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La BCE temporise et maintient ses taux à 2,25% en pleine reprise de la guerre en Iran

Photo d'archives. La présidente de la BCE Christine Lagarde et le vice-président Boris Vujcic lors d'une conférence de presse à Francfort, le 11 juin 2026
PHOTO D'ARCHIVE. Christine Lagarde, présidente de la BCE, et le vice-président Boris Vujcic en conférence de presse à Francfort, le 11 juin 2026 Tous droits réservés  AP Photo/Michael Probst
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Par Quirino Mealha
Publié le Mis à jour
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La BCE maintient ses taux d'intérêt, dont son principal taux de référence à 2,25 %. Si l'inflation a ralenti ces dernières semaines, la situation au Moyen-Orient laisse planer l'incertitude.

La Banque centrale européenne a laissé ses taux d'intérêt inchangés, ce jeudi 23 juillet, préférant marquer une pause le temps de mesurer dans quelle mesure le choc énergétique persistant lié au conflit au Moyen-Orient se répercutera sur l'inflation en zone euro.

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Le Conseil des gouverneurs de la BCE a maintenu le taux de la facilité de dépôt à 2,25 %, le taux des opérations principales de refinancement à 2,4 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,65 %. La politique monétaire de la zone euro est pilotée au moyen de ces trois taux directeurs, la facilité de dépôt faisant office de principal taux de référence.

"Les perspectives pour les prix de l'énergie, bien que très volatiles, se situent actuellement proches du scénario central des projections des services de l'Eurosystème de juin et nettement au-dessus des niveaux observés avant le conflit au Moyen-Orient", indique le communiqué de la banque centrale.

"L'incertitude reste élevée et l'impact inflationniste complet du choc énergétique ne s'est pas encore matérialisé. Le Conseil des gouverneurs suit donc de près l'intensité et la durée de ce choc, ainsi que ses effets indirects et de second tour", ajoute-t-il.

Cette décision intervient après la confirmation, la semaine dernière, que l'inflation en zone euro est retombée à 2,8 % en juin, contre 3,2 % en mai, sa première baisse cette année, tandis que l'inflation sous-jacente ralentissait à 2,4 %.

Cette pause intervient à peine six semaines après que la BCE a relevé ses taux pour la première fois en près de trois ans, en réaction à un choc énergétique lié à la guerre qui avait propulsé l'inflation à son plus haut niveau depuis septembre 2023.

La présidente de la BCE, Christine Lagarde, s'emploie à garder toutes ses options ouvertes. Lors du forum de la banque centrale à Sintra, elle a insisté sur le fait que la décision de juin n'était pas une "hausse de précaution", mais la réponse à un véritable problème d'inflation, les projections ne montrant un retour à l'objectif de 2 % qu'à la fin de 2027, et seulement si la politique monétaire se resserre davantage.

Christine Lagarde a également refusé de s'engager à l'avance sur une trajectoire, déclarant que le "forward guidance n'est pas actuellement à l'ordre du jour".

La réunion de juillet ne s'accompagne pas d'un nouvel exercice de prévisions et, par exemple, les économistes d'ING estimaient que la banque préférerait attendre les nouvelles projections de septembre, lorsqu'ils jugent plus réaliste un deuxième relèvement.

Problème : le choc qui avait motivé la hausse de juin est de retour.

Le prix du pétrole a frôlé les 120 dollars le baril en mars avant de retomber autour de 72 dollars après un accord de paix provisoire fin juin, mais la trêve s'est nettement effritée ce mois-ci : les États-Unis et l'Iran ont de nouveau échangé des frappes, des attaques contre des pétroliers et de nouvelles sanctions ont propulsé le Brent au-dessus de 90 dollars le baril. Cette semaine, Washington a écarté toute nouvelle négocation.

Une hausse prolongée des prix de l'énergie se répercuterait sur les factures des ménages et l'inflation globale au second semestre de l'année, précisément le type d'effets de second tour que redoutent actuellement les banquiers centraux.

La BCE et ses pairs

Comme le montre le graphique, Francfort a resserré sa politique après avoir longtemps été très en dessous de ses pairs.

La fourchette cible de la Réserve fédérale (Fed) se situe entre 3,50 % et 3,75 %, et le taux de la Banque d'Angleterre à 3,75 %, tandis que la Banque nationale suisse maintient son taux à zéro. Les deux grandes homologues de la BCE doivent se prononcer à nouveau la semaine prochaine.

La Fed rendra sa décision mercredi prochain. Les marchés à terme évaluent à environ 89 % la probabilité d'un statu quo, selon l'outil FedWatch du CME (Chicago Mercantile Exchange), après la décision unanime de juin et des projections ne signalant aucune baisse de taux cette année.

La Banque d'Angleterre suivra le lendemain, le 30 juillet, avec de nouvelles prévisions à l'appui, et les économistes s'attendent très majoritairement à un maintien à 3,75 %. Mais un sondage Reuters montre que près de 40 % d'entre eux anticipent au moins une hausse supplémentaire d'ici la fin de l'année, après que deux membres du comité ont voté en faveur d'un relèvement à 4 % en juin.

Pour l'heure, la BCE reste la seule grande banque centrale occidentale à avoir effectivement relevé ses taux dans ce cycle.

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