"Quand le pétrole est sous pression, les prix à la pompe grimpent. Je sais ce que cela représente pour les Français", déclare Emmanuel Macron. Le gouvernement prolonge les aides à certains professionnels, ajoutant une nouvelle contrainte au budget 2027.
Face à la flambée des prix du carburant et aux difficultés d'approvisionnement, Emmanuel Macron mise sur la diplomatie. Dans un long message publié sur X, le chef de l'État affirme vouloir "agir" pour "réduire les tensions" sur les marchés pétroliers et "faire baisser la pression" sur les prix, alors qu'environ 10 % des stations-service en France rencontrent des difficultés.
"Ce qui se passe à des milliers de kilomètres de chez nous finit toujours par peser sur notre quotidien", souligne le président de la République, qui met en avant ses échanges avec plusieurs partenaires de Paris au Moyen-Orient.
"Après mes échanges avec le Premier ministre irakien en début de semaine, je me suis entretenu aujourd’hui avec le Prince héritier d'Arabie saoudite et l'Émir du Qatar", indique-t-il.
Pour Emmanuel Macron, la priorité est de rétablir la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz, par lequel transitait un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures avant la guerre entre les États-Unis et l'Iran, tout en "protégeant les infrastructures énergétiques" des pays partenaires et en "sécurisant la production".
"Plus de routes pour le pétrole, c’est moins de dépendance. Moins de dépendance, c’est plus de sécurité. Et plus de sécurité, c’est moins de pression sur les prix", a martelé Emmanuel Macron.
Dans une déclaration conjointe franco-irakienne publié lundi par l'Elysée, Paris et Bagdad ont réaffirmé notamment leur volonté de renforcer leur coopération énergétique. TotalEnergies et le gouvernement de irakien doivent "engager des discussions sur plusieurs projets énergétiques en Irak, reposant sur des investissements à grande échelle et visant à renforcer la production pétrolière irakienne et à contribuer à une plus grande efficacité énergétique".
Des aides prolongées pour les secteurs les plus exposés
Sur le front intérieur, le gouvernement cherche à amortir le choc pour les secteurs les plus dépendants aux carburants. Face aux inquiétudes sur le pouvoir d'achat et au risque d'embrasement social à quelques mois de l'élection présidentielle, le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé mercredi à ses ministres de prolonger jusqu'au 31 décembre les aides ciblées introduites en mai dernier pour soutenir certaines filières professionnelles.
Le coût initial de ces mesures était estimé à environ 1,2 milliard d'euros.
Pour les pêcheurs, qui ont mené plusieurs actions de blocage ces derniers jours, l'aide doit être portée de 25 à 35 centimes par litre. Ce montant correspond un niveau maximal autorisé dans le cadre du dispositif exceptionnel validé par la Commission européenne pour le secteur.
L'annonce du Premier ministre a déjà été qualifiée mercredi de "poudre aux yeux" par certains pêcheurs, qui ont estimé, auprès de l'AFP, que ces 10 centimes supplémentaires ne compensent pas la flambée des prix du carburant.
Pour le secteur du BTP, le soutien de l'État est prolongé à hauteur de 20 centimes par litre de gazole non routier et élargi aux entreprises de moins de 50 salariés.
Les agriculteurs pourront, eux, bénéficier d'une aide prolongée de 15 centimes par litre, qui s'ajoutera au plan d'urgence global mis en place face aux sécheresses et aux intempéries.
Par quoi seront financées ces aides ?
La prolongation des aides au carburant risque d'alourdir encore la facture du budget 2027, alors que le gouvernement cherche précisément à réduire les dépenses publiques. Certaines figures issues de la majorité macroniste, à l'instar d'Édouard Philippe, proposent même de doubler les aides ciblées, en affirmant que leur financement pourra être assuré par "des économies sur les dépenses de l'État".
Une équation délicate pour des finances publiques sont plombées par un lourd déficit alors que la dette française se négocie avec les créanciers à environ 4,5 %, un taux inédit depuis la crise financière de 2008 et qui est actuellement supérieur à ceux de l'Italie ou de la Grèce.
Des pistes d'économies pourront concerner certaines retraites. Une autre mesure, plus symbolique, est la possible diminution de l'indemnité des ministres et de leurs conseillers.
Ces différentes options seront au menu d'un séminaire gouvernemental jeudi à Matignon, avant d'être présentées aux parlementaires à la fin du mois.