"Contrairement aux engagements qui m'avaient été donnés, le gouvernement a empêché le débat" sur une mesure réintroduisant des pesticides votée dans la loi d'urgence agricole, "pourtant souhaitée également par les députés", a-t-elle écrit, mercredi, dans message sur LinkedIn.
Sa réaction était attendue. Ce mercredi 22 juillet au matin, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a annoncé qu’elle _"présentera_i[t]" sa "démission au président de la République aujourd’hui", après l’adoption définitive par le Parlement d’une mesure controversée sur les pesticides à laquelle elle s’opposait.
"Contrairement aux engagements qui m’avaient été donnés, le gouvernement a empêché le débat autour de la suppression de cette mesure, pourtant souhaitée également par les députés", a-t-elle écrit dans un message publié sur LinkedIn. L'ex-ministre estime que "ce revirement constitue (…) le recul environnemental de trop".
La Parlement a adopté mardi le projet de loi d’urgence agricole du gouvernement, qui comporte notamment la réintroduction, à titre dérogatoire, de certains pesticides autorisés dans l’Union européenne mais interdits en France. La loi prévoit la possibilité, pour l’Agence de sécurité sanitaire (Anses), de réintroduire sous condition l’acétamipride et le flupyradifurone pour plusieurs de filières en difficulté, notamment celles des noisettes et de la betterave.
"En 2016, la France a fait le choix d’interdire l’acétamipride au nom du principe de précaution, sur la base des expertises scientifiques disponible. (…) Dix ans plus tard, loin d’avoir dissipé les inquiétudes, les études scientifiques continuent d’alimenter les doutes sur ses effets pour la santé humaine et l’environnement" a fustigé l'ex-présidente de l’ONG environnementale WWF France.
"Dans ces conditions, le principe de précaution n’a rien perdu de sa pertinence : il s’impose plus que jamais", a-t-elle ajouté.
Menaces répétées de départ
Un an après la forte mobilisation citoyenne contre la loi Duplomb, qui prévoyait le retour de l’acétamipride avant une censure du Conseil constitutionnel, le retour de cette possibilité suscite toujours la controverse.
Des députés du camp gouvernemental avaient suggéré lundi à l’exécutif de la faire retirer par amendement. Une proposition rejetée par le gouvernement.
"La politique n’est pas mon monde, et si c’est cela dont il s’agit, elle ne le sera définitivement pas", a expliqué Monique Barbut, qui avait déjà mis sa démission en jeu en janvier avant de gagner l’arbitrage gouvernemental concernant la réintroduction des projets de recherche d’hydrocarbures dans certains territoires ultramarins.
Connue pour son franc-parler, Monique Barbut avait également menacé à plusieurs reprises de partir, sur fond de menaces sur les budgets alloués à son ministère.
"Moi, ce que je veux, ce sont de vrais budgets pour l’adaptation et le Fonds vert" (qui soutient les collectivités locales et dans leurs investissements au service de la transition écologique), avait-elle répété. Sans éviter de nouvelles coupes, elle a obtenu le maintien d’un niveau de financement qu’elle jugeait nécessaire.