La Grande-Bretagne va partager avec l'Ukraine des informations techniques sur ce missile de croisière, ce qui rapprochera Kyiv de la production nationale de cette arme de frappe à longue portée. L'Ukraine attend toujours l'autorisation des États-Unis pour fabriquer des intercepteurs Patriot.
L'Ukraine s'est rapprochée de la production sur son territoire de missiles de croisière SCALP, après l'accord du Royaume-Uni pour fournir des informations sur les composants britanniques de cette arme franco-britannique.
Le SCALP-EG (Système de croisière conventionnel autonome à longue portée / Emploi général) a été développé fin 1994 par Matra et British Aerospace puis fabriqué par MBDA.
Conçu pour frapper l'ennemi dans son territoire profond, SCALP (connu comme Storm Shadow au Royaume-Uni) a une portée jusqu'à près de 400 km selon l'ancien président français François Hollande et même 560 km selon la Royal Air Force. Il fait partie des missiles de croisière utilisés par l'Armée française.
Cette décision ouvre la voie à l'assemblage des missiles en Ukraine, après des mois de négociations entre Kyiv et Paris sur les licences et la production locale.
Luke Pollard, ministre britannique chargé de la préparation de la défense et de l'industrie, a estimé que cette mesure devrait renforcer les capacités défensives de l'Ukraine.
L'Ukraine a déjà utilisé ces missiles contre des objectifs militaires et des infrastructures russes, notamment des postes de commandement et des sites de l'industrie de défense situés à la fois sur le territoire ukrainien occupé et en Russie.
En 2023, le Royaume-Uni est devenu le premier pays à fournir à l'Ukraine des missiles de croisière de longue portée.
Trois ans plus tard, ce transfert de technologie marque une nouvelle évolution du soutien occidental, les gouvernements passant de la fourniture d'armes clés en main à l'aide à la fabrication par l'Ukraine de ses propres systèmes sophistiqués.
Cette annonce est intervenue alors que la Coalition des volontaires se réunissait ce lundi à Kyiv, où la protection de l'Ukraine face à l'intensification des attaques de missiles russes figurait en bonne place à l'ordre du jour.
Dans une déclaration commune, les alliés ont condamné les "frappes systématiques et croissantes contre les villes ukrainiennes, les infrastructures critiques et les civils" de la Russie et se sont engagés à renforcer la défense aérienne de l'Ukraine "en priorité urgente".
Les dirigeants réunis se sont également engagés à partager les technologies pertinentes, notamment par l'intermédiaire de la Coalition anti-missiles balistiques, alors que l'Ukraine se prépare à un nouvel hiver de frappes russes contre ses villes et son réseau énergétique.
Le besoin militaire le plus urgent de l'Ukraine reste la défense contre les missiles balistiques, pour laquelle le pays dépend de manière critique des systèmes américains Patriot et des intercepteurs PAC-3.
Kyiv presse Washington non seulement de lui fournir des missiles intercepteurs supplémentaires, mais aussi de l'autoriser à les fabriquer sur son territoire, ce qui offrirait à l'Ukraine un approvisionnement de long terme plus fiable.
Le président américain Donald Trump semblait auparavant avoir donné son feu vert à cette idée.
Lors du sommet de l'OTAN début juillet, Trump avait affirmé que Washington accorderait à l'Ukraine une licence de production pour ces intercepteurs.
Mais trois semaines plus tard, il a déclaré qu'aucune décision finale n'avait été prise, qualifiant ce transfert de technologie d'étape importante.
L'ambassadeur des États-Unis auprès de l'OTAN, Matthew Whitaker, a ensuite indiqué qu'aucun accord de production de long terme ne semblait possible avant l'hiver et a souligné que la technologie des PAC-3 restait étroitement contrôlée par les règles américaines d'exportation.
Ces signaux contradictoires interviennent alors que l'Ukraine manque d'intercepteurs Patriot, sur fond d'intensification de la campagne de missiles balistiques russes et à l'approche des attaques attendues contre le réseau énergétique du pays cet hiver.