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Crise de Ceuta : avant la réunion des ministres de l'Intérieur de l’UE, Madrid durcit le ton

Archives : le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, au palais de Viana, à Madrid, le mercredi 29 juillet 2026.
Archives : le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, au palais de Viana, à Madrid, Espagne, mercredi 29 juillet 2026. Tous droits réservés  AP Photo
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Par Christina Thykjaer & Djeneba Sharon Camara
Publié le
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Le chef de la diplomatie espagnole, José Manuel Albares, durcit le ton en appelant à une plus grande solidarité européenne face à la crise migratoire de Ceuta. Le ministre espagnol défend aussi le Maroc.

La crise migratoire de Ceuta sera au centre de la réunion extraordinaire des ministres de l’Intérieur de l’Union européenne prévue mardi. L’Espagne y défendra la nécessité d’une réponse commune européenne tout en répondant aux critiques formulées par plusieurs partenaires, notamment l’Italie et le Danemark, après l’afflux massif de migrants en provenance du Maroc.

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À la veille de la réunion, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a assuré lundi dans une interview à TVE, la télévision publique nationale, que l’Espagne exigera "une réponse solidaire de tous les États membres de l’Union européenne" et a averti que ceux qui refusent de la fournir "travaillent contre l'Europe". Le ministre a insisté sur le fait que Ceuta et Melilla ne sont pas seulement des frontières espagnoles, mais aussi des frontières extérieures de l'UE, ce qui implique que la réponse doit être partagée.

Albares a particulièrement pris pour cible l'Italie pour ses critiques à l'égard de la gestion espagnole de la crise et a replacé cette position dans ce qu'il a qualifié d'une "internationale réactionnaire" qui, selon lui, cherche à exploiter politiquement la migration pour affaiblir le projet européen. Le ministre a rétorqué que**_"l'intégrité de l'espace Schengen est absolument garantie"_** et a appelé à mettre fin à la "confusion délibérée" autour du fonctionnement de la zone de libre circulation.

Le chef de la diplomatie espagnole a également mis en avant la collaboration du Maroc pour contenir les flux migratoires vers Ceuta et a de nouveau remercié les autorités marocaines pour leur coopération depuis le début de la crise. Dans le même temps, il a dénoncé la diffusion rapide de fausses informations sur la situation dans la ville autonome par certains milieux internationaux, qu'il accuse d'alimenter la désinformation autour de la gestion de la frontière.

Crise migratoire à Ceuta: tensions entre partenaires de l'UE

La réunion de Bruxelles intervient après plusieurs jours de tension entre Madrid et Rome, consécutifs aux propositions du gouvernement italien de durcir les mesures contre l'Espagne à la suite de la crise de Ceuta, un épisode qui a relancé le débat sur la gestion des frontières extérieures et le partage des responsabilités en matière migratoire au sein de l'UE.

La présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, a très vite affirmé sa position : "L'Italie a pris l’initiative, conjointement avec le Danemark, d’une lettre signée par 22 États membres de l’UE, qui appelle à une action commune visant à renforcer les frontières extérieures, à lutter contre l’immigration irrégulière, à combattre les trafiquants d’êtres humains, à rendre les retours plus efficaces et à éliminer tout facteur susceptible d’encourager de nouvelles entrées illégales", a-t-elle écrit sur X avant d'ajouter : "La défense des frontières extérieures de l’Union n’est pas l’intérêt d’une seule nation. C’est une responsabilité commune de l’Europe."

La France qui affiche son soutien à l'Espagne ne figure pas parmi les 22 États signataires. Sur X, le président français a déclaré : "Face à la situation migratoire à Ceuta, j’ai été en contact avec le Président du gouvernement espagnol pour marquer notre solidarité et proposer toute aide nécessaire, y compris via Frontex"

Le président français a aussi "salué la coopération en cours avec le Maroc".

Un soutien qui n'empêche pas le contrôle puisque, dans le même temps, Paris a renforcé ses frontières avec son voisin espagnol : "J’ai toutefois demandé dès hier [jeudi 30 juillet, ndlr] au Ministre de l’Intérieur de renforcer les contrôles à notre frontière avec l’Espagne si cela devait être nécessaire : 4 unités de forces mobiles, des avions et des drones sont déployés.".

Selon une source diplomatique française, Paris "a fait le choix d’une réponse concrète et efficace : solidarité vis-à-vis de l’Espagne, en lui proposant immédiatement notre aide ou via Frontex et en soutenant une réponse de coopération avec le Maroc."

Ce mardi, les ministres de l'Intérieur des Vingt-Sept examineront les conséquences de la plus grande crise migratoire enregistrée à Ceuta depuis des décennies, ainsi que les éventuelles mesures de soutien à l'Espagne et la coordination de la réponse européenne face à de futures situations de pression aux frontières extérieures du bloc.

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