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Législatives en Arménie : Nikol Pachinian revendique une "victoire historique"

Arménie : des partisans du parti au pouvoir Contrat civil brandissent des cœurs sur la place de la République à Erevan, le 5 juin 2026
Des partisans du parti au pouvoir Contrat civil du Premier ministre Nikol Pachinian brandissent des cœurs sur la place de la République à Erevan, le 5 juin 2026 Tous droits réservés  AP Photo
Tous droits réservés AP Photo
Par Gavin Blackburn & Jane Witherspoon
Publié le Mis à jour
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Le vote de dimanche illustre le recul de l’influence russe dans une région autrefois dominée par Moscou, malgré les menaces et accusations d’ingérence.

Les Arméniens ont décidé de tourner la page de leur tumultueux passé politique, en accordant au Premier ministre sortant Nikol Pachinian un solide mandat en faveur d’un avenir équilibré et pro-occidental, les premiers résultats publiés lundi plaçant son parti Contrat civil en tête.

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La consultation de dimanche traduit aussi le recul de l’influence russe dans une région autrefois dominée par Moscou, malgré des menaces et des accusations d’ingérence attribuées à la capitale russe.

Officiellement alliées, l’Arménie et la Russie n’en restent pas moins en froid, Moscou ayant comparé les ambitions de l’ancienne république soviétique de rejoindre l’Union européenne à l’une des raisons qui ont déclenché son invasion à grande échelle de l’Ukraine en 2022.

Selon la Commission électorale centrale, après dépouillement de plus de 60 % des bulletins, le parti Contrat civil devance l’alliance Arménie forte du milliardaire russo-arménien Samvel Karapetyan, avec 51,2 % des voix contre 23 %.

Deux autres forces d’opposition, l’alliance "Arménie" de l’ancien président Robert Kotcharian et le parti Arménie prospère, ont également franchi le seuil électoral, recueillant respectivement 9,9 % et 4,1 % des suffrages. La participation a atteint 59 %, selon la commission.

Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian s’exprime au siège de son parti au pouvoir Contrat civil, après les élections législatives à Erevan, le 8 juin 2026
Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian s’exprime au siège de son parti au pouvoir Contrat civil, après les élections législatives à Erevan, le 8 juin 2026 AP Photo

Nikol Pachinian a salué la "victoire historique" de son parti, qui "garantira l’éternité et le développement de l’Arménie". Il a promis de "poursuivre la voie du rapprochement avec l’Occident" tout en développant les relations de l’Arménie avec la Russie.

"Le peuple arménien a voté pour la prospérité et la coopération régionales et j’espère que cela suscitera une réaction positive de la part de la Turquie et de l’Azerbaïdjan", a‑t‑il déclaré lors d’une conférence de presse, ajoutant : "Nous devons institutionnaliser la paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan". Il a également promis "l’éradication définitive du système criminel et oligarchique en Arménie", affirmant que "les dirigeants de ces forces doivent être tenus pénalement responsables."

Ce scrutin intervient après des années de turbulences depuis l’arrivée au pouvoir de Nikol Pachinian, porté en 2018 par une révolution de rue. Il a mené une campagne électorale offensive, répétant aux Arméniens que leur avenir était en jeu et affrontant ouvertement ses détracteurs et l’opposition, qui l’accusaient d’avoir abandonné le Karabakh et trahi le pays. Son message central était qu’il avait tourné la page avec l’Azerbaïdjan pour bâtir un avenir pacifique et prospère pour la région du Caucase du Sud.

Des membres de la commission électorale se préparent à compter les bulletins dans un bureau de vote lors des élections législatives à Erevan, le 7 juin 2026
Des membres de la commission électorale se préparent à compter les bulletins dans un bureau de vote lors des élections législatives à Erevan, le 7 juin 2026 Copyright 2026 The Associated Press. All rights reserved

Âgé de 51 ans, il cherche aussi à desserrer la dépendance de l’Arménie à l’égard de Moscou, après l’inaction de cette dernière pendant le conflit du Karabakh. Alors que le président américain Donald Trump a apporté son "SOUTIEN TOTAL à sa réélection" au "grand ami et dirigeant" Nikol Pachinian, Moscou s’est cabré face à la perspective de perdre un allié de plus dans son arrière-cour. "Nous accepterons tout choix fait par le peuple", a déclaré Nikol Pachinian aux journalistes dans un bureau de vote d’Erevan après avoir glissé son bulletin dans l’urne.

Il a assuré qu’après le scrutin, l’Arménie poursuivrait une politique étrangère équilibrée, insistant sur le fait qu_’"il n’est pas question de choisir"_ entre la Russie et l’Occident. Le Kremlin est accusé d’avoir cherché à influer sur le vote.

Des analystes ont relevé de la désinformation en ligne, des activités de pirates informatiques et des récits favorables au Kremlin présentant la coopération avec l’Occident comme dangereuse. Dans les semaines précédant le scrutin, la Russie a interdit l’importation de plusieurs produits arméniens, une mesure perçue comme un moyen de faire peser une pression économique sur le pays. Et des responsables arméniens ont averti que des "ennemis de la liberté" finançaient des campagnes de propagande.

Des membres de la commission électorale se préparent à compter les bulletins dans un bureau de vote lors des élections législatives à Erevan, le 7 juin 2026
Des membres de la commission électorale se préparent à compter les bulletins dans un bureau de vote lors des élections législatives à Erevan, le 7 juin 2026 AP Photo

"Course irréfléchie"

Nikol Pachinian a répété qu’il ne souhaitait pas de rupture avec Moscou, mais la campagne s’est jouée comme une bataille autour de l’avenir géopolitique de l’Arménie. Nikol Pachinian et ses principaux adversaires se sont mutuellement accusés de faire courir le risque d’un nouveau conflit.

Nikol Pachinian a averti les électeurs que l’Arménie pourrait être confrontée à une "guerre catastrophique" avec l’Azerbaïdjan dans les mois à venir si son parti n’obtenait pas une forte majorité. Ses adversaires ont dénoncé un discours alarmiste. Les partis d’opposition ont accusé les autorités de violations électorales et de répression, notamment contre leurs équipes de campagne.

Un membre d’une commission électorale prépare les bulletins en attendant les électeurs dans un bureau de vote à Erevan, le 7 juin 2026
Un membre d’une commission électorale prépare les bulletins en attendant les électeurs dans un bureau de vote à Erevan, le 7 juin 2026 AP Photo

Le Comité d’enquête arménien a indiqué avoir ouvert 59 dossiers pénaux pour des violations électorales présumées, notamment des votes multiples, et placé neuf personnes en détention.

Le dirigeant d’Arménie forte, Karapetyan, a rejeté les accusations selon lesquelles il ramènerait l’Arménie dans l’orbite de la Russie, mais a mis en garde contre la "course irréfléchie" de Nikol Pachinian vers l’Occident. Il est assigné à résidence depuis l’an dernier pour des accusations de complot en vue d’un coup d’État, des allégations qu’il rejette comme étant politiquement motivées.

"Un vote pour la paix"

Le bilan démocratique de Pachinian était lui aussi soumis au jugement des électeurs. Huit ans après son arrivée au pouvoir sur la promesse de démanteler le système oligarchique arménien, il fait face à des accusations croissantes de recul démocratique. Pour beaucoup d’Arméniens toutefois, l’opposition reste associée à l’influence russe et aux oligarques.

"J’ai voté pour la paix. Seul Pachinian peut apporter la paix", a confié à l’agence de presse AFP un électeur, Hakob Hakobyan, artisan de 63 ans.

Un autre électeur, Khatchatour Movsisyan, ingénieur mécanicien de 59 ans, a expliqué avoir voté pour un parti d’opposition "parce que le pays, et nous tous, avons besoin de changement, en politique étrangère, en politique intérieure et dans les négociations avec l’Azerbaïdjan."

Sources additionnelles • AFP

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