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Gaza : le gouvernement palestinien dénonce "un horrible massacre"

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Gaza : le gouvernement palestinien dénonce "un horrible massacre"

Gaza : le gouvernement palestinien dénonce "un horrible massacre"
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Plus la journée avance et plus le bilan s'alourdit dans la bande de Gaza.

Au moins 52 Palestiniens ont été tués par des soldats israéliens, au cours de violents affrontements entre manifestants gazaouis et militaires. Selon le ministère de la santé de Gaza, on compte également des centaines de blessés parmi les manifestants. Le gouvernement palestinien accuse Israël de commettre un "horrible massacre".

Les heurts ont éclaté alors que l'on inaugure ce lundi l'ambassade américaine à Jérusalem, à quelques dizaines de kilomètres de là. Drapeaux américains et israéliens ont été hissés, et la sécurité largement renforcée pour accueillir la fille et le gendre de Donald Trump, venus assister à la cérémonie d'inauguration.

Jusqu'alors basée à Tel Aviv, le transfert de l'ambassade, voulu par Donald Trump, est vécue comme une provocation inacceptable pour les Palestiniens. Ces derniers refusent en effet de céder Jérusalem comme capitale officielle à Israel. Depuis Washington, le président américain a envoyé un message vidéo et a félicité Israël via son compte Twitter pour cette "grande journée", sans un mot pour les chaos actuel dans la bande de Gaza.

Depuis le 30 mars dernier, des milliers de Gazaouis manifestent à la frontière et revendiquent une "marche du retour" vers la Ville sainte. En tout, plus de 90 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza ces deux dernières semaines.

Alors que le bilan pourrait encore s'alourdir, ce lundi est déjà la journée la plus meurtrière du conflit israélo-palestinien depuis la guerre de 2014 au sein de l'enclave.

L'inauguration de l'ambassade à Jérusalem met le feu aux poudres

Dans une déclaration écrite, le Comité de l'ONU pour l'élimination de la discrimination raciale a également vivement condamné les tirs israéliens et "exhorte l'Etat partie [Israël] à mettre immédiatement fin à l'usage disproportionné de la force contre les manifestants palestiniens, à s'abstenir de tout acte qui pourrait faire de nouvelles victimes et à garantir que les blessés palestiniens aient un accès rapide et sans entrave aux soins médicaux".

Les 18 experts indépendants de ce comité, qui dépend du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme, se disent "gravement préoccupés par le fait que de nombreuses personnes décédées ou blessées ne semblaient représenter aucune menace imminente au moment où elles ont été abattues".

"Des dizaines de Palestiniens, dont des enfants, ont été tués et des centaines blessés par des tirs israéliens durant les manifestations massives en cours près de la barrière de Gaza. Nous demandons à toutes les parties d'agir avec la plus grande retenue afin d'éviter des pertes de vie humaine supplémentaires", a affirmé de son côté la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini dans un communiqué.

La décision américaine comble les Israéliens comme la reconnaissance d'une réalité de 3.000 ans pour le peuple juif. Elle coïncide avec le 70ème anniversaire de la création de l'Etat d'Israël, en pleine effusion nationale et ferveur pro-américaine.

Mais l'initiative unilatérale américaine ulcère les Palestiniens pour lesquels elle représente le summum du parti pris outrancièrement pro-israélien affiché par M. Trump. Ils y voient la négation de leurs revendications sur Jérusalem.

L'inauguration de l'ambassade, provisoirement installée dans les locaux de ce qui était le consulat américain en attendant la construction d'une nouvelle représentation, a lieu dans une période éminemment sensible.

Les Palestiniens perçoivent comme une "provocation" la date choisie, précédant de 24 heures les commémorations de la "Nakba", la "catastrophe" qu'a constitué la création d'Israël pour des centaines de milliers d'entre eux chassés ou ayant fui de chez eux en 1948.