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Un caricaturiste russe critique de Vladimir Poutine abattu en Pologne

Photo d'archives. Policiers et militaires polonais contrôlent des voitures près de la frontière polono-biélorusse, le 13 novembre 2021, photo d'illustration
Photo d’archives. Des policiers et militaires polonais contrôlent des voitures près de la frontière polono-bélarusse, le 13 novembre 2021, image d’illustration Tous droits réservés  Copyright 2007 AP. All rights reserved.
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Par Katarzyna Kubacka & Euronews avec AFP
Publié le Mis à jour
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Selon les autorités polonaises, l'artiste a été abattu lundi matin dans la rue par un homme non identifié, qui a tiré trois coups de feu. Deux ressortissants bélarusses ont été arrêtés peu après le meurtre.

Le caricaturiste et artiste russe Semion Skrepetsky, de son vrai nom Robert Kouzolov, a été tué par balles ce lundi 15 juin à Biala Podlaska, dans l'est de la Pologne. L'homme était connu pour être critique de Vladimir Poutine.

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Les faits se sont déroulés lundi vers 9 h 45-9 h 50 sur un parking à proximité du domicile du quadragénaire. Selon le parquet, les éléments réunis jusqu’à présent indiquent qu’un homme non identifié s’est approché de la victime et a tiré plusieurs coups de feu dans sa direction. Lorsque la victime est tombée au sol, l’assaillant a encore tiré avant de s’éloigner précipitamment des lieux.

Simon Skrepetski vivait en Pologne depuis 2021, après avoir quitté la Russie par crainte de représailles. Selon plusieurs médias, il avait participé quelques jours avant sa mort à une manifestation devant l’ambassade de Russie à Berlin, où il présentait des œuvres et des performances anti-Poutine. Il avait récemment fait état de menaces sur sa chaîne Telegram.

Peu de temps après le meurtre, deux citoyens biélorusses de 37 et 33 ans ont été interpellés à proximité du consulat de la République de Biélorussie. Les deux hommes sont actuellement entendus. "Nous étudions plusieurs hypothèses, avec des degrés de probabilité différents, mais nous ne pouvons pas exclure non plus un mobile d’ordre privé car, aussi spectaculaire que cela puisse paraître, il se pourrait qu’il s’agisse tout simplement d’une affaire personnelle", a déclaré le porte-parole du parquet de Lublin, Marcin Kozak.

Selon le parquet, cinq douilles et un projectile de calibre 9 mm ont été retrouvés sur les lieux. Marcin Kozak affirme que le dossier de preuves est déjà volumineux et permet aux enquêteurs de reconstituer progressivement un tableau de plus en plus complet des événements.

Simon Skrepetski était un satiriste et un artiste politique qui tournait en dérision, dans ses caricatures, non seulement Vladimir Poutine, mais aussi le dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov et l’ensemble du système politique de la Fédération de Russie. Le 15 juin encore, il signalait sur sa chaîne Telegram les menaces proférées à son encontre. Dans l’une de ses publications, il écrivait que des nationalistes russes et des partisans du Kremlin promettaient de se venger de lui.

L'hypothèse d'un crime à "caractère politique"

Si rien ne peut être exclu à ce stade, le parquet laisse entendre que l’affaire s’apparente très probablement à une exécution.

"J’ai exposé les faits : un agresseur s’approche d’un homme sur le trottoir, tire trois fois dans son dos, puis, après la chute de la victime, se rapproche et tire encore deux fois. Les conclusions s’imposent d’elles-mêmes, mais je suis tenu de m’en tenir aux faits", a déclaré Marcin Kozak.

La Pologne avait proposé une protection au dessinateur, qui l'a déclinée. "Si le caractère politique de ce crime se confirme, nous serons confrontés à une nouvelle manifestation de l'escalade des actions menées par la Russie en dehors de ses frontières", a réagi Bartosz Grodecki, chef du bureau de la sécurité nationale auprès du président polonais (BBN), sur X.

La mort de Simon Skrepetski s’inscrit dans un contexte plus large concernant le sort des artistes, militants et opposants russes critiques du Kremlin. Ces dernières années, de nombreux opposants à Vladimir Poutine ont été contraints à l’exil et certains ont été la cible de menaces, de répressions ou de poursuites pénales. Le cas le plus emblématique demeure celui d’Alexeï Navalny qui, après avoir été empoisonné puis emprisonné, est mort dans une colonie pénitentiaire russe en 2024.

Le Kremlin rejette les accusations d’assassinat de l’opposant. Après sa mort, il a accusé l’Occident d’exploiter l’affaire contre la Russie et a qualifié les critiques des dirigeants occidentaux d’"inacceptables".

En 2025, la veuve de l’opposant, Ioulia Navalnaïa, a toutefois annoncé que des analyses réalisées par des laboratoires étrangers, avec le soutien de cinq gouvernements, avaient mis en évidence la présence d’épibatidine – une puissante neurotoxine – dans des échantillons prélevés sur le corps d’Alexeï Navalny.

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