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L'UE et l'Afrique main dans la main contre la tuberculose

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L'UE et l'Afrique main dans la main contre la tuberculose

L'UE et l'Afrique main dans la main contre la tuberculose
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Aujourd’hui, sans faire de bruit, la tuberculose continue de tuer. Selon l’OMS, en 2016, plus de 10 millions de personnes ont été diagnostiquées tuberculeuses. L’année d’avant, 1.8 millions de personnes en sont mortes. Cette maladie fait toujours partie des 10 causes principales de mort dans le monde.

Pour contrôler cette pandémie, de nouveaux traitements sont nécessaires, plus courts et plus efficaces. Et c’est précisément le but de ce projet de recherche pour lequel scientifiques Africains et Européens travaillent ensemble. L’un des points névralgiques est cet hôpital pour tuberculeux au Nord de la Tanzanie.

Sur un patient séropositif, une toux quelque soit sa durée est une indication de tuberculose.

Cristofer Mkunga Médecin

70 patients sont contraints de vivre ici, parfois pendant de longs mois. Certains sont totalement isolés car considérés comme très contagieux. D’autres sont pris en charge dans des services et attendent que le traitement vainque la bactérie. Asanterabi Swa, qui a déjà été traité ici raconte :
“La première fois, j’ai pris un médicament dont j’ai oublié le nom. Mais la première fois j’ai commencé sans piqûre. La deuxième fois ils ont commencé à m’en faire. J’en ai eu 56. Chaque jour, chaque matin j’avais une piqûre et des médicaments”.

Le traitement normal consiste à administrer un mélange de 4 médicaments. La traitement peut durer de 6 à 18 mois.

“Je suis à 800 km de ma maison et de mes 6 enfants. Mais je ne peux pas les rejoindre. Je dois poursuivre mon traitement ici”, raconte une femme, Mariam Mwakaje.

Des traitements longs ou mal suivis ouvrent la voie à d‘éventuels effets secondaires et l’apparition de tuberculoses résistantes aux antibiotiques. La charge pour les patients, leurs famille et le système de santé est lourde.

“La durée de traitement est très longue. Il existe bien sûr une prise en charge pour acheter les médicaments. Mais le système ne soutient pas les patients. Nombre d’entre eux ne viennent pas dans les centres de soin et ne prennent pas leur traitement pendant, par exemple, 6 mois. C’est ce qui favorise le développement de bactéries résistantes aux antiobiotiques”, explique Stellah George Mpagawa, spécialiste des maladies infectieuses à l’hôpital de Kibong’Oto.

Afin de raccourcir la durée de traitement actuelle, l’hôpital s’est associé avec ce centre de recherche. Des essais cliniques ont été menés ici dans le cadre d’un projet européen de recherche, le PANACEA, développé sous l‘égide du Partenariat Europe-Pays en développement pour les essais cliniques.

Les patients reçoivent des doses plus fortes de différentes molécules pour voir si la bactérie peut rapidement être éradiquée. Ils s’assurent de la sécurité des patients et de la tolérance aux médicaments.

“Nous déterminons d’abord si la bactérie est résistante aux antibiotiques ou si elle réagit. Ensuite nous mettons en culture ces bactéries pour des analyses, tous les échantillons viennent de l’hôpital”, explique Saumu Pazia, biotechnologiste à l’Institut de recherches cliniques du Kilimanjaro.

A ce jour, les essais cliniques ont montré que de tripler la dose de l’un des médicaments connu, la rifampicine, permettait d’accélérer l‘éradication de la bactérie.

“Nous essayons d‘évaluer comment le médicament est répandu dans le corps et nous regardons comment il supprime le microbe dans le corps”, explique Blandina Theophil Mmbaga, directrice à l’Institut de recherches du Kilimanjaro.

Le projet est coordonné depuis cet hôpital aux Pays-Bas. Le taux de tuberculose dans l’Union Européenne est bien moins élevé qu’en Afrique. 6 patients tuberculeux à divers stades de la maladie sont soignés ici.

“J’ai fait plusieurs tests et les médecins m’ont donné un traitement. Mais ensuite j’ai eu un deuxième épisode de la maladie et ils ont dû augmenter les doses prescriptes”, raconte Jajant Harpal.

Le projet avance vers de nouveaux essais cliniques qui sont développés à l’aide de marqueurs microbiologiques de pointe et de graphiques. L’enjeu est de taille selon les chercheurs.

“Tous ces programmes visent à obtenir des traitements de 6 mois. Mais imaginez si on avait des traitements de 3 ou 4 mois, ce que cela permettrait d‘économiser en terme de coût et comme cela faciliterait la prise du traitement pour les patients. Parce que c’est plus facile de respecter un traitement de 3 mois que de 6”, explique Martin Boeree, professeur de médecins spécialiste des maladies respiratoires.

En se basant sur leurs compétences, les scientifiques espèrent maintenant impliquer 800 patients de 6 pays africains pour la deuxième phase du projet.

Comme pour des essais cliniques précédents, les chercheurs veulent comprendre comment le corps réagit à des doses plus fortes de médicaments existants mais ils veulent aussi évaluer la sécurité et l’efficacité des nouveaux composants.

“Nous avons besoin de connaître le taux actuel de médicament qui entre vraiment dans le sang. Et nous avons aussi besoin de connaître le taux de médicaments qui reste dans le sang. En mesurant un échantillon de sang on peut mieux estimer ce qui se passe dans l’infection”, explique Lindsey Te Brake, experte en pharmacologie tuberculeuse.

Les scientifiques cherchent maintenant à élargir le champ de ces essais cliniques à des pays africains lourdement touchés par la maladie. Mais jusqu‘à présent, les capacités des infrastructures de recherches sont limitées et le personnel formé pas assez nombreux. C’est le cas au Malawi, l’un des pays les plus pauvres de la planète. Chaque jour, environ 50 personnes viennent dans cette clinique au sud du pays avec des symptômes évidents de la maladie.

Comme partout en Afrique, le virus du Sida est un facteur-clé de risque ici.

La bactérie de la tuberculose peut rester en sommeil pendant des années dans le corps, attendant le meilleur moment pour agir. Et les patients séropositif ont un système immunitaire tellement faible que la tuberculose peut les infecter sans obstacle.

“Je venais pour un traitement contre le VIH. Je ne l’ai pas pris pendant longtemps. Quand j’ai recommencé le traitement ici à la clinique, ils m’ont découvert des symptomes de tuberculose”, raconte un malade, Henry Friler Banda.

“Sur un patient séropositif, une toux quelque soit sa durée, est une indication de tuberculose. Et cela combiné à des symptomes comme la perte de poids ou des suées nocturnes nous pousse à rechercher la tuberculose”, explique le médecin Cristofer Mkunga.

Le pays manque toujours de moyens de base contre la maladie. Seulement deux appreils de radio thoraciques fonctionnent à Blantyre, la capitale économique, d´1 million de personnes. Des solutions urgentes sont nécessaires.

“Au Malawi nous avons environ 160 cas pour 100.000 personnes. C’est un très gros problème. Ce qui alimente la maladie dans ce pays, c’est la pauvreté et la surpopulation”, explique Marriott Nliwasa, spécialiste des maladies infectieuses à l’Université du Malawi.

Avoir des capacités cliniques et de recherches plus performantes seraient la clé pour lutter contre ce fléau.

“Pour faire des expertises, nous avons vraiment besoin de jeunes malawites qui s’intéressent à la recherche, qu’il restent dans cette spécialité et que ça soit passionnant pour eux, qu’ils deviennent chercheurs et qu’ils soient suffisament bien payés pour exercer ce métier”, raconte Elisabeth Corbett.

Et qu’attendent les patients de ces recherches ? Davie, 47 ans, opérateur de machine, a été diagnostiqué tuberculeux en 2016. Il espère seulement que les futurs malades ne traverseront pas son calvaire.

“Je n’ai pas pu travailler pendant 6 mois. Je n’avais pas de salaire. Ma famille a pu survivre uniquement grâce à la générosité de quelques amis. Des traitement de moins de 6 mois poourraient vraiement faire la différence”, raconte Davie Chiwere, un malade.

Les chercheurs espèrent que leur travail puisse un jour contribuer à atteindre la cible de l’OMS qui est de réduire de 80% le nombre de nouveaux cas de tuberculose d’ici à 2030.

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