Le président du Rassemblement national et possible candidat à la présidence en 2027 s'est rendu à la frontière polono‑bélarusse, saluant à plusieurs reprises le rôle de la Pologne "dans la protection de l'Europe contre l'immigration illégale".
Le président du Rassemblement national (RN) poursuit sa visite dans le plus grand pays d'Europe centrale, aux côtés de ses alliés nationalistes. Jordan Bardella s'est rendu en Pologne à l’invitation du parti Mouvement national, partenaire du RN à Strasbourg.
Possible candidat à l'élection présidentielle française en cas de condamnation en appel de Marine Le Pen dans l'affaire des assistants parlementaires, le patron du RN a visité le poste de la garde-frontière à Kuznica Bialostocka.
La veille, Bardella s’était rendu au siège de Frontex à Varsovie, accompagné de l’eurodéputé RN Fabrice Leggeri, ancien directeur de l’agence. Bardella y a souligné le caractère hybride de la pression migratoire exercée par la Biélorussie et la Russie.
"Depuis 2021, la frontière polonaise, porte d’entrée vers l’Europe, subit une pression migratoire inacceptable exercée par la Biélorussie, avec l’aval de la Fédération de Russie. Ces opérations de déstabilisation n’ont qu’un seul objectif : faire éclater l’Europe de l’intérieur. Nous n’accepterons jamais ce chantage : Frontex doit se tenir aux côtés de la Pologne pour protéger notre continent", a-t-il affirmé.
À la recherche d'alliés
La visite de Jordan Bardella en Pologne revêt un caractère stratégique. Le leader de l’extrême droite française cherche des alliés en vue d’une éventuelle candidature à l’élection présidentielle prévue l’an prochain en France.
Ces rencontres sont importantes dans la perspective de bâtir une coopération plus large entre les forces sceptiques à l’égard de la politique migratoire actuelle de l’UE. La Pologne est présentée par Jordan Bardella comme un modèle de protection efficace des frontières extérieures de l’Europe, et l’expérience de la frontière polono-bélarusse sert d’argument en faveur d’un renforcement de Frontex et d’une politique stricte de retours des migrants en situation irrégulière.
"Au cours des dernières 48 heures, j’ai eu en Pologne de très nombreuses réunions à l’invitation de nos alliés européens, y compris à la chancellerie du président Karol Nawrocki, ainsi qu’avec le président du parti Droit et Justice (PiS) Jaroslaw Kaczynski, qui m’a invité en Pologne avec mes collaborateurs", a déclaré Jordan Bardella.
Il a remercié le président du parti national conservateur d’avoir pris l’initiative de se rendre à la frontière polono-bélarusse, sur le flanc oriental de l’UE. "J’y ai vu de très nombreux dispositifs de prévention de la pression migratoire, mis en place déjà sous les gouvernements du PiS", a-t-il ajouté.
Jordan Bardella a également souhaité au PiS, qui a limité le droit à l'avortement et s'attaque régulièrement à la communauté LGBTQIA+, de remporter les prochaines élections.