Newsletter Newsletters Events Évènements Podcasts Vidéos Africanews
Loader
Suivez-nous
Publicité

Exclusif : l’UE réoriente les fonds des Balkans occidentaux vers les pays en tête de l’adhésion

La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, s'adresse aux médias après le sommet UE‑Balkans occidentaux dans la ville côtière monténégrine de Tivat, le 5 juin 2026.
Ursula von der Leyen s'exprime après le sommet UE-Balkans occidentaux à Tivat Tous droits réservés  AP Photo/Risto Bozovic
Tous droits réservés AP Photo/Risto Bozovic
Par Luca Bertuzzi
Publié le
Partager Discussion Suivez Euronews sur Google
Partager Close Button

L'Union européenne réoriente les fonds de réforme des Balkans occidentaux vers le Monténégro, l'Albanie et la Macédoine du Nord, les autres pays étant à la traîne.

La Commission européenne s'apprête à réaffecter les financements de l’instrument destiné à encourager financièrement les pays des Balkans occidentaux à mener les réformes exigées pour l’adhésion à l’UE, au profit des pays _"_en tête de course", ont indiqué deux responsables européens à Euronews.

PUBLICITÉ
PUBLICITÉ

La Facilité pour la réforme et la croissance dans les Balkans occidentaux a été mise en place en 2024 pour offrir aux pays candidats de la région un soutien financier assorti de conditions strictes, principalement la mise en œuvre des réformes nécessaires pour rejoindre le bloc.

Cet instrument couvre la période 2024-2027 et vise, à terme, à doubler la taille des économies des Balkans occidentaux au cours de la prochaine décennie.

Mais, selon les propres données de la Commission, seuls quelque 673 millions d’euros ont été déboursés dans le cadre de la facilité, sur les 6 milliards disponibles. Presque tous ces fonds ont été versés à seulement trois des six pays candidats.

Le Monténégro, l’Albanie et la Macédoine du Nord sont les plus avancés dans le processus d’adhésion, grâce à leurs agendas de réforme nationaux. La Bosnie-Herzégovine, le Kosovo et la Serbie, en revanche, sont généralement considérés comme à la traîne.

La facilité impose que les réformes soient achevées dans les délais convenus ; en cas de retard, la Commission peut retenir une partie ou la totalité des fonds correspondant à cette condition.

Les bénéficiaires disposent d’un an pour remplir les conditions avant que les fonds ne soient réaffectés, à l’exception de la première année, où l’échéance est portée à deux ans. Cela signifie que la fin juin constituait la première échéance de ce type.

"Comme le souligne le règlement, lorsque des étapes de réforme ne sont pas respectées et que le délai de grâce est expiré, les fonds correspondants peuvent être redistribués entre les autres bénéficiaires", a déclaré un porte-parole de la Commission à Euronews.

"S’agissant des étapes qui arrivaient à échéance le 30 juin 2026, la Commission va désormais procéder à une évaluation globale et objective pour l’ensemble des bénéficiaires", a ajouté le porte-parole.

En d’autres termes, la Commission va réorienter les sommes non utilisées vers les pays jugés les plus avancés dans leurs réformes, les "frontrunners".

Le principal perdant devrait être la Bosnie-Herzégovine, qui n’a jusqu’à présent reçu aucun financement au titre de la facilité, faute d’avoir réalisé les réformes exigées, en grande partie en raison de la complexité de son architecture institutionnelle. Le Kosovo et la Serbie devraient eux aussi être pénalisés.

Cette situation a déjà été actée en avril, lorsque la commissaire à l’Élargissement, Marta Kos, a écrit à l’ensemble des pays des Balkans occidentaux pour les exhorter à accélérer les réformes, faute de quoi ils risquent de perdre les fonds proposés dans le cadre de l’instrument.

Les responsables européens soulignent que la facilité offre des financements incitatifs : la Commission n’enlève pas d’argent, disent-ils, puisque les pays n’y avaient jamais droit tant qu’ils n’avaient pas mené à bien les réformes en question.

"C’est comme être payé à l’heure", explique un responsable européen, qui a demandé à conserver l’anonymat pour pouvoir s’exprimer librement. "On est rémunéré uniquement pour le travail que l’on accomplit réellement."

La Commission devrait fournir aux États membres davantage de précisions sur ce dossier plus tard dans le mois, notamment sur le montant des financements qui seront réaffectés.

"Les réformes doivent rester une priorité pour les bénéficiaires, afin qu’ils tirent pleinement parti de ce que propose le plan de croissance", a déclaré le porte-parole de la Commission.

Accéder aux raccourcis d'accessibilité
Partager Discussion Suivez Euronews sur Google

À découvrir également

Sommet UE-Balkans occidentaux : António Costa veut des règles simplifiées d’adhésion à l’UE

Élargissement de l'UE : Ursula von der Leyen poursuit sa tournée dans les Balkans occidentaux

Balkans occidentaux : comment l'Albanie et le Monténégro pourraient adhérer à l'UE avant les autres