Près d'une semaine après le début d'une canicule historique, la France commence à en voir le bout du tunnel. Dans les hôpitaux, la situation continue d'empirer et plusieurs événements ont été annulés pour le week-end.
Après près d'une semaine d'une chaleur intense et exceptionnelle, durant laquelle la France a battu plusieurs records, le pays commence à voir la fin de cette canicule hors norme. Ce vendredi 26 juin, onze départements, tous à l'ouest, sont sortis de la vigilance rouge. Treize autres, situés dans le centre et le sud-ouest du pays quitteront l'alerte maximale dès ce samedi.
Cependant, la tension reste à son paroxysme dans les urgences et les établissements de santé. Jeudi, Sébastien Lecornu a déclenché l'échelon 3 du plan Orsan, qui permet, notamment, de "renforcer les effectifs hospitaliers", a expliqué le Premier ministre. "Il n'y a pas de catastrophe, mais les signaux sont suffisamment important" pour prendre une telle décision, a indiqué, de son côté, le cabinet de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist.
Dans un communiqué transmis à la préfecture de police de Paris, les hôpitaux de Paris (AP-HP) révèlent avoir observé "une augmentation réelle du nombre de patients touchés par la canicule" et n'écartent pas la possibilité de déclencher le plan blanc dans les jours à venir.
Ce vendredi, lors d'un point presse, Stéphanie Rist, s'est dite, elle, "préoccupée" par les "morts à domicile" à travers le pays.
Pour faire face, la ministre de la Santé a activé la réserve sanitaire, qui permet de "mobiliser les étudiants pour venir en renfort" du Samu-SAS, selon le Journal officiel de ce vendredi.
La veille, elle avait indiqué que les autorités sanitaires ont observé "une multiplication par quatre des passages aux urgences pour des raisons liées à la chaleur". Les appels à SOS Médecins ont également été multipliés par quatre "sur les dernières vingt-quatre heures". Patrice Faure, préfet de police, a, de son côté, précisé que les hôpitaux de la capitale sont déjà "saturés".
Matthieu Revest, directeur médical de crise au CHU de Rennes, a révélé qu'il y a eu, pour la journée de jeudi, un "record absolu" d'appels en une journée, plus encore que pendant le Covid-19.
Depuis le début de l'épisode caniculaire, au moins 55 personnes sont mortes noyées. Plusieurs enfants sont également décédés après s'être enfermés dans le véhicule familial.
Plusieurs événements de nouveau annulés ou reportés
C'est donc pour éviter de surcharger encore plus les hôpitaux que le festival Solidays et la Marche des Fiertés ont été annulés ce week-end. "Il serait incompréhensible de leur rajouter, en plus de cette crise sanitaire, l’impact de la tenue d’un festival de musique qui rassemble chaque année 250 000 personnes, a fortiori dans des conditions climatiques aussi extrêmes", avait prévenu l'APH-HP dans son communiqué.
En réponse, la préfecture de police de Paris avait demandé l'annulation des deux événements parisiens. "Dans l'hypothèse où ils n'y consentiraient pas, le préfet de Police les interdira par arrêté", était-il écrit dans le communiqué.
"On comprend cette décision, on l'entend, on l'accepte. Elle nous est très fortement préjudiciable, mais on va essayer de trouver les solutions", explique Luc Barruet, directeur du festival qui devait débuter dans la soirée, lors d'un point presse.
"Nous sommes sous le choc… Solidays ne (ré)enchantera pas le monde cette année", a réagit l'équipe du festival, dans un communiqué_. "Si cette décision d’annulation des autorités administratives nous coûte et nous affecte, elle s’impose comme nécessaire face à la canicule et la très forte pression qui pèse sur les soignants et le système hospitalier."_
Mais cette annulation va plus loin qu'un simple festival, car Solidays "représente 70 % des ressources de Solidarités Sida", rappelle Luc Barruet. Une édition de moins et c'est 3 millions d'euros qui ne rentreront pas dans les caisses de l'association. "C’est l’avenir de l’association et des nombreux programmes qu’elle accompagne dans 21 pays qui est aujourd’hui en jeu", précise l'organisation.
Autre événement annulé ce week-end dans la capitale : la Marche des Fiertés LGBTQ+. "Un report en septembre est envisagée", est-il écrit sur le site. La Marche de Lyon ne se tiendra pas non plus comme prévu.
Les annulations ne sont donc pas concentrées sur la capitale. La première soirée du Chambord Live Festival est annulée, rapporte France 3 Centre-Val de Loire, tout comme l'Ironman de Nice, indique Nice Matin.
Plusieurs pays européens en alerte
En Europe, la situation est peu ou prou la même. Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Hongrie, Pologne... À mesure que cette vague de chaleur se déplace vers l'est, plusieurs pays ont relevé leur niveau de vigilance.
En Espagne, où la vague de chaleur a pris fin ce jeudi, au moins 327 décès ont été recensés par l'Institut de santé Carlos III d'Espagne. Le pays a connu des températures de juin sans précédent, plusieurs records nationaux et locaux ayant été battus durant cet épisode de chaleur.