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Une équipe de France "sans Français" : Paris et Madrid condamnent les propos de Mariano Rajoy

Archives : Le Premier ministre espagnol de l'époque, Mariano Rajoy, lors d'une conférence de presse après un sommet de l'UE à Bruxelles, le 25 octobre 2013.
Archives : Le Premier ministre espagnol de l'époque, Mariano Rajoy, lors d'une conférence de presse après un sommet de l'UE à Bruxelles, le 25 octobre 2013. Tous droits réservés  AP
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Par Cristian Caraballo & Rafael Salido
Publié le
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Dans une chronique publiée dans "El Debate", l'ancien Premier ministre espagnol décrit une équipe de France de football "sans Français". Des propos qui ont suscité de vives réactions des deux côtés de la frontière.

Quatre mots auront suffi à déclencher une polémique politique et médiatique en Espagne et en France, à quelques jours de la demi-finale de la Coupe du monde qui opposera les deux sélections.

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L'expression "cela dit, sans Français", utilisée par l'ancien chef du gouvernement Mariano Rajoy dans une chronique publiée dans "El Debate", a été interprétée par des responsables des deux pays comme un propos à caractère raciste.

Dans cet article intitulé "Le jour de la revanche est arrivé", l'ancien dirigeant du Parti populaire (PP) revenait sur l'élimination de la Belgique par la Roja et sur le prochain duel entre l'Espagne et la France.

Mariano Rajoy y décrit l'équipe de France comme un adversaire "de très haut niveau" et un "rival formidable", avant d'évoquer une équipe "sans Français", allusion apparente au fait que nombre de ses joueurs ont leurs racines dans les anciennes colonies françaises et que plusieurs d'entre eux - dont Michael Olise ou Marcus Thuram - ne sont pas nés dans le pays.

Vive polémique en Espagne

Les premières réactions sont venues de l'exécutif espagnol. Le Premier ministre socialiste, Pedro Sánchez, a publié un message sur le réseau social X où il affirme que "l'Espagne appartient à ceux qui l'aiment et la font vivre" et "pas à ceux qui la couvrent de honte avec des déclarations xénophobes", avant de conclure : "Que le meilleur gagne et que le racisme perde".

Dès lundi, le porte-parole du PP, Borja Sémper, a tenté de minimiser la controverse en assurant que l'expression était "sarcastique" et qu'à la différence de Pedro Sánchez, son parti souhaitait que l'Espagne gagne mardi "même si elle joue moins bien" que ses adversaires.

"Nous, à la différence de M. Sánchez, nous voulons que l'Espagne gagne, quelle que soit la manière ou le scénario", a insisté Borja Sémper.

Dans un premier temps, l'entourage de l'ancien Premier ministre a assuré au quotidien "El Mundo" qu'il n'y avait "aucune mauvaise intention" dans ses propos et a soutenu que la polémique avait été exagérée. Selon les mêmes sources, Mariano Rajoy estime qu'il s'agit d'un "sujet mineur" et ne souhaite pas entrer dans la confrontation politique.

Plus tard, c'est Rajoy lui-même, qui a dirigé l'exécutif espagnol entre 2011 et 2018, qui s'est montré catégorique en déclarant au même média : "Je ne vais pas me mettre au niveau de certains membres du gouvernement espagnol".

À gauche, le secrétaire à l'organisation de Podemos, Pablo Fernández, a condamné les propos de l'ancien dirigeant du PP, estimant qu'ils alimentent un discours raciste.

"Nous condamnons et regrettons ces déclarations xénophobes et racistes de Mariano Rajoy, qui [...] restera dans l'histoire comme un raciste répugnant et invétéré avec des déclarations de ce type", a-t-il déclaré.

Condamnations en France

La ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations en France, Aurore Bergé, a également déclaré que "ces débordements racistes répétés sont insupportables".

"Il est temps qu'ils cessent et que le sport redevienne du sport : un lieu où l'on juge les personnes à leur talent et à aucun autre critère", a-t-elle ajouté.

Le même jour, le secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel, a réclamé dans un message publié sur X que l'ancien dirigeant soit "condamné", en comparant sa tribune dans "El Debate" aux propos racistes tenus récemment depuis le Paraguay par la sénatrice Celeste Amarilla à l'encontre du capitaine des Bleus, Kylian Mbappé.

Pour sa part, l'ambassade de France en Espagne a réagi à la controverse en rappelant que tous les membres de l'équipe nationale possèdent la nationalité française.

Dans un message publié sur le réseau social X, elle a précisé que 23 des 26 joueurs appelés sont nés en France et que seuls trois sont nés à l'étranger : Brice Samba, né en République démocratique du Congo, ainsi que les déjà cités Olise et Thuram, nés respectivement au Royaume-Uni et en Italie. Tous, cependant, sont des citoyens français.

La diversité, l'une des marques de fabrique de la Roja

De son côté, la sélection espagnole compte Aymeric Laporte, né dans la ville française d'Agen. Par ailleurs, un autre habitué des listes de la Roja ces dernières années, même s'il n'a finalement pas été retenu par Luis de la Fuente pour le Mondial 2026, Robin Le Normand, est lui aussi né sur le sol français, dans la commune de Pabu.

Le Belge Charles De Ketelaere au duel avec l'Espagnol Aymeric Laport lors du quart de finale de la Coupe du monde de football, près de Los Angeles, le vendredi 10 juillet 2026
Le Belge Charles De Ketelaere au duel avec l'Espagnol Aymeric Laport lors du quart de finale de la Coupe du monde de football, près de Los Angeles, le vendredi 10 juillet 2026 AP Photo/Mark J. Terrill

Deux des stars de la sélection espagnole, Lamine Yamal et Nico Williams, ont par ailleurs des racines africaines. Dans le cas de Yamal, né à Esplugues de Llobregat, son père est d'origine marocaine et sa mère équato-guinéenne. Quant à Williams, né à Pampelune, ses parents sont originaires du Ghana, pays pour lequel évolue son frère, Iñaki Williams.

Au total, lors de l'édition actuelle du tournoi, pas moins de 11 joueurs, ainsi que trois entraîneurs nés en Espagne, ont pris part à la Coupe du monde de la FIFA en défendant les couleurs d'une autre sélection.

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