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Plus de compétitivité et de sécurité dans la construction grâce aux robots à câble

Par Julian GOMEZ
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Comment un robot à câble peut-il aider à renforcer la compétitivité du secteur de la construction en Europe ? Pour trouver des réponses, des chercheurs européens ont développé et sont en train de tester à Noblejas dans la province de Tolède en Espagne, un système de ce type.

Grâce à huit câbles, cette installation robotisée pivote et se déplace le long d'une façade expérimentale de 100 m² d'un immeuble de trois étages. Elle peut soulever une plateforme comprenant des outils et des ventouses qui servent à fixer, installer et maintenir des murs-rideaux en verre. Le dispositif permet ainsi de charger, puis placer environ une tonne de matériels au millimètre près, et ce dans un environnement complexe.

"Les sites de construction ne sont pas des environnements structurés : parfois, les mesures sont inexactes ou inexistantes et les bâtiments n'ont pas toujours les dimensions qu'ils devraient avoir," fait remarquer Kepa Iturralde, ingénieur civil à l'Université technique de Munich (TUM), qui participe à ce projet de recherche européen appelé Hephaestus.

"C'est pour cela qu'il est très important que nous référencions chacun des éléments : pour y arriver, nous utilisons des caméras pour connaître la position exacte des murs-rideaux, mais aussi des outils de géolocalisation pour déterminer l'emplacement de chacun des éléments," explique-t-il.

Le défi de la tension des câbles

La structure peut être adaptée en fonction de la taille de la façade : les grandes superficies nécessitent des câbles plus longs et des configurations géométriques différentes des points d'appui.

Mais il faut aussi que les câbles soient tendus de manière adéquate comme l'expliquent les scientifiques impliqués dans ce projet de recherche.

"À partir de cette tension, on peut prévoir les dimensions du reste des composants de la structure : le coût de toute l'installation en dépend car plus les câbles nécessitent de tension, plus l'installation sera chère," précise Mariola Rodríguez Mijangos, ingénieure industrielle au sein de la fondation Tecnalia impliquée dans le projet. "Notre principal défi, c'est de trouver la tension minimale, mais suffisante à mettre dans les câbles pour que le robot soit capable d'accomplir ses tâches," dit-elle.

"Toutes les configurations seront possibles"

Les chercheurs voient de grands avantages dans ce système comme la rapidité et la précision dans l'exécution des tâches.

Le robot peut permettre d'installer des murs-rideaux, des panneaux solaires et d'autres surfaces sur les bâtiments, mais aussi contribuer à l'analyse, à la mise en peinture, au nettoyage, au remplacement d'éléments endommagés ou à la réparation de fissures.

"Les robots sont capables de réaliser des tâches en série, de manière automatisée, en respectant toujours les mêmes caractéristiques," indique Julen Astudillo Larraz, manager de groupe façades au sein de Tecnalia et coordinateur du projet Hephaestus. "Quand on aura développé un système d'installation fiable," poursuit-il, "toutes les autres configurations seront possibles : il suffira d'adapter les outils qu'on a besoin d'utiliser, donc la qualité finale dans la construction sera largement améliorée."

Moins de risques de chute

Selon l'équipe, cette technologie représente une avancée en vue d'améliorer la compétitivité dans la construction, secteur industriel qui pourvoit le plus grand nombre d'emplois dans l'Union européenne avec une main-d'œuvre directe de quelque 14 millions de personnes et qui contribue à environ 9% du PIB européen.

"En tant qu'entreprise du bâtiment, ce système a deux avantages : le premier, c'est la réduction effective des temps d'installation des murs-rideaux, cela représente un bénéfice réel pour l'entreprise," souligne José Jiménez Vicaria, ingénieur civil au sein de l'entreprise de construction Acciona, partenaire du projet.

"Le deuxième, c'est la minimisation des risques en matière de sécurité : on n'a plus ou presque plus de tâches à réaliser en hauteur, donc les ouvriers risquent beaucoup moins de tomber," déclare-t-il.

Les chercheurs estiment que leur technologie pourrait faire leur apparition sur les sites de construction dans cinq à dix ans.

Journaliste • Julian GOMEZ