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L'incontournable Viktor Orban

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N’en déplaise aux Européens qui ne cessent de critiquer ses dérives xénophobes et populistes, le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, devrait rester au pouvoir encore quatre ans. A la veille des prochaines élections législatives du 8 avril, son parti reste en tête des sondages. La question étant de savoir si le Fidesz parviendra à obtenir une majorité des deux tiers ou une majorité simple.

Qui sont les principaux partis en compétition ?

Viktor Orban (haut), Gabor Vona (milieu) et Ferenc Gyurcsány (bas).

Le Fidesz : il s'agit du parti dirigé d’une main de fer par Viktor Orban, 54 ans, qui gouverne la Hongrie en alliance avec les démocrates-chrétiens (KDNP) depuis 2010.

Jobbik : ce parti d'extrême droite, qualifié de néonazi et d'antisémite, a remporté 20 % des suffrages aux dernières élections générales de 2014. Le parti, dirigé par Gabor Vona, est décrit comme radicalement patriotique mais a consenti à adoucir son discours pour paraître plus modéré afin d'attirer les électeurs centristes. Le parti pourrait remporter 15% des suffrages.

Le Parti socialiste : le Parti socialiste hongrois (MSZP) est une émanation du parti communiste qui a gouverné de 1956 à 1989. Il s’est allié au mouvement Dialogue libéral (Parbeszed) et pourrait rallier également 15% des voix.

Les écologistes : le parti, baptisé « La politique peut être différente » mène des campagnes sur des questions telles que la protection de l'environnement, la réforme de la politique et l'éradication de la corruption. Il dispose actuellement de six sièges sur 199 au Parlement.

Les autres formations : d’autres partis sont en lice dont le dernier né « Momentum », un parti pro-européen ; la Coalition démocratique sociale-libérale, dirigée par l’ex-premier ministre socialiste Ferenc Gyurcsány ; un autre parti pro-européen « Together » ; et le parti satirique des « Chiens à deux queues », qui a présenté un candidat vêtu d'un costume de poulet.

Pourquoi le scrutin hongrois est-il important ?

Selon les experts, le pays suit le modèle russe ou turc en restreignant la liberté de la presse, en affaiblissant la démocratie et en réprimant les ONG financées par des fonds étrangers. Si la tendance se poursuit après les élections, il est probable qu'il y aura d'autres affrontements avec Bruxelles, régulièrement pris à partie par le gouvernement. Accusée de violer les valeurs fondamentales de l’Union européenne, la Hongrie est régulièrement menacée de se voir couper une partie des fonds européens dont elle profite allègrement depuis son entrée dans l’UE en 2004.

La Hongrie est actuellement le pays européen où le populisme est les plus établi : selon une étude publiée sur Euronews.com, 65% des électeurs hongrois soutiennent les partis anti-système, soit le score le plus élevé dans l'UE.

La question migratoire

C’est l’un des thèmes majeur de cette élection d’autant que la Hongrie s’est retrouvée au cœur de la crise des réfugiés en 2015. Cette année-là, 174 435 demandes d'asile ont été déposées dans le pays, dont seulement 425 ont reçu une réponse positive des autorités hongroises. Depuis que le pays a clôturé sa frontière, le flux de migrant s'est ralenti jusqu'à un certain point. En 2017, 3 115 demandes d'asile ont été déposées. Environ un tiers des demandes a été accepté, selon l'office statistique Eurostat.

Viktor Orban a récemment déclaré durant la campagne : "Les puissances extérieures veulent prendre notre pays. Ils veulent nous forcer à l'abandonner volontairement pendant quelques décennies à des étrangers arrivant d'autres continents qui ne respectent pas notre culture, nos lois et notre mode de vie".

Les chiffres du gouvernement montrent que 151 132 citoyens étrangers vivent actuellement en Hongrie, soit 1,5 % des 9,8 millions d'habitants du pays.

"Orban fait de son mieux pour faire de la question migratoire la partie la plus pertinente de la campagne", a déclaré à Euronews Robert Laszlo, un expert électoral du groupe de réflexion Capital politique basé à Budapest. "Les électeurs de Fidesz ont une peur réelle des migrants et une peur des étrangers et ils ont peur de perdre leur emploi et de la mort de la culture hongroise et européenne. "Pourtant, ils n'ont jamais vu un migrant - parce que nous n'en avons pas. Ils ont vraiment peur de l'inconnu".

La position de Viktor Orban sur l'immigration a déclenché une querelle avec Zeid bin Ra'ad al-Hussein, le chef des droits de l'homme de l'ONU, qui l'a qualifié de "raciste et xénophobe de l'Europe". La Hongrie a répondu en disant que Zeid était indigne et qu'il devait démissionner.

Recul de la liberté de la presse

Selon les experts, la liberté de la presse a fortement reculé ces dernières années mettant en péril la démocratie hongroise. La Hongrie est l'un des pires pays de l'UE en matière de liberté de la presse, seuls la Bulgarie et la Grèce faisant moins bien.

"Je ne peux pas dire que la démocratie est morte, mais elle est beaucoup plus faible qu'il y a quelques années ", explique Robert Laszlo. Les politiciens de Fidesz et le Premier ministre Orban n'ont pas de débats publics avec les politiciens de l'opposition".

Élections, mode d’emploi

Les élections législatives ont lieu tous les 4 ans en Hongrie. Cette année, le scrutin aura lieu dimanche 8 avril. Dans les circonscriptions où le candidat arrivé en tête ne remportera pas la moitié des voix au premier tour un second tour sera organisé. Les bureaux de vote seront ouverts de 6 heures à 19 heures.

Plus de 7,9 millions de Hongrois sont appelés aux urnes. En 2014, le taux de participation avait été de 61,73%. Les Hongrois se trouvant à l'étranger peuvent également voter dans les ambassades.

Quant aux 370 000 Hongrois qui n'ont pas d'adresse en Hongrie, ils peuvent voter par correspondance. La seule restriction est qu'ils doivent être enregistrés officiellement. Comme ils n’ont pas d’adresse, il ne sont pas rattachés à une circonscription et doivent donc voter pour un parti.