Délégation d’eurodéputés en Chine, parade des champions du monde espagnols à Madrid et défilés militaires européens au programme de la newsletter ce mardi.
Bonjour. Angela Skujins aux commandes de cette newsletter, pour vous aider à décrypter toutes les grandes nouvelles de Bruxelles et d’ailleurs en cette dernière semaine avant les vacances d’été.
Les ficelles du métier. Une délégation de la commission des affaires étrangères du Parlement européen, menée par le député européen et président David McAllister, est en Chine cette semaine pour des réunions avec les autorités chinoises.
Nous avons tenté de joindre des membres de la délégation pendant la visite, avant de nous voir rappeler que leurs téléphones avaient été confiscés par les autorités locales et qu’ils étaient injoignables. Mais le calendrier est parlant.
Alors que Bruxelles et Pékin travaillent en vue d’une échéance en octobre pour s’attaquer au déficit commercial de plusieurs centaines de milliards d’euros de l’UE vis‑à‑vis de la Chine, les liens économiques se retrouvent une nouvelle fois sous les projecteurs.
Dans ce contexte, notre journaliste spécialisée dans les questions commerciales, Peggy Corlin, déplace le curseur vers une autre relation cruciale : celle entre l’UE et les États‑Unis. Un an après l’accord de Turnberry, elle se penche sur un partenariat transatlantique qui est tout sauf fluide.
Disjoncteur. Le nouveau Premier ministre du Royaume‑Uni, Andy Burnham, doit détailler aujourd’hui son programme politique, près de 24 heures après avoir officiellement prêté serment en tant que septième Premier ministre du pays en dix ans.
Mared Gwyn, présentatrice de Europe Today et correspondante auprès de l’UE, a relevé qu’il avait profité de sa première intervention publique lundi pour se présenter comme un homme du peuple. Il s’est exprimé sans pupitre ni notes et s’est montré plus spontané et naturel que ses prédécesseurs.
Il a surtout mis l’accent sur la politique intérieure plutôt que sur les affaires étrangères, mais a formulé un commentaire notable qui devrait rassurer les partenaires du Royaume‑Uni au sein de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN).
"Nous construirons davantage de logements sociaux, c’est la manière équitable et durable de faire baisser la facture des prestations sociales, de respecter nos règles budgétaires et d’honorer nos engagements de défense envers nos partenaires internationaux", a déclaré Burnham.
Il a promis de mettre en place un plan de long terme pour reconstruire le pays, estimant que le Royaume‑Uni avait besoin d’un "disjoncteur" après des décennies de déclin économique et politique. "Le Royaume-Uni doit prouver au reste du monde que nous pouvons retrouver notre stabilité", a‑t‑il ajouté.
Sa nomination a été saluée par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui a indiqué sur X que les deux responsables s’étaient entretenus par téléphone sur une série de sujets.
"Nous sommes toutes les deux déterminées à rapprocher encore l’UE et le Royaume‑Uni. Ensemble, nous travaillerons à la réussite d’un sommet qui apporte des résultats pour nos entreprises, nos jeunes et notre sécurité commune", peut‑on lire dans le message de Mme von der Leyen.
Mared, toujours aux aguets, a également souligné que demain, mercredi 22 juillet, devait initialement se tenir le sommet UE‑Royaume‑Uni, désormais reporté, qui est tombé aux oubliettes après le départ de Keir Starmer de Downing Street.
Le professeur Tony Travers, de la London School of Economics, vient d’expliquer dans l’émission phare du matin d’Euronews Europe Today qu’il s’attend à ce que Burnham insuffle « plus d’énergie » à la relation entre l’UE et le Royaume‑Uni que l’ancien Premier ministre Keir Starmer. À voir.
"Lorsqu’il était maire du Grand Manchester, il a tenu plusieurs propos laissant entendre qu’il souhaitait une relation bien plus étroite entre le Royaume‑Uni et l’UE que Keir Starmer, qui était très prudent sur ce sujet et ne voulait pas bousculer l’opinion publique. L’opinion a évolué, dans une certaine mesure", a‑t‑il expliqué.
L’euphorie espagnole se poursuit. Après la victoire éclatante de la Roja lors de la Coupe du monde masculine de la FIFA 2026 dimanche, les 26 joueurs de la sélection espagnole ont poursuivi leur parade triomphale lundi. L’Espagne a détrôné l’Argentine par un but d’écart dans le New Jersey, au terme d’une finale haletante d’un tournoi XXL.
Lundi, l’équipe a été reçue par la famille royale espagnole et le Premier ministre Pedro Sánchez à Madrid avant de monter à bord d’un bus à impériale pour un défilé dans la capitale.
Après le titre de l’Espagne à l’Euro 2024, également appelé le championnat d’Europe, et celui de la sélection féminine à la Coupe du monde 2023, nombreux sont ceux qui se demandent quel est le secret de Madrid.
Le consultant football Pablo Montaño vient de souligner dans Europe Today que l’équipe masculine ne compte pas de super‑stars, mais que ses "très grands joueurs" – Lamine Yamal, Rodri Hernández et Pau Cubarsí – fonctionnent comme une machine parfaitement huilée, notamment sous la houlette du sélectionneur Luis de la Fuente.
"Ils fonctionnent comme un moteur", a résumé Pablo.
Mais la controverse ne s’arrête pas une fois le champagne débouché. Selon lui, si la FIFA a ouvert une enquête visant la sélection argentine après l’échauffourée ayant suivi le coup de sifflet final dimanche, c’est parce que l’équipe "ne sait pas perdre".
Et pour finir, à l’intention de nos lecteurs en Belgique, Fijne Nationale Feestdag! Joyeuse fête nationale ! Schönen Nationalfeiertag!
La Belgique célèbre aujourd’hui, 21 juillet 2026, sa fête nationale, avec au programme un large éventail d’activités pour les passionnés du royaume du Benelux.
Dans le cadre des festivités, attendez‑vous à une démonstration de force militaire. La chaîne publique flamande VRT annonce un défilé militaire et civil mettant en avant des drones tout neufs et des avions de chasse F‑35. Le cortège partira à 16 heures de la place des Palais, dans le quartier royal.
À quoi sert ce défilé ? Ian Lesser, du German Marshall Fund, explique que les parades militaires visent à mettre en scène la "puissance militaire et technologique" d’un pays, mais que leur signification varie d’un État à l’autre.
"Il y a un fossé entre un défilé en Belgique, ou au Royaume‑Uni ou en France, et les parades en Corée du Nord, en Chine ou en Russie", souligne‑t‑il.
Pour la Belgique, le cortège d’aujourd’hui offre à ce pays de 11 millions d’habitants l’occasion de montrer ce qu’il est – et quelles armes il possède – sur la scène internationale. "C’est une opportunité pour le pays d’affirmer son identité moderne de nation unie", ajoute‑t‑il.
Cap sur l’espace. Le commissaire européen à la Défense Andrius Kubilius se rend aujourd’hui à Varsovie, en Pologne, pour une cérémonie de signature prévue à 8 h 55 concernant la contribution au programme IRIS². La Pologne apporte 211 millions de zlotys (51 millions d’euros) au développement du programme phare de constellation de satellites du bloc.
"L’espace n’est plus un rêve lointain. Il concerne la sécurité, la souveraineté, la résilience économique et le leadership technologique", a indiqué le commissaire à la Défense à Euronews dans un communiqué.
Le Monténégro complique les négociations budgétaires déjà tendues de l’UE
Le Monténégro devrait établir un précédent sur la manière dont sera financée la prochaine vague d’élargissement de l’UE, ajoutant une nouvelle couche de complexité aux discussions déjà difficiles sur le prochain budget pluriannuel du bloc.
Le mois dernier, la Commission européenne a présenté le paquet financier pour l’adhésion du Monténégro, le dossier le plus avancé parmi les pays actuellement candidats à l’entrée dans l’Union.
Le coût économique de l’adhésion de ce pays des Balkans occidentaux, qui compte environ 626 000 habitants, a été estimé à 3,2 milliards d’euros – moins d’un euro par contribuable européen, ou, comme le résument les responsables de la Commission, moins qu’un café.
Mais si l’impact financier reste modeste, très inférieur aux près de 2 000 milliards d’euros du budget de long terme de l’Union, l’effet du Monténégro sur des négociations budgétaires déjà sensibles pourrait se révéler bien plus important que ne le laisse penser sa taille.
Lisez l’analyse complète de Luca Bertuzzi.
Nos autres articles
Quelle valeur réelle la victoire de l’Espagne en Coupe du monde a‑t‑elle pour l’économie du pays ?
La victoire 1‑0 de l’Espagne face à l’Argentine en finale de la Coupe du monde dimanche s’accompagne d’un chèque record de 50 millions de dollars (43,7 millions d’euros) de la FIFA et, si l’on en croit l’expérience des précédents champions, d’un coup de pouce mesurable mais de courte durée pour l’économie. Quirino Mealha entre dans les détails.
L’UE inflige une amende de 550 millions d’euros à AliExpress pour des produits illégaux et contrefaits
La répression de l’UE contre les plateformes chinoises de commerce en ligne s’accélère, avec des contrôles de conformité renforcés et des frais d’importation en hausse pour les marchandises entrant dans le bloc depuis des sites de fast fashion comme Temu et Shein. Vincenzo Genovese livre les dernières informations.
Chypre commémore le 52e anniversaire de l’invasion de l’île par la Turquie
La Turquie a lancé son invasion le 20 juillet 1974, occupant près de 37 % de l’île. Environ 3 000 personnes, pour la plupart des civils, ont été tuées dans l’invasion, tandis que 1 619 personnes ont été déclarées disparues. Lisez notre article.
Nous suivons aussi de près
- Réunion informelle des ministres de la Recherche et de l’Innovation à Dublin, en Irlande.
- Le commissaire européen à la Démocratie, à la Justice, à l’État de droit et à la protection des consommateurs, Michael McGrath, rencontre le président de la Federal Trade Commission des États‑Unis, Andrew Ferguson.
C’est tout pour aujourd’hui. Mared Gwyn et Peggy Corlin ont contribué à cette newsletter.