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Emmanuel Macron dévoile un plan nucléaire de "dissuasion avancée" pour l'Europe

Le président français Emmanuel Macron passe les troupes en revue lors de sa visite à la base navale de sous-marins nucléaires de l'Île Longue à Crozon, en France.
Le président français Emmanuel Macron passe les troupes en revue lors de sa visite à la base navale de sous-marins nucléaires de l'Île Longue à Crozon, en France. Tous droits réservés  AP Photo
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Par Sophia Khatsenkova
Publié le
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S'exprimant depuis la base française de l'Île-Longue en Bretagne, le président français a déclaré qu'il "n'hésitera jamais" à protéger les "intérêts vitaux" du pays et a promis des "déploiements de circonstances" avec les alliés européens.

Emmanuel Macron a ordonné d’augmenter le nombre de têtes nucléaires de l’arsenal français et a promis qu’il ne flancherait pas si les "intérêts vitaux" du pays étaient menacés, dans un discours prononcé depuis la base d’Île Longue, près de Brest, où sont stationnés les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins.

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"J’ai ordonné d’augmenter le nombre de têtes nucléaires de notre arsenal", a annoncé le chef de l’État, avant de préciser : "Nous ne communiquerons plus sur les chiffres de notre arsenal nucléaire, contrairement à ce qui avait pu être le cas par le passé."

Dans l’un des passages les plus marquants de son allocution, il a aussi déclaré : "Devant la nation, dans ces temps d'incertitude, je le redis avec force : en ma qualité de président, je n'hésiterai jamais à prendre les décisions qui seraient indispensables à la protection de nos intérêts vitaux. Si on devait utiliser notre arsenal [nucléaire], aucun État ne pourrait s’y soustraire."

Un enjeu ravivé par l’Iran, sur fond de menaces russes et de doutes américains

Le discours intervient alors que la question nucléaire revient brutalement au premier plan par l’offensive israélo-américaine en Iran ce week-end, qui secoue tout le Moyen-Orient et la communauté internationale.

À Paris, l'entourage du président souligne que cette prise de parole était prévue de longue date et a été maintenue malgré l’escalade autour de l’Iran, même si le contexte régional contribue à renforcer la portée du message.

Le cadrage est aussi européen : la pression de la Russie, qui agite régulièrement la menace d’une confrontation nucléaire depuis le début de son invasion de l’Ukraine en 2022, et les doutes grandissants sur la fiabilité des États-Unis.

"Pour être libre, il faut être craint"

Emmanuel Macron a insisté sur la crédibilité de la posture française : "Notre dissuasion est robuste et efficace ; tous ceux qui auraient l'audace de s'en prendre à la France savent le prix insoutenable qu'il y aurait pour eux à payer."

Dans une formule appelée à faire réagir, il a résumé : "Pour être libre, il faut être craint."

Au-delà de l’augmentation de l’arsenal nucléaire, Emmanuel Macron a annoncé la "mise en place progressive d’une dissuasion avancée."

Il la présente comme un dispositif pensé à l’échelle du continent : "La dissuasion avancée que nous proposons est un effort distinct parfaitement complémentaire de celui de l’OTAN, au plan stratégique comme au plan technique."

Le chef de l’État affirme que la France pourra faire "des déploiements de circonstances" de moyens stratégiques liés à la dissuasion nucléaire "chez nos alliés européens". "La coopération commencera avec des exercices communs", a-t-il ajouté, en soulignant que cela se ferait "en pleine transparence avec les États-Unis".

Selon le président, ces pays sont le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce, la Suède et le Danemark.

Ces nations pourront accueillir des "forces aériennes stratégiques" de l’armée de l’air française, ce qui leur permettra de "se déployer sur tout le continent européen".

Il a aussi annoncé que Paris, Londres et Berlin allaient "travailler ensemble à des projets de missiles de très longue portée."

Peu après son allocution, la France et l’Allemagne ont publié une déclaration conjointe en s'engageant "à prendre des mesures concrètes dès cette année, notamment la participation de l’Allemagne aux exercices nucléaires français, des visites conjointes sur des sites stratégiques et le développement de capacités conventionnelles avec leurs partenaires européens."

Pas de "partage de la décision ultime"

Cependant, Emmanuel Macron a tracé une ligne rouge sur la souveraineté. Il a répété que la dissuasion française "doit demeurer un intangible français" et a affirmé qu’"il n'y aura aucun partage de la décision ultime ni de sa planification, ni de sa mise en œuvre ; elle appartient au seul président de la République."

Il a aussi annoncé que le futur sous-marin nucléaire lanceur d’engins français "se nommera l'Invincible et naviguera en 2036".

La France est la seule puissance nucléaire de l’Union européenne. Dans le monde, neuf pays possèdent l’arme atomique : la Russie, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, la Chine, l’Inde, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord.

Parmi eux, seuls les cinq premiers sont membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU et sont juridiquement reconnus comme officiellement dotés de cette arme par le Traité sur la non-prolifération nucléaire, entré en vigueur en 1970.

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