DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Deuxième jour de visite pour le prince héritier saoudien

Vous lisez:

Deuxième jour de visite pour le prince héritier saoudien

Deuxième jour de visite pour le prince héritier saoudien
@ Copyright :
Eric Feferberg/Pool via Reuters
Taille du texte Aa Aa

Après avoir été accueilli dimanche à Paris par le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, Mohammed ben Salmane a dîné dimanche en tête à tête dans le cadre somptueux du musée du Louvre avec Emmanuel Macron, qui "a tenu à avoir une discussion stratégique avec MBS", a fait savoir l'Elysée.

Lundi midi, il s'est déplacé à l'hôtel Matignon pour un déjeuner avec le Premier ministre Edouard Philippe en présence de certains ministres, dont M. Le Drian, où il est arrivé avec plus de 45 minutes de retard. Une source proche du gouvernement saoudien a suggéré que les changements incessants de planning du prince sont dus au fait qu'il consacre du temps à des "négociations difficiles", citant l'exemple de la guerre au Yémen, où l'Arabie saoudite est impliquée.

Lundi après-midi, il devait recevoir dans son hôtel particulier du très chic XVIe arrondissement de nouveau M. Le Drian et la ministre des Armées Florence Parly, qu'il reverra mardi soir lors de la rencontre officielle à l'Elysée entre M. Macron et MBS, qui est par ailleurs ministre de la Défense.

Au cours de son dîner au Louvre, Emmanuel Macron a pu commencer à insister sur les axes de sa politique régionale, qui n'épousent pas nécessairement ceux de l'Arabie saoudite. Selon l'Elysée, Emmanuel Macron a fait savoir à MBS qu'il "parle à tout le monde". L'Arabie saoudite, mais aussi ses rivaux, au premier rang desquels l'Iran, bête noire de Ryad avec qui les Saoudiens sont engagés dans une lutte féroce d'influence régionale. La ligne relativement modérée de Paris cadrant mal avec l'âpreté saoudienne.

MBS est adossé à la position de Washington, qui veut dénoncer l'accord international sur le nucléaire iranien de 2015 et menace de s'en retirer d'ici le 12 mai. La France et les Européens espèrent eux sauver l'accord et Emmanuel Macron devrait plaider en ce sens auprès de MBS.

La guerre que conduit l'Arabie saoudite au Yémen contre les rebelles houthis soutenus par Téhéran est un autre dossier chaud alors que plusieurs ONG ont dénoncé lundi les ventes d'armes françaises à Ryad, soupçonnées d'être utilisées au Yémen.

D'autres organisations ont profité de ce déplacement pour dénoncer les multiples violations des droits de l'homme et de la presse dans le royaume wahhabite, alors que MBS est en pleine offensive de séduction des Occidentaux pour les persuader d'accompagner le mouvement d'ouverture et de modernisation qu'il veut pour le royaume.