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Le grand écart de la Serbie

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Le grand écart de la Serbie

Le grand écart de la Serbie
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Un pas vers Bruxelles, un pas vers Moscou, un pas vers Washington. Alors que la Serbie poursuit ses réformes pour intégrer à terme l’Union européenne, Belgrade se garde bien de formuler la moindre critique contre la Russie. Un numéro d‘équilibre diplomatique illustré par un exercice militaire conjoint mené avec l’armée américaine alors que la Serbie n’envisage pas de rejoindre l’OTAN.

Aleksandar Vučić, président depuis avril, ne veut se fâcher avec personne : « La Serbie est formellement sur le chemin de l’Union européenne mais nous préservons formellement notre position de neutralité militaire », dit-il. Une neutralité peu lisible quand on sait que la Serbie multiplie les exercices militaires avec la Russie, qui vient de lui livrer six avions de chasse et des blindés. Le ministre serbe de la Défense est un ancien proche du clan Milošević. Il ne cache pas son hostilité envers l’OTAN. Cela n’empêche pas les Américains de trouver leur intérêt dans cet entre-deux militaire.

« La Serbie joue un rôle très influent pour la stabilité de la région », explique Kyle Scott, ambassadeur américain en Serbie. « Le pays peut être un havre de stabilité donc nous devons continuer de travailler avec la Serbie. Nous devons surmonter les difficultés du passé. »

En échange de sa coopération militaire, la Serbie attend des États-Unis qu’ils mettent la pression sur le Kosovo pour débloquer ses négociations d’adhésion à l’Union européenne. Car si la Serbie et le Kosovo ne normalisent pas leurs relations, Belgrade ne pourra pas faire avancer ses négociations avec Bruxelles.

Au printemps dernier, l’adhésion du Monténégro à l’OTAN avait été dénoncée par la Russie qui voyait là une atteinte à la stabilité des Balkans. Dans ce contexte de nouvelle guerre froide en Europe, Belgrade semble jouer sur tous tableaux.