D’ici fin 2027, la brigade allemande pour la Lituanie, forte de 5 000 soldats, doit être stationnée près de la frontière biélorusse. Une lycéenne lituanienne a déjà rencontré la Bundeswehr sur place : elle a gagné un tour en char lors d’un concours de rédaction.
D'ici fin 2027, au plus tard, l'Allemagne doit déployer durablement 5 000 soldats en Lituanie dans le cadre de la brigade « Lituanie 45 ». Ces forces seront stationnées entre la capitale, Vilnius, et la frontière avec le Bélarus, afin de renforcer le flanc oriental de l'OTAN face aux tensions avec la Russie.
C'est dans ce contexte qu'une jeune Lituanienne Kamilė a vécu une expérience peu commune. Lauréate d'un concours de rédaction organisé par l'OTAN, elle a remporté un tour en char aux côtés de la Bundeswehr.
Euronews l'a rencontrée sur le terrain d'entraînement de Pabradė, où elle a pu suivre de près les soldats du bataillon de grenadiers blindés déjà intégré à la future brigade.
Les militaires venaient tout juste d'achever Freedom Shield, un exercice de près de six semaines. À quelques kilomètres seulement de la frontière biélorusse, des soldats de huit pays de l'OTAN se sont entraînés à différents scénaJe finis rios de combat. Le contingent allemand, fort de 2 300 militaires, prépare le déploiement de la future brigade permanente et vise à renforcer l'interopérabilité des armées alliées sur le flanc est de l'Alliance.
Premier prix : un tour en char
Kamilė se tient désormais à côté d’une rangée de plusieurs dizaines de chars de générations diverses, après avoir participé à un concours de rédaction annuel organisé par les autorités lituaniennes.
« J’ai d’abord expliqué ce que sont exactement les menaces hybrides et quelles répercussions elles peuvent avoir sur nous. Et ensuite, j’ai aussi décrit comment les jeunes pourraient aider à se prémunir contre ce danger », explique Kamilė à Euronews.
Elle s’est penchée sur ce que les jeunes « peuvent faire face aux menaces hybrides ». Avec ce texte, elle a remporté le premier prix du concours d’essais du ministère de la Défense. Son établissement l’a qualifiée de « fierté du lycée ».
« Le succès de Kamilė est exceptionnel, non seulement en raison de la haute appréciation, mais aussi à cause de la langue choisie pour son essai », peut-on lire sur le site de l’école. L’élève a rédigé son texte en allemand, faisant ainsi preuve non seulement de créativité, mais aussi d’excellentes compétences en langues étrangères.
Lors de la cérémonie de remise des prix, l’ambassadeur d’Allemagne en Lituanie, Cornelius Zimmermann, lui a remis une invitation, l'autorisant à visiter la brigade 45 de chars de la Bundeswehr sur le terrain d’entraînement de Pabradė.
Visite à la "brigade Lituanie"
Pour Kamilė, le sujet est omniprésent. « Les jeunes sont très présents sur les réseaux sociaux et ils peuvent y voir des problèmes et des conflits entre pays », explique-t-elle. Dans son essai, elle a insisté sur l’importance de l’esprit critique : « Cela pourrait beaucoup nous aider », par exemple pour déceler la désinformation et les fausses informations."
L’élève évoque une chance à l’occasion de sa visite à la brigade 45. « Ce sera un très grand souvenir pour moi », dit-elle. « En tout cas, je suis très impatiente », confie-t-elle sur le terrain d’entraînement. « Je pense que ce sera très différent d’une voiture, d’un bus ou d’un train, ou autre. »
La brigade allemande de soutien prévue est plutôt bien accueillie en Lituanie, comme le montre un sondage représentatif commandé par l’ambassade d’Allemagne en juin 2025. 72 % des personnes interrogées jugent positive la présence des troupes allemandes près de Pabradė, 13 % y sont opposées et 15 % déclarent ne pas pouvoir se prononcer. Les sondés qui voient la brigade d’un bon œil estiment qu’elle renforcera la sécurité et les capacités de défense de la Lituanie. Les tours en char sont également proposés comme activité de groupe près de la capitale.
Selon les Lituaniens, la défense est le deuxième domaine le plus important dans les relations avec l’Allemagne, juste derrière l’économie et le commerce.
Kamilė : « On dirait une console PlayStation »
Kamilė passe devant différents véhicules avant de croiser Philipp. Il la conduit directement vers les chars Puma du bataillon de grenadiers blindés 122, initialement basé à Oberviechtach.
Philipp l’encourage à poser toutes les questions qu’elle souhaite et lui explique le véhicule. « On peut regarder tout cela ensemble. Autrefois, on était assis dans la tourelle, on bougeait avec le véhicule, et ce n’est plus le cas », détaille-t-il en montrant le haut de la structure du char. Désormais, la tourelle est télécommandée pour des raisons de sécurité renforcée, le système a évolué.
« Sur le dessus, nous avons un canon-mitrailleur de 30 millimètres, avec une cadence d’environ 200 coups par minute. Il est cependant bridé mécaniquement afin d’économiser les munitions », explique Philipp en décrivant la fréquence de tir du char.
Pour Philipp, ce qui distingue les grenadiers blindés, c’est leur capacité à mener le combat aussi bien embarqués, c’est-à-dire à bord du char, que débarqués. Cela élargit considérablement le spectre des missions : le combat en zone urbaine ou dans les tranchées ne pose, par exemple, aucun problème à cette unité. Le bataillon compte 600 soldats répartis en quatre compagnies.
« Pour être honnête, je pensais qu’il y aurait plus de place à l’intérieur, mais c’est très exigu », confie Kamilė après un premier coup d’œil dans le char. Philipp lui a raconté qu’il y avait aussi beaucoup d’armes et d’autres équipements à l’intérieur, et que les soldats eux-mêmes portent beaucoup de matériel, ce qui réduit encore l’espace disponible.
Alors qu’elle découvre l’intérieur du Puma avec Philipp, les médias doivent rester à l’extérieur : photos et vidéos de l’habitacle sont interdites pour des raisons de sécurité.
« Il y a plein de petits appareils, des boutons et aussi les commandes, ça ressemble à une console PlayStation », décrit Kamilė. « C’est vraiment très excitant. »
Au final, ce qu’elle a découvert à l’intérieur du Puma correspond peu à l’image qu’elle s’en faisait, explique la jeune Lituanienne à Euronews. Elle se réjouit particulièrement du tour de terrain à bord de l’engin lourd de la Bundeswehr. Son école présente la visite des forces armées comme une expérience permettant de mieux comprendre leur rôle dans la sécurité du pays. Le concours vise en dernier ressort à mettre en lumière l’importance de l’OTAN.
Après avoir fait connaissance avec le modèle Puma, elle a pu monter dans un char plus récent, le Leopard. « J’ai été particulièrement impressionnée par la taille du char, par la technologie moderne et par l’aspect qu’il avait de l’intérieur. » Elle a pu s’asseoir successivement sur les quatre sièges que compte le Leopard et manipuler la partie supérieure du char, raconte Kamilė à Euronews.
Concours de l’OTAN sur la sécurité de la Lituanie
Une fois par an, le ministère lituanien de la Défense organise un concours de rédaction, et les lauréats sont récompensés à l’occasion de l’anniversaire de l’adhésion à l’OTAN. Cette année, plus de 400 élèves ont participé, un nombre jamais atteint. L’an dernier, le record de participation venait d’être porté à 270.
Le concours d’essais destiné aux élèves est lancé sous le slogan :
« Nous sommes l’OTAN », « Mes esamo NATO » en lituanien. Les participants pouvaient rédiger leurs textes en lituanien, polonais, anglais, allemand ou français. Kamilė V. est l’auteure de l’un des 400 travaux.
Elle a choisi le sujet « L’OTAN et les menaces hybrides ». Deux autres thèmes étaient proposés : « Représenter la Lituanie au sommet jeunesse de l’OTAN » mais aussi « Lettre au futur ». Dans tous les cas, la jeune génération devait être au centre des travaux.
« L’augmentation du nombre de participants montre que les jeunes s’intéressent aux questions actuelles liées à l’appartenance de la Lituanie à l’OTAN », a déclaré Karolis Aleksa, vice-ministre de la Défense, lors de la remise des prix le 27 mars 2026 au Seimas, le Parlement lituanien, rapporte le portail d’information 15min.lt.
Selon lui, les jeunes suivent activement l’actualité et formulent des propositions constructives pour relever les défis de l’Alliance.
« Je suis presque certain que certains d’entre eux rejoindront à l’avenir le système de défense nationale et contribueront à une Lituanie plus sûre », a ajouté Karolis Aleksa.
Le concours consacré à l’OTAN est organisé depuis huit ans et suscite un intérêt croissant. Il est porté par le département de la mobilisation et de la protection civile du ministère de la Défense.