Fin juillet, l'ex-dirigeante de RT France a fait l'objet d'un arrêté d'expulsion et d'un gel de ses avoirs par les autorités françaises.
Le ministre de l'Intérieur hausse encore le ton. Ce jeudi 10 septembre, Laurent Nuñez a menacé la chaîne CNews de "sanctions pénales" si Xenia Fedorova refait son apparition sur l'antenne.
Dans un courrier adressé à l'Arcom, le gendarme de l'audiovisuel français, révélé par Le Monde et l'AFP, le ministre de l'Intérieur assure qu'un retour de la propagandiste prorusse, sous le coup d'une expulsion du territoire, constituerait un "contournement" des mesures précédemment prises par le gouvernement.
Laurent Nuñez estime également que sa présence à nouveau sur CNews pourrait "faciliter les actions d'ingérences qui lui sont reprochées".
"Il me semblait opportun de porter à votre connaissance cette analyse, sans préjudice des poursuites pénales qui pourront être engagées", souligne-t-il dans son courrier au président de l'Arcom.
Arrêté d'expulsion et avoirs gelés
Depuis la fin du mois de juillet, l'ex-patronne de RT France est visée par un arrêté d’expulsion. "Son comportement porte atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État", et sa présence sur le territoire "constitue pour ce motif une menace particulièrement grave et actuelle pour l’ordre public", expliquait alors le ministère de l'Intérieur.
Plus tard, son avocat a assuré qu'elle était "à l'étranger, en vacances", lorsqu'elle a appris les mesures décidées par les autorités françaises. Depuis, Xenia Fedorova est introuvable.
La mise en garde de Beauvau intervient une semaine après qu'un présentateur de la chaîne de Vincent Bolloré a évoqué le possible retour de Fedorova. "Les services juridiques de Canal+ ont regardé cette décision, et Xenia Fedorova n'est pas empêchée d'intervenir à distance", avait-il alors affirmé. Pour le moment, aucune date précise n'a été communiquée pour son éventuel retour à l'antenne.
Fin juillet, les autorités françaises avaient également ordonné le gel, pour six mois, des avoirs de Xenia Fedorova. Cette dernière mesure a été prise conjointement par les ministres de l’Intérieur et de l’Économie en application du code monétaire et financier. Elle concerne l’ensemble des fonds et ressources économiques de la chroniqueuse, ainsi que ceux des entités qu’elle contrôle ou qui agissent pour son compte.
L’arrêté interdit aussi toute mise à disposition, directe ou indirecte, de fonds ou de ressources économiques au bénéfice de l’intéressée ou des entités qu’elle contrôle.