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"La Pologne veut annexer le territoire tchèque" : le site d'une radio polonaise piraté

Un groupe de touristes se promène lors d'une visite guidée à Prague, en République tchèque, le 5 juillet 2023.
Un groupe de touristes se promène lors d’une visite guidée de Prague, en République tchèque, le 5 juillet 2023. Tous droits réservés  Copyright 2023 The Associated Press. All rights reserved
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Par Tomasz Lezon avec PAP
Publié le
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Des pirates informatiques ont hacké le site d'une radio polonaise et publié sur celui-ci un faux article. Le texte mentionne un projet imaginaire de Varsovie visant à récupérer des territoires en République tchèque.

Le 16 août vers 17 heures, le site internet de la radio PiK de Bydgoszcz a été la cible d'une cyberattaque.

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Des pirates informatiques ont eu accès au service et publié un faux contenu laissant entendre que la Pologne entend s'emparer d'une partie du territoire tchèque. L'article était intitulé : "Médias tchèques : la Pologne prévoit l'occupation du territoire tchèque – le ministère des Affaires étrangères de la République tchèque a reçu un document".

Attaque de pirates informatiques

Le rédacteur en chef de Radio PiK, Cezary Wojtczak, a indiqué à l'Agence de presse polonaise (PAP) que les cybercriminels s'étaient introduits dans le service après avoir pris le contrôle du mot de passe appartenant à l'un des employés. L'affaire est suivie par le Bureau central de lutte contre la cybercriminalité. La radio a supprimé la publication mensongère et informé l'opinion publique de l'attaque.

Selon les informations communiquées à la PAP par le Réseau scientifique et académique d'informatique (NASK), institut national de recherche, de fausses informations sur le tracé de la frontière polono-tchèque circulaient déjà sur les réseaux sociaux avant même le piratage du site de Radio PiK.

De son côté, le portail spécialisé dans la cybersécurité CyberDefence24 a signalé un compte qui se faisait passer pour celui de l'ambassadeur de la République tchèque en Pologne, Brzetysław Dancak.

Sur ce profil, a été publiée la photo d'un prétendu document émanant du ministère polonais des Affaires étrangères. D'après ce texte, Varsovie réclamerait le rattachement à la Pologne d'une partie du territoire tchèque.

Le document s'est révélé faux et a très probablement été généré à l'aide de l'intelligence artificielle. L'un des indices de son caractère apocryphe est la dernière phrase, dans laquelle le tchèque et le polonais sont mélangés.

Le compte usurpant l'identité de l'ambassadeur tchèque diffusait également un enregistrement généré par l'intelligence artificielle. Dans cette vidéo, la personne présentée comme Dancak s'opposait prétendument aux revendications territoriales polonaises.

Des messages publiés par des profils se faisant passer pour le sous-secrétaire d'État polonais aux Affaires étrangères, Artur Harazim, sont également apparus en ligne. L'un de ces faux comptes a tenté de crédibiliser davantage l'ensemble du récit en publiant un prétendu "rectificatif" concernant la superficie des zones contestées. Le message affirmait qu'il s'agissait de 368,44 ha et non de 638,44 ha, comme l'avait indiqué auparavant un autre participant à la campagne de désinformation.

Ce type d'action peut recourir à un mécanisme qualifié de fact-checking inversé. Il consiste à simuler le contrôle d'informations précédentes, ce qui peut donner l'impression que les contenus publiés proviennent d'une source fiable et ont été vérifiés.

Selon le NASK, les éléments publiés montrent que l'un des principaux objectifs de la campagne était de susciter des tensions entre Polonais et Tchèques en exploitant un sujet réel, potentiellement polémique, lié au tracé de la frontière.

Origine du différend portant sur 368 hectares

Le motif des 368 hectares exploité dans la campagne de désinformation renvoie à un différend bien réel concernant la délimitation de la frontière polono-tchécoslovaque après la Seconde Guerre mondiale.

Selon l'agence tchèque CTK, la Pologne revendiquait alors une partie de la région de Zaolzie, aujourd'hui située en République tchèque, ainsi que des territoires de Spisz et d'Orawa, désormais en Slovaquie. Finalement, sous la pression de Joseph Staline, les deux États, tombés dans le giron soviétique, ont accepté une solution visant à tracer une frontière aussi rectiligne et courte que possible.

Toujours selon CTK, la frontière a été définitivement tracée en 1958. Sa longueur a alors été réduite d'environ 80 kilomètres et 85 tronçons ont été modifiés. Après compensation entre les territoires gagnés et perdus par chacun des deux pays, il s'est avéré que la Tchécoslovaquie de l'époque avait reçu au total quelque 368 hectares supplémentaires.

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