Dans le même temps, le ministre espagnol de l'Intérieur a appelé au calme après que des habitants de Ceuta se sont affrontés avec la police lors de manifestations contre les migrants restés dans l'enclave à la suite d'un afflux massif.
Selon plusieurs médias espagnols, l'Espagne a sollicité le soutien de Frontex et d'Europol auprès de la Commission européenne (CE) pour aider au tri des migrants en situation irrégulière à Ceuta.
Le ministre espagnol de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a demandé à la CE que Frontex, Europol et l'Agence de l'Union européenne pour l'asile (EUAA) viennent « renforcer le dispositif mis en place pour gérer le tri et le traitement ultérieur des dossiers individuels des immigrés qui se trouvent toujours à Ceuta en situation irrégulière ».
Le ministère de l'Intérieur a également réclamé la prolongation de l'opération Minerva, une initiative conjointe de la police espagnole et de Frontex, l'agence européenne de protection des frontières.
Madrid demande que cette opération se poursuive jusqu'au 2 septembre, ou jusqu'à ce que « la situation créée dans la ville autonome soit résolue ».
Madrid a aussi sollicité « l'assistance de l'Agence de l'Union européenne pour l'asile pour mener les entretiens et fournir des interprètes » afin d'effectuer le tri des migrants.
En raison du manque d'espace à Ceuta, ce processus devrait être réalisé par voie électronique.
Le ministère de l'Intérieur a annoncé vendredi que la frontière de Ceuta serait renforcée par un ensemble de mesures « exceptionnelles », telles que l'extension des jetées de Tarajal et de Benzú, la mise en place d'un dispositif permanent de bouées de confinement maritime, la surveillance aérienne par drones, ainsi que l'utilisation d'embarcations d'intervention légères et de véhicules sous-marins téléopérés.
Parallèlement, l'Assemblée de Ceuta a appelé à l'unanimité, vendredi, le gouvernement central à agir « immédiatement et sans plus attendre », arguant que la ville se trouve dans une « situation extrême, au bord de l'effondrement ».
La Conférence des porte-parole, avec l'appui des députés non inscrits, a approuvé à l'unanimité vendredi une déclaration institutionnelle exhortant le gouvernement à adopter des mesures urgentes, un mois après l'entrée massive d'au moins 72 000 migrants en provenance du Maroc.
« Ceuta a perdu son mode de vie et sa sérénité. Il ne nous reste que peu de temps pour éviter la catastrophe », a averti le président de Ceuta, Juan Vivas.
La déclaration réclame le renvoi dans leur pays, « conformément à la loi », des personnes ayant participé à cette entrée massive et se trouvant toujours à Ceuta. Elle soutient également le droit des citoyens à manifester, à condition que cela se fasse « de manière pacifique et ordonnée », et condamne les incidents violents survenus ces derniers jours.
« Personne ne peut ni ne doit se faire justice soi-même. La défense de Ceuta et des intérêts de sa population ne peut s'inscrire que dans le respect de la légalité », a déclaré Vivas.
Appel au calme
Par ailleurs, le ministre espagnol de l'Intérieur a appelé au calme vendredi, après des affrontements entre des habitants de Ceuta et la police lors de manifestations contre les migrants restés dans l'enclave nord-africaine à la suite d'un afflux massif.
La tension est vive sur ce territoire de 80 000 habitants depuis qu'au moins 72 000 personnes y sont entrées en l'espace de quelques jours en juillet, déclenchant une alerte migratoire à l'échelle européenne.
Le gouvernement espagnol de gauche affirme que la plupart d'entre elles ont depuis quitté l'enclave de 18,5 kilomètres carrés, mais que des milliers d'autres continuent d'errer dans les rues et de dormir sur les plages.
Les manifestations se sont intensifiées ces derniers jours ; jeudi, des manifestants se sont heurtés à la police sur une plage où dormaient des migrants, et certains de leurs effets personnels ont été incendiés.
Un soldat a été blessé lors d'un incident distinct jeudi, lorsque des migrants ont jeté des pierres sur les forces de l'ordre, tandis que 12 migrants marocains ont été arrêtés.
Deux autres arrestations ont eu lieu après que des migrants ont agressé un policier, selon certaines sources.
« La violence n'est pas la solution », a déclaré vendredi le ministre de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, devant le Parlement.
« J'appelle au calme et à la fin de toute forme de violence, car... la violence n'est pas le moyen de résoudre un problème d'une telle complexité » que celui auquel fait face Ceuta, a-t-il ajouté.
Les partis de droite et d'extrême droite ont exigé que tous les migrants soient rassemblés et renvoyés dans leur pays d'origine.
Grande-Marlaska les a accusés d'« attiser la haine et la confrontation » à Ceuta.
Le gouvernement a averti que chaque individu devait être identifié afin de déterminer s'il a droit à l'asile ou s'il doit faire l'objet d'une expulsion, tandis que les enfants migrants non accompagnés nécessitent une protection particulière.
Ceuta et Melilla, un autre petit territoire espagnol en Afrique du Nord, constituent la seule frontière terrestre de l'Europe avec l'Afrique.