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Horaires instables, santé inégale : le coût caché du travail imprévisible

Des horaires de travail instables nuisent à la santé des salariés et à leur capacité à travailler
Horaires de travail instables : des effets nocifs sur la santé et la capacité à travailler Tous droits réservés  AP Illustration / Peter Hamlin/AP Photo/AP Illustration / Peter Hamlin
Tous droits réservés AP Illustration / Peter Hamlin/AP Photo/AP Illustration / Peter Hamlin
Par Giedre Peseckyte
Publié le
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Pour les travailleurs, des horaires imprévisibles peuvent être plus qu’un simple désagrément. De nouvelles recherches montrent que de grands écarts dans les heures de travail sont liés à une moins bonne santé, mais les effets varient fortement entre les hommes et les femmes.

Une nouvelle étude apporte une dimension supplémentaire au débat sur la précarité de l'emploi : ce n'est peut-être pas seulement la quantité de travail, mais aussi l'imprévisibilité des horaires qui a un impact sur la santé.

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L'étude (source en anglais), publiée dans la revue SSM – Population Health, s'est penchée sur plus de 61 000 Américains en âge de travailler, à partir de données appariées de l'enquête US Current Population Survey. Elle montre que des horaires de travail instables sont associés à une probabilité plus élevée de dégradation de la santé chez les hommes qui restent en emploi. Pour les femmes, ce coût sanitaire se manifeste plus souvent par une réduction du temps de travail, des absences ou une sortie de l'emploi pour raisons de santé.

"La qualité de l'emploi compte, et elle ne se résume pas au salaire, aux avantages ou au nombre d'heures, mais inclut aussi la stabilité des horaires et les effets sur la santé qui en découlent, un aspect largement négligé par de nombreux travaux antérieurs", a déclaré (source en anglais) l'auteure de l'étude, Sinyee Qianyi Lu.

L'étude intègre des données sur des salariés qui ont réduit leur temps de travail, interrompu ou quitté leur emploi en raison de problèmes de santé, un groupe que les recherches précédentes excluaient souvent.

"Élargir l'échantillon au-delà des 'survivants' qui restent en emploi en continu permet de mettre en lumière une population plus large, elle aussi exposée au risque", a poursuivi Lu.

Les chercheurs ont comparé l'état de santé autoévalué des participants et l'évolution de leurs heures de travail d'un mois sur l'autre. Les travailleurs stables avaient des horaires relativement réguliers, tandis que ceux dont les heures variaient fortement étaient considérés comme très exposés à la volatilité.

Par exemple, un salarié voyait son horaire passer de 20 heures un mois à 60 heures le mois suivant, rester à 60 heures un mois de plus, puis retomber à 20 heures.

Hommes et femmes: des différences marquées

Chez les hommes, ce niveau de volatilité était associé à une probabilité estimée de dégradation de la santé de 38 %, contre 28 % pour un salarié conservant une semaine stable de 40 heures.

De même, la probabilité de maintenir un bon état de santé diminuait progressivement, d'environ 46 % à 38 %, tandis que la probabilité estimée d'amélioration de la santé variait peu.

"Il apparaît très clairement que la question n'est pas le nombre absolu d'heures travaillées", a expliqué Liao. "Le problème vient plutôt des variations proportionnelles: une semaine en hausse, la suivante en baisse."

"Les personnes peuvent peut-être s'adapter à un volume global de changement, mais pas aux brusques hauts et bas. C'est une autre réalité."

Pour les femmes, en revanche, le schéma était différent.

Chez les femmes qui restaient en emploi, les chercheurs n'ont pas mis en évidence de lien statistiquement clair entre la volatilité des horaires et une dégradation de la santé autoévaluée. Mais lorsque l'analyse incluait les travailleuses qui avaient réduit, suspendu ou quitté leur activité pour des raisons de santé, une autre relation apparaissait.

La probabilité estimée de subir une limitation de travail liée à la santé passait d'environ 2,5 % à près de 8 % à mesure que la volatilité des horaires augmentait, entre ses niveaux les plus faibles et les plus élevés observés.

Cette distinction est importante, car les études qui ne s'intéressent qu'aux personnes restant en emploi peuvent passer à côté de celles dont l'état de santé s'est suffisamment dégradé pour affecter leur situation professionnelle.

Ce phénomène est connu sous le nom de "healthy worker survivor effect" (effet du travailleur survivant en bonne santé). Les salariés qui deviennent trop malades pour continuer à travailler quittent souvent la population active, ne laissant derrière eux qu'un groupe plus en bonne santé, ce qui donne l'impression que les risques professionnels sont plus faibles qu'ils ne le sont en réalité.

"Les modèles par sexe que nous avons élaborés dans cette étude confirment des différences nettes dans les trajectoires de santé des hommes et des femmes: la volatilité des horaires se traduit, chez les hommes, par une dégradation de la santé au travail, particulièrement lorsque la durée hebdomadaire est élevée, et, chez les femmes, par des limitations de travail liées à la santé ou un retrait de l'emploi actif", a indiqué Lu.

"L'instabilité des horaires de travail n'est pas seulement une contrainte d'organisation, c'est un risque sanitaire genré à l'échelle de la population, et c'est pour cela que nous devons nous en préoccuper."

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