L'Union européenne a réduit de moitié le nombre de colis de faible valeur entrant dans la région, après l'instauration d'un forfait de 3 €, pour freiner la domination des plateformes chinoises de commerce en ligne.
Le nombre de petits colis d'une valeur inférieure à 150 € arrivant en Europe a chuté de près de 50 % depuis le 1er juillet, à la suite de l'introduction par l'UE d'une redevance douanière forfaitaire de 3 € sur ces envois, selon les données des douanes néerlandaises et belges.
En Belgique, le nombre de petits colis a diminué de 53 % par rapport à l'année précédente, selon les données des autorités belges. Les douanes néerlandaises présentent des chiffres similaires : elles constatent que les colis de commerce en ligne, en particulier en provenance de Chine, ont reculé de 46 %. À eux deux, ces pays représentent près de 50 % du total des colis de faible valeur arrivant de l'extérieur de l'UE.
Les douanes néerlandaises estiment toutefois que cette baisse pourrait refléter un changement des méthodes de travail lié à ce prélèvement.
"De plus en plus d'entreprises semblent opter pour l'importation en gros et le stockage au sein de l'UE afin d'y revendre ensuite leurs marchandises aux consommateurs", ont-elles indiqué dans un communiqué de presse début septembre, en précisant qu'elles poursuivront leurs investigations.
Ce prélèvement temporaire a été instauré après que les responsables politiques ont constaté la domination écrasante du commerce en ligne chinois en Europe, qui a entraîné un afflux de milliards de colis de faible valeur sur le marché unique.
Selon les données de la Commission européenne, environ 4,6 milliards d'articles de faible valeur, d'un montant unitaire inférieur à 150 €, ont été importés dans l'UE en 2024, soit en moyenne 12 millions de colis par jour. Cela représente une forte hausse par rapport aux 2,3 milliards d'articles importés en 2023 et 1,4 milliard en 2022.
Le volume même des colis et la fragmentation de l'actuelle structure douanière européenne compliquent la mise en place, par l'UE, d'un système de contrôle adéquat.
Des contrôles permettraient d'empêcher l'entrée de produits illégaux, qui constituent déjà un problème majeur en Europe. Une étude de laboratoire (source en anglais) évaluée par des pairs, publiée en 2025 dans Contact Dermatitis, a analysé 111 articles d'habillement à travers l'Italie et l'UE et a constaté que 63 % contenaient des substances chimiques cancérogènes, perturbatrices endocriniennes ou sensibilisantes.
Des conclusions similaires ont été publiées par Greenpeace et le Bureau européen des unions de consommateurs.
"Le droit d'importation temporaire de 3 € en vigueur depuis le 1er juillet a déjà réduit de manière significative le flux de colis, mais nous n'y sommes pas encore", a déclaré à Euronews le député européen néerlandais Dirk Gotink, rapporteur de la réforme des douanes au nom du Parlement européen.
"Avec la nouvelle loi, l'UE et les autorités douanières nationales disposeront enfin des outils nécessaires pour protéger efficacement les entreprises et les consommateurs. Le travail des douanes européennes sera également modernisé, avec une plateforme centrale unique de données, une Autorité européenne des douanes à Lille, davantage de contrôles fondés sur l'analyse des risques et une coopération accrue entre les autorités", a ajouté le député européen.
Gotink faisait référence à la réforme globale des douanes que l'UE s'apprête à mettre en œuvre, qui vise à faciliter le suivi des marchandises en provenance de l'extérieur de l'UE.
Dans le cadre de cette réforme, l'UE créera une plateforme de données dans la ville française de Lille, où les données douanières seront collectées et analysées. La nouvelle Autorité européenne des douanes devrait être opérationnelle d'ici 2028.