Cette visite a été réalisée mercredi matin, dans le cadre de l’affaire concernant Leire Díez, la femme de l’ombre du parti visée par une enquête pour trafic d’influence.
L’Unité centrale opérationnelle (UCO), chargée des enquêtes sur les formes les plus graves de délinquance et de criminalité organisée, s'est rendue au siège national du Parti socialiste espagnol, à la recherche de documents dans le cadre d'une enquête sur "des soupçons d'entrave à la justice destinée à perturber des procédures engagées contre le parti ou le gouvernement",selon la haute cour.
Cette visite a été réalisée à la demande du juge Santiago Pedraz, dans le cadre d’un volet secret de l’affaire concernant Leire Díez, la femme de l’ombre du parti visée par une enquête pour trafic d’influence.
La recherche de documents était programmée et les responsables du Parti Socialiste et Ouvrier espagnol (PSOE) avait été prévenu. Ce n'est donc pas une perquisition en bonne et due forme. Un point qui a été souligné par le président du gouvernement Pedro Sánchez, en visite au Vatican. Il a ajouté que son parti coopérait pleinement avec la justice et nourrissait un respect absolu pour l'appareil judiciaire.
Zones d'ombre PSOE
Arrêtée en décembre dernier, l'ex-militante du PSOE Leire Díez est poursuivie pour corruption en bande organisée, violation du secret de l'instruction, incitation au faux témoignage, falsification de documents commerciaux, trafic d'influence ou encore atteinte aux institutions de l'État.
Dans le cadre de l'enquête la justice s'intéresse maintenant à Santos Cerdán, ancien secrétaire du PSOE, ainsi que sur d'autres cadres du parti, des avocats, un homme d'affaires et un policier.
C'est la première fois que le nom de Santos Cerdán apparaît dans le dossier. Il dément toute malversation dans le cadre d'une enquête distincte le visant également.
L’affaire impliquerait Vicente Fernández, l’ancien président du fonds souverain SEPI (Société d'État des participations industrielles).
Les enquêteurs doivent également perquisitionner le domicile de Gaspar Zarrías, figure historique du socialisme andalou (ancien vice‑président de la Junta et ex‑sénateur) qui a reconnu avoir été à l’origine du recrutement de Leire Díez.
Le juge cherche, dans la partie de la trame connue jusqu’à présent, à établir dans quelle mesure l'ex-militante agissait de son propre chef ou sur ordre de son parti ou du gouvernement.
Les nombreuses affaires et casseroles du Parti socialiste
Selon le juge Ignacio Stampa, Leire Díez l’aurait rencontré pour tenter "d'infléchir" une situation judiciaire par le passé. L'ancien procureur d'une célèbre affaire judiciaire impliquant un policier corrompu qui a espionné toute la classe politique pendant des décennies, affirme qu'elle aurait voulu influer sur le traitement de Begoña Gómez, la compagne du président Pedro Sánchez. Cette dernière a récemment été blanchie par la police judiciaire.
L'affaire Leire Díez n'est qu'une des nombreuses enquêtes qui touchent les socialistes et le gouvernement. Des perquisitions ont également été réalisées dans le cadre de l'opération Tíbet, une suspicion de trafic d'influence principalement axée sur la compagnie aérienne Plus Ultra, qui a reçu un prêt public de 53 millions d'euros en 2021.Une autre affaire de présumé trafic d’influence et de détournement de fonds publics est également au cœur de l’actualité espagnole et met en cause l’ancien président José Luis Rodríguez Zapatero.
Alberto Núñez Feijóo, le chef de l’opposition, a réagi à l’entrée du Congrès lorsqu’il a été interrogé par les médias à son arrivée à la séance de contrôle du mercredi : "C’est d’une extrême gravité et cela se passe de commentaire."