Le groupe Renew Europe (Centre) a demandé des sanctions contre l'ancienne patronne de RT France, invoquant qu'elle participe à la diffusion de propos propagandistes sur la guerre en Ukraine et à l’égard de l’UE.
Des sanctions individuelles contre Xenia Fedorova, une "propagandiste russe notoire", c'est ce que demande une lettre soutenue par un tiers du groupe Renew Europe, ndique l'Agence France-Presse (AFP).
Le texte accuse la chroniqueuse russe, présente sur les plateaux des médias du groupe Bolloré, de la diffusion de propos propagandistes sur la guerre en Ukraine et à l’égard de l’UE.
L'eurodéputé française Nathalie Loiseau est à l'origine de cette demande, adressée au président du Conseil Européen, Antonio Costa, et à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
Nathalie Loiseau s'empare au niveau européen d'une polémique qui enfle en France autour de Xenia Fedorova, accusée d'être une voix du Kremlin dans l'hexagone et particulièrement dans les médias appartenant au groupe du milliardaire breton Vincent Bolloré.
De RT France à CNews
"Madame Fedorova est une propagandiste patentée, qui sert de relais à la désinformation du Kremlin" accusait le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot le 29 mai dernier sur France Inter. "Chacun est libre de sa ligne éditoriale, mais ouvrir à cette dame ses plateaux et ses colonnes, c'est tout simplement servir la soupe de Vladimir Poutine".
Ancienne patronne de Russia Today (RT) France, Xenia Fedorova a rejoint les rangs des chroniqueurs du groupe Bolloré après la fermeture de la chaine russe en mars 2022, un mois après l'invasion Russe de l'Ukraine.
Elle est invitée les mercredis et dimanches dans "L’Heure Inter" sur CNews, tient une chronique hebdomadaire dans le JDNews, et présente l’émission "Lumières orthodoxes" diffusée sur CNews et CStar.
C'est dans le groupe Bolloré également, et plus précisément la maison d'édition Fayard, qu'elle publie en 2025 son livre Bannie. Dedans, Xenia Fedorova accuse le pouvoir français de chercher à la "museler" et regrette que la guerre en Ukraine soit présentée comme une agression russe.
Une polémique qui enfle
La présence de Xenia Fedorova fait particulièrement grincer des dents alors que Paris veut se montrer ferme contre la désinformation.
Selon le journal Le Monde, le Quai d'Orsay aurait l'œil sur la chroniqueuse. Une note interne du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères détaille l’alignement des positions de Xenia Fedorova avec les discours officiels du Kremlin sur l’Ukraine, l’OTAN et l’Europe.
Le gendarme de l'audiovisuel, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), possède lui aussi un dossier concernant Xenia Fedorova. L'Arcom a reçu deux saisines visant le "manque d’honnêteté et de rigueur de l’information" de la chroniqueuse sur le mois de mai, toutes deux pour des propos prononcés sur CNews.
La première concerne ses propos du 9 mai, "accusant de manière fallacieuse la Lettonie de glorifier le nazisme". La seconde, concerne un message de désinformation sur la guerre en Ukraine : "On sait aujourd'hui que c'est l'Occident qui a décidé de prolonger ces conflits. Ça explique aussi pour quelles raisons l'Union européenne continue avec ce narratif", avait-elle déclaré dimanche 10 mai.
La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a dénoncé les "propos très graves" de la chroniqueuse, qui "inversent complètement la charge de la preuve sur les responsabilités entre la Russie et l’Ukraine."
Xenia Fedorova est particulièrement sous le feu des projecteurs suite à deux enquêtes publiées dans le journal Le Monde. La première_,_ détaillant son influence grandissante dans la sphère des médias Bolloré, la deuxième révélant le renouvellement de son permis de séjour en France en 2024, après la fermeture de RT France. Le ministère de l'Intérieur défend un "renouvellement de plein droit".