Loader
Suivez-nous
Publicité

L'ancien président du Kosovo Thaçi reconnu coupable de crimes de guerre à La Haye

ARCHIVES : l'ancien président du Kosovo Hashim Thaçi devant le tribunal pour le Kosovo à La Haye, le 3 avril 2023
Photo d'archive : l'ancien président du Kosovo Hashim Thaçi comparaît devant le tribunal pour le Kosovo à La Haye, le 3 avril 2023 Tous droits réservés  AP Photo
Tous droits réservés AP Photo
Par Aleksandar Brezar & Euronews
Publié le Mis à jour
Partager Discussion Suivez Euronews sur Google
Partager Close Button

Hashim Thaçi, ancien Premier ministre et président du Kosovo, a été reconnu coupable de meurtre, torture, traitements cruels et détention arbitraire. La France prend note de leur décision, le quai d'Orsay rappelant "son engagement en faveur de la lutte contre l'impunité".

Les Chambres spécialisées pour le Kosovo ont condamné mercredi l'ancien président kosovar Hashim Thaçi à 25 ans de prison pour quatre chefs de crimes de guerre commis pendant la guerre d'indépendance de son pays contre la Serbie.

PUBLICITÉ
PUBLICITÉ

Jugé aux côtés de trois autres anciens chefs de la guérilla, Thaçi a été reconnu coupable à La Haye par un collège de juges de meurtre, torture, traitements cruels et détention arbitraire.

Vêtu d'un costume et d'une cravate, Thaçi est resté silencieux tandis que le juge président Charles Smith lisait la sentence.

Le verdict, attendu de longue date, dans ce procès pour crimes de guerre est intervenu au terme de trois ans de débats mettant en cause quatre anciens dirigeants de l'Armée de libération du Kosovo (KLA) : Thaçi, Jakup Krasniqi, Rexhep Selimi et Kadri Veseli. Le parquet avait requis pour chacun une peine de 45 ans de prison.

Les quatre hommes avaient plaidé non coupables.

"Tout au long de ma vie, je me suis tenu aux côtés du peuple du Kosovo pour défendre la liberté, la vie et la dignité. J'ai toujours été guidé par les idéaux occidentaux de démocratie, d'égalité et de justice", a déclaré Thaçi aux juges en février, à la fin de son procès.

Il avait déclaré à un média kosovar, fin août, qu'il s'attendait à être totalement acquitté.

Les partisans espéraient le retour de Thaçi

Après la guerre, Thaçi est resté une figure politique centrale et a joué un rôle clé dans la déclaration d'indépendance du Kosovo en 2008.

Pendant toute la durée du procès, des portraits de cet homme de 58 ans, qui a aussi été Premier ministre, sont apparus régulièrement sur d'immenses panneaux d'affichage dans tout le pays.

"Notre guerre était juste, une guerre de libération", a déclaré le Premier ministre Albin Kurti avant le verdict.

"Nous croyons et nous espérons que les dirigeants de la KLA reviendront libres dans leur pays et auprès de leurs familles", a-t-il ajouté.

Samedi, des dizaines de milliers de personnes se sont réunies dans la capitale Prishtina pour réclamer leur acquittement, lors du dernier en date de plusieurs rassemblements depuis le début du procès.

Malgré la gravité des charges, qui incluent des homicides, des actes de torture et d'autres exactions attribués aux guérilleros, les partisans de Thaçi s'attendaient à sa libération et à celle de ses coaccusés, et des préparatifs en vue d'un possible retour étaient déjà en cours.

Des compteurs indiquant le compte à rebours avaient été installés sur les places des villes, jusqu'au verdict qui devait être rendu à 10h à La Haye, tandis que des milliers de personnes se rassemblaient pour suivre l'audience en direct sur internet.

La police du Kosovo s'est préparée à encadrer d'importants rassemblements, tandis que l'ambassade des États-Unis à Prishtina a conseillé à son personnel "d'éviter tout déplacement non nécessaire à proximité des manifestations".

La cour sous le feu des critiques

Les Chambres spécialisées pour le Kosovo (KSC), bien qu'elles soient basées aux Pays-Bas et composées de juges internationaux, ont été créées en vertu du droit kosovar spécialement pour poursuivre les crimes commis par des membres de la KLA pendant la guerre.

Avant la création de cette juridiction, les procédures engagées au Kosovo avaient largement échoué en raison d'allégations d'intimidation de témoins et d'ingérences politiques.

Profondément impopulaire depuis sa création, la cour a aggravé les accusations de parti pris politique en s'appuyant sur des éléments fournis par Belgrade, qui refuse toujours de reconnaître l'indépendance de son ancienne province.

Tout au long du procès, les procureurs ont tenté de distinguer la lutte pour l'indépendance du pays des hommes jugés.

Dans un communiqué, le quai d'Orsay a annoncé prendre note de la décision et réitéré le soutien de la France aux Chambres spécialisées pour le Kosovo. Le ministère des Affaires étrangères et de l'Europe rappelle également "son engagement en faveur de la lutte contre l’impunité. Elle rappelle également son soutien constant à l’indépendance du Kosovo et à ses institutions."

Un procès aux multiples affaires

Les quatre prévenus ont été jugés pour des crimes commis contre des prisonniers détenus dans des centres de détention de la KLA au Kosovo et dans l'Albanie voisine, ainsi que pour des meurtres à motivation politique de civils serbes, albanais et roms.

L'acte d'accusation couvre des crimes commis pendant la guerre du Kosovo et juste après, un conflit qui a fait environ 13 000 morts.

En réponse, les avocats des accusés ont soutenu que la KLA ne disposait pas d'une structure de commandement stricte et que les dirigeants ne pouvaient pas contrôler ni être tenus pour responsables des combattants qui ont commis des crimes.

Thaçi doit encore être jugé une seconde fois pour des accusations d'entrave à la justice.

Thaçi a démissionné de la présidence et s'est livré à la cour après son inculpation en 2020. Il est détenu à La Haye depuis.

Sources additionnelles • AFP, AP

Accéder aux raccourcis d'accessibilité
Partager Discussion Suivez Euronews sur Google

À découvrir également

Kosovo : les propos de Zelensky irritent les autorités de Pristina

Législatives au Kosovo : le parti du Premier ministre Albin Kurti en tête mais sans majorité

Le Tribunal spécial pour le Kosovo condamne Pjetër Shala à 18 ans de prison