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L'eurodéputé Bernd Lange craint que le conflit Airbus-Boeing ravive les tensions UE-États-Unis

Un Boeing 737 d’Air Europa approche de l’atterrissage à Lisbonne à l’aube, lundi 4 mai 2026.
Un Boeing 737 d’Air Europa approche de l’atterrissage à Lisbonne au lever du soleil, lundi 4 mai 2026. Tous droits réservés  AP Photo
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Par Peggy Corlin
Publié le
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L’eurodéputé allemand craint que la fin d’une trêve commerciale cruciale n’offre aux États-Unis un prétexte pour rompre l’accord de Turnberry, que le Parlement européen doit adopter la semaine prochaine.

Le député européen allemand Bernd Lange, président de la commission du commerce international du Parlement européen, a mis en garde : l’interminable différend opposant Airbus à Boeing pourrait mettre en péril l’accord commercial UE–États-Unis conclu l’été dernier si les tensions transatlantiques devaient de nouveau s’enflammer dans les semaines à venir.

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La mise en œuvre de l’accord de Turnberry, conclu en juillet 2025 en Écosse entre le président américain Donald Trump et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, entre dans sa dernière ligne droite, les eurodéputés devant l’approuver lors d’un vote mardi prochain.

Mais la trêve de cinq ans entre le géant aéronautique américain Boeing et son rival européen Airbus sur fond d’accusations de subventions illégales arrive à échéance le 11 juillet, sans que l’administration Trump et la Commission européenne ne se soient encore mises d’accord pour la prolonger.

"Cela va-t-il conduire à une nouvelle escalade ? Personne ne le sait", a déclaré Lange, chef de file des négociateurs du Parlement sur l’accord UE–États-Unis, jeudi, devant des journalistes lors d’une réunion avec ses collègues socialistes.

Le député européen craint qu’une reprise du conflit dans l’aéronautique ne tende encore davantage les relations commerciales transatlantiques après une année de fortes tensions. "J’espère que tout cela ne va pas voler en éclats", a confié Bernd Lange à Euronews.

L’accord de Turnberry reste fragile

La bataille entre Boeing et Airbus remonte à plus de vingt ans. Les États-Unis ont d’abord saisi l’Organisation mondiale du commerce (OMC), estimant que l’UE subventionnait illégalement Airbus. Bruxelles a répliqué avec sa propre plainte, accusant Washington de soutenir Boeing de manière illicite.

Le différend a fini par se transformer en guerre tarifaire, les deux camps imposant des droits punitifs sur des produits allant du vin et des spiritueux au fromage et au tabac, pour un montant total de 11,5 milliards de dollars d’échanges.

Une trêve a été conclue en 2021 sous l’administration Biden. Entrée en vigueur le 11 juillet de la même année, elle a suspendu pour cinq ans les mesures de représailles. Mais aucune prolongation n’a, à ce stade, été annoncée.

"Des discussions sont en cours avec les États-Unis afin de garantir la stabilité et la prévisibilité et de poursuivre la suspension des contre-mesures des deux côtés", a indiqué à Euronews le porte-parole adjoint en chef de la Commission, Olof Gill.

Dans son document "Trade Policy Agenda 2026", l’administration Trump indique que le représentant américain au Commerce décidera en juillet s’il convient de prendre des mesures dans le cadre de l’enquête menée au titre de la section 301 sur l’exécution des droits des États-Unis dans les différends de l’OMC concernant les gros avions civils.

Les États-Unis peuvent imposer des droits de douane à leurs partenaires commerciaux au titre de la section 301 du Trade Act de 1974. La semaine dernière, Washington a menacé d’imposer des droits de douane de 10 % sur les produits européens au motif du travail forcé, à la suite d’une enquête menée au titre de la section 301. S’ils entraient en vigueur, ces droits s’ajouteraient aux tarifs de la nation la plus favorisée déjà en place, faisant passer les droits de douane américains moyens sur les produits de l’UE au-dessus du plafond de 15 % fixé par l’accord de Turnberry.

En vertu de l’accord, que les eurodéputés doivent adopter la semaine prochaine, l’UE s’est engagée de son côté à supprimer ses droits de douane sur les produits américains. Les parlementaires se sont toutefois battus pour y inclure des garde-fous afin de protéger l’accord de futures menaces de droits américains et de garantir le respect du plafond de 15 %.

L’accord a toujours paru fragile. Trump a à plusieurs reprises utilisé les droits de douane comme moyen de pression dans des différends qui ne relevaient pas du commerce, qu’il s’agisse de sa tentative, plus tôt cette année, de pousser au rachat du Groenland ou de sa menace plus récente d’imposer des droits de 25 % sur les voitures européennes après que le chancelier allemand Friedrich Merz a critiqué la guerre avec l’Iran. Si le différend Airbus-Boeing repartait de plus belle, il pourrait offrir au président américain un nouveau prétexte pour détricoter l’accord de 2025.

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