France rejoint la Slovaquie pour exiger la radiation de l’oligarque russe Alisher Ousmanov de la liste des sanctions de l’UE avant la date limite
La France aurait rejoint la Slovaquie pour réclamer le retrait de l'homme d'affaires russe d'origine ouzbèke Alicher Ousmanov de la liste des sanctions de l'Union européenne (UE). Cela provoque "une énorme frustration" parmi les autres pays de l'UE, ont indiqué à Euronews quatre sources proches du dossier.
La Slovaquie demande depuis longtemps qu'Alicher Ousmanov et un autre oligarque russe, Mikhail Fridman, soient retirés de la liste des sanctions de l'UE, qui vise des personnes proches du régime de Vladimir Poutine et du complexe militaro-industriel qui soutient la guerre en Ukraine.
Alicher Ousmanov est un milliardaire russe, né en Ouzbékistan, qui a bâti sa fortune grâce à des investissements dans les métaux, les mines, les télécommunications et la technologie. Il est considéré comme proche du Kremlin.
L'initiative française provoque "une énorme frustration" chez d'autres États membres, sur fond de montée des menaces hybrides en Europe, notamment avec le dernier exemple d'une tentative d'attaque de drone contre l'aéroport de Leipzig, en Allemagne.
"Cela a suscité de nombreuses questions sur les motivations — il semble que des raisons surtout économiques soient en jeu. Les autres États membres ne comprennent pas bien cette position", a déclaré à Euronews un diplomate de l'UE, qui s'est exprimé sous couvert d'anonymat en raison de la sensibilité des discussions.
Le régime de sanctions de l'UE vise actuellement plus de 3 000 personnes et entités liées au complexe militaro-industriel russe et à sa contribution à l'invasion de l'Ukraine. Ce régime doit être renouvelé le 15 septembre et les États membres subissent des pressions pour parvenir à un accord d'ici là.
Les inscriptions individuelles ont jusqu'à présent été renouvelées tous les six mois, mais un renouvellement sur 12 mois est désormais sur la table. Les sanctions sectorielles sont déjà passées en juillet de cycles de renouvellement de six mois à 12 mois.
Lors de plusieurs réunions des ambassadeurs de l'UE, la Slovaquie s'est opposée au renouvellement, réclamant la radiation des deux oligarques et le maintien de l'échéance actuelle de six mois.
Bratislava a réclamé à plusieurs reprises la radiation de ces deux oligarques russes de premier plan, notamment lors de la dernière prolongation des sanctions en mars.
Les sanctions de l'UE doivent être renouvelées à l'unanimité, ce qui signifie qu'un seul pays peut opposer son veto à une prolongation. L'opposition de la Slovaquie suscite déjà de la frustration chez les États membres, mais la nouvelle position de la France risque de compliquer encore les discussions.
Paris présenterait la radiation d'Alicher Ousmanov comme un compromis politique, estimant que la Slovaquie ne renoncera pas de nouveau à ses deux demandes de radiation, comme elle l'avait fait la dernière fois.
Les ambassadeurs de l'UE doivent de nouveau se réunir lundi pour discuter du renouvellement et seront sous pression pour parvenir à un accord politique avant la date limite du 15 septembre.
Un porte-parole de la représentation permanente de la France auprès de l'UE a indiqué que Paris soutenait le renouvellement des sanctions, mais a refusé de commenter les discussions, invoquant la confidentialité.