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Davos 2018 : revivez le grand débat sur les défis de l’Europe

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Davos 2018 : revivez le grand débat sur les défis de l’Europe

Davos 2018 : revivez le grand débat sur les défis de l’Europe
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Dans le cadre de l'émission "Global conversation", Isabelle Kumar s'est entourée à Davos de cinq personnalités politiques et économiques pour débattre des enjeux européens :

  • Mateusz Morawiecki, Premier ministre polonais
  • Ursula von der Leyen, ministre allemande de la Défense et membre du conseil d'administration du Forum économique mondial
  • Bruno Le Maire, ministre français de l’Économie et des Finances
  • Angel Gurría, Secrétaire général de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et membre du conseil d'administration du Forum économique mondial
  • Maurice Lévy, président du Conseil de Surveillance de Publicis Groupe

Quelle vision pour l’Europe en 2018 ?

Que doit-on attendre en 2018 d’une Europe qui a fait face ces dernières années à de multiples crises - financière, migratoire etc. – lesquelles ont entraîné une montée des nationalismes et un rejet du sentiment européen ?

« L’année 2018 doit être l’année de l’Europe », estime Bruno Le Maire. Pour le ministre français de l’économie, l’UE doit être plus « forte » face à une Chine en pleine croissance et des États-Unis qui défendent leurs intérêts. Il plaide pour l’union des capitaux car « les entreprises ont besoin d’un accès au financement pour prendre de l’envergure et exporter.»

« Nous devons avoir une coopération plus profonde et la Pologne est un acteur de cette coopération », a estimé pour sa part Mateusz Morawiecki, le Premier ministre polonais, partisan lui aussi de l'union des capitaux. Pour faire reculer les inégalités, qui font selon lui progresser les populismes en Europe, il soutient l'idée d'une taxation financière.*

« La défense est devenue une priorité en Europe  », soutient de son côté, Ursula von der Leyen. La ministre allemande de la Défense souligne que l’UE a fait « un grand pas en avant » en lançant une union de la défense, qui va permettre aux 27 de protéger davantage l'Europe, alors que les conflits et les crises se multiplient à sa porte. « Lorsqu'il y a une crise, nous devons avoir la capacité d'agir (…) Avant, l'Europe dépendait beaucoup des États-Unis. Désormais, c'est à nous de prendre les choses en main. »

« En 2018, il faut poursuivre les efforts, car l’Europe n’a pas encore atteint ses objectifs », a insisté de son côté Angel Gurría. Le secrétaire général de l'OCDE a fait l’inventaire des nombreux chantiers européens : union bancaire, union des capitaux, intégration fiscale, énergétique, des télécommunications, armée européenne… Pour Angel Gurria, le « multilatéralisme est le mot-clé » , car l'Europe est un « projet multilatéral. »

« Aujourd'hui, on voit un alignement des planètes qui est très favorable », souligne pour sa part Maurice Lévy, le président du Conseil de Surveillance de Publicis Groupe. Après une série de crises, l’Europe, estime-t-il a été capable de se « transformer », l’Allemagne ne semble plus être le seul pilote de l’UE, le leadership franco-allemand est plus équilibré. Maurice Lévy perçoit « énormément d'opportunités pour créer une Europe plus cohérente » et dynamique : « Il y a beaucoup de projets sur la table (…) « Il y a une jeunesse européenne qui a le goût d'entreprendre (…) « La croissance revient, tout cela va dans le bon sens. »

La fragmentation politique en Europe : le cas polonais

Le cas de la Pologne a été abordé lors de ce débat, alors que Varsovie est pointé du doigt pour des dérives autoritaires, notamment pour des réformes judiciaires controversées qui ont poussé la Commission européenne à dégainer l’article 7, une procédure pouvant aller jusqu'à priver le pays de ses droits de vote dans l'UE. Bruxelles juge qu’il y a un « risque clair d'une violation grave de l'Etat de droit en Pologne ».

Mateusz Morawiecki, le nouveau Premier ministre polonais, a défendu les réformes mises en œuvre par Varsovie : « Notre système judiciaire est plus indépendant, plus transparent, plus efficace (…) Nous allons poursuivre nos réformes, car c'est une amélioration de notre système, nous pourrons désormais mieux défendre les droits de nos citoyens.»

« Nous devons défendre en Europe l'état de droit et chacun doit y adhérer, *c'est la meilleure façon de garantir l'unité de l’Europe »*, a réagi Bruno Le Maire, le ministre français de l’Economie.

« Nous avons un problème avec la Pologne » a reconnu de son côté Ursula von der Leyen, la ministre allemande de la Défense, tout en saluant les efforts réalisés par Varsovie pour adhérer à l’UE.

La crise migratoire

« Non ce n'était pas une erreur d'accueillir autant de migrants » a insisté Ursula von der Leyen. La  ministre allemande de la Défense a toutefois pointé les faiblesses de l’Europe en matière de protection des frontières et de politique d’asile. « Quand la crise des migrants est arrivée, il a fallu réparer toutes ces faiblesses (…) Nous avons appris qu'il nous faut des règles communes. »

Une politique migratoire commune en Europe ? La Pologne n’y est pas favorable, mais le Premier ministre polonais a rappelé que son pays avait accueilli de nombreux réfugiés, notamment d’Ukraine, de Tchétchénie ou d’Irak. « Plus de 3000 personnes ont demandé l'asile en Pologne. Nous voulons accueillir ces personnes », a indiqué Mateusz Morawiecki.