Malgré la suspension des négociations d'adhésion à l'Union européenne en 2015, six ans après avoir déposé sa candidature, l'Islande pourrait de nouveau discuter avec l'UE. Un moyen, pour ce petit pays, de renforcer sa sécurité.
L’Islande n’a "rien à perdre" à négocier avec l’Union européenne en vue d’une adhésion, a déclaré, ce lundi 20 juillet, Jean-Noël Barrot. En visite à Reykjavik, le ministre français des Affaires étrangères a assuré que le référendum prévu le 29 août sur la reprise des pourparlers d’adhésion au Bloc ne "préjuge de rien" pour le futur du pays.
"En fonction du résultat de ces négocations, alors l'Islande pourra se prononcer souverainement sur l'opportunité, ou non, de rejoindre l'Union européenne", a-t-il souligné, avant de répéter que "les Islandais n'ont rien à perdre à ouvrir les négociations avec l'UE".
Ce vote, organisé plus de dix ans après la suspension des négociations, intervient alors que le président américain Donald Trump continue d’insister pour arracher au Danemark le contrôle du Groenland.
L'UE pour renforcer sa sécurité
Mais le soutien apporté par l'UE au Danemark et au Groenland face aux ambitions du milliardaire a montré à l'Islande tout l'intérêt de rejoindre le Bloc. "Pour nous, il était important de voir avec quelle fermeté l’Union européenne est intervenue et a utilisé son pouvoir, en se tenant aux côtés du Danemark et du Groenland sur ce dossier", a déclaré ministre islandaise des Affaires étrangères, Thorgerdur Katrin Gunnarsdottir.
Elle a précisé que l'Islande, membre de l'Otan mais dépourvue d'armée permanente, voit dans l'adhésion à l'Union européenne un moyen de renforcer sa sécurité face aux menaces potentielles en provenance de la Russie.
L’Islande a déposé une demande d’adhésion en 2009, dans le sillage de la crise financière internationale qui avait durement ébranlé l’économie de l’île. Mais en 2015, le gouvernement islandais avait décidé de quitter la table des négociations.