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Pourquoi tant de haine contre les Rohingyas, ces musulmans apatrides ?

Pourquoi tant de haine contre les Rohingyas, ces musulmans apatrides ?
Tous droits réservés 
Par Joël Chatreau
Publié le
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Les Rohingyas sont-ils maudits pour que la communauté internationale s’en préoccupe si peu, après pourtant des décennies d’errance et de persécution ? En cinq jours à peine, 18 500 déplacés de cette minorité musulmane sont passés au Bangladesh, selon l’Organisation internationale pour les migrations qui a donné cette toute dernière estimation ce mercredi. Pour la majorité, ce sont des femmes et des enfants.

Seul le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme exprime sa profonde inquiétude, dénonçant des violations “systématiques” de leurs droits en Birmanie. Il critique l’attitude du gouvernement birman, d’autant qu’il est dirigé par un célèbre Prix Nobel de la Paix, la conseillère d’Etat Aung San Suu Kyi. Le Haut-Commissaire, Zeid Ra’ad Al Hussein, estime en plus que les violences actuelles entre la guérilla rohingya et les forces birmanes “étaient prévisibles et auraient pu être empêchées”.

Thousands of Rohingya fleeing renewed violence in Myanmar are stranded near the border with Bangladesh, which is blocking their entry pic.twitter.com/Yzw5mKzJlH

— AFP news agency (@AFP) 30 août 2017

Malvenus, y compris chez eux

Quel est ce peuple dont le sort n’intéresse donc presque personne, alors qu’il est considéré justement par les Nations unies comme l’une des minorités les plus persécutées ? Au Bangladesh, pays à majorité musulmane dont sont pourtant originaires les Rohingyas, plus de 400 000 d’entre eux vivent dans la misère, entassés dans des camps insalubres. Les autorités s’en méfient car la police les accuse d’emblée de commettre toutes sortes de délits.

#Rohingya Muslim women and children are forced to walk on barbed wire to escape the brutal #Myanmar army. #Burma#SaveRohingyaSaveHumanitypic.twitter.com/J97w0Fj94N

— tarik khan (@tarikkh76337966) August 30, 2017

En Birmanie, qu’ils fuient désormais mais où ils se trouvaient depuis longtemps en grand nombre (environ 1,3 million), ils restent illégaux; ils n’ont pas de liberté de circulation et ne sont, de toute façon, pas admis sur le marché du travail, dans les écoles et les hôpitaux. Musulmans, ils sont méprisés par une partie de l‘écrasante majorité bouddhiste (plus de 90% de la population), sachant que le nationalisme bouddhiste ne cesse de grimper en Birmanie.

Les réfugiés rohingyas doivent franchir la rivière Naf, frontière naturelle entre le sud du Bangladesh et la Birmanie :

Running to save their lives while #MyanmarArmy slaughtering,burning alive #Rohingya Men,Women & https://t.co/ZWHCD9hSoA Comm must act now pic.twitter.com/qHF9Hhr0v4

— Tun Khin (@tunkhin80) August 29, 2017

Calvaire sur mer comme sur terre

La Thaïlande, qui servait de pays de transit aux migrants clandestins rohingyas arrivés par la mer, a maintenant durci fortement sa politique en matière d’immigration. Quant à la Malaisie et l’Indonésie, elles refoulent également tous les bateaux de réfugiés abordant leur littoral. Bref, cette communauté musulmane tourne désespérément en rond, toujours sans vraie patrie, toujours sans aucun espoir.

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