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Deuxième jour de violences après le meurtre d'une fillette

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Deuxième jour de violences après le meurtre d'une fillette

Deuxième jour de violences après le meurtre d'une fillette
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Au Pakistan, la colère ne faiblit pas après le meurtre et le viol de Zainab Ansari, une fillette de sept dont le corps a été retrouvé le 9 janvier sur un tas d’ordures dans la ville de Kasur, à la frontière indienne. La population est d’autant plus ulcérée qu’il s’agit du huitième meurtre d’enfants en quelques mois.

Pour attirer l’attention de son public, une jeune présentatrice de Samaa TV n’a pas hésiter à montrer son enfant à l’écran pour dénoncer la nature brutale des crimes à répétition commis à Kasur.

“Aujourd’hui, je ne suis pas votre hôte, a expliqué Kiran Naz, aujourd’hui je suis une mère et c’est la raison pour laquelle ma fille est assise ici avec moi. Plus le cercueil est petit, plus il est lourd. Aujourd'hui, le poids du cercueil de Zainab pèse sur le Pakistan », a dénoncé la présentatrice.

Depuis mardi, deux violentes manifestations ont éclaté à Kasur. Un millier d’habitants sont sortis dans les rues de la ville pour exprimer leur colère. Les manifestants s’en sont pris aux forces de l’ordre. Bilan : deux morts et plusieurs blessés. Samaa TV a indiqué que l’hôpital de la ville avait été partiellement ravagé par une foule de mécontents.

Les habitants accusent la police de laxisme dans cette affaire sordide. La BBC rapporte que ce sont les proches de la famille de la fillette qui ont réussi à mettre la main sur des images de caméras de surveillance sur lesquelles on aperçoit Zainab tenant la main d’un homme juste avant sa disparition.

La police fait état de son côté d’un important travail d’investigation : une vingtaine de suspects ont été appréhendés mais ont dû être relâchés faute de preuves. Des tests ADN ont par ailleurs été pratiqués sur une centaine de suspects potentiels. Un homme ferait à présent l’objet d’une enquête plus approfondie. La piste d’un serial killer a été avancée.

En 2015, Kusar avait déjà été le théâtre d’un scandale sans précédent de pédophilie. A l’époque des vidéos montrant au moins 280 enfants de la région avaient été découvertes. Des escrocs les utilisaient pour faire chanter les familles des victimes. La police avait déjà été accusée d’avoir fermé les yeux.

Le gouvernement de la province du Penjab a offert une récompense dix millions de roupies (74 000 euros) pour toute information conduisant à la capture du meurtrier et a déjà promis des compensations financières aux familles des victimes.

Avec Agences