles actuelles.

Selon les chiffres officiels, seuls 29 % des migrants n’ayant pas le droit légal de rester en Europe quittent effectivement l’UE.

Sources additionnelles • AP, AFP

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