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Italie : la fronde envers l'Europe

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Italie : la fronde envers l'Europe

Italie : la fronde envers l'Europe
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C'est bien un virage résolument eurosceptique que l'Italie s'apprête à prendre avec la constitution de ce nouveau gouvernement. Un virage assumé par nombre d'Italiens qui ne se retrouvent pas toujours dans une Europe qu'ils jugent peu solidaire. Les explications de Charles De Marcilly, du bureau bruxellois de la Fondation Robert Schuman :

"Je crois que la première des raisons est un peu cette frustration liée à la crise migratoire avec un sentiment très fort d'avoir appelé au secours pendant très longtemps entre 2011 et 2015 et que on a la perception de la crise migratoire, de son importance, de son urgence n' a été réelle qu'une fois que c'est devenu une crise continentale, une crise européenne."

L'autre raison fréquemment invoquée est l'austérité imposée au niveau européen. L'Italie, qui est la troisième économie de la zone euro, renoue laborieusement avec la croissance après 10 ans de crise et dans certaines régions, le taux de chômage atteint les 55% chez les jeunes. Baisse des impôts, revenu de citoyenneté, abaissement de l'âge de la retraite... Le Mouvement 5 étoiles et la Ligue ont multiplié les promesses, mais dans un pays où la dette pèse 132% du PIB, pas sûr que les coudées soient très franches, car en matière budgétaire, c'est bien l'Europe qui fixe les règles du jeu.

"Sa marge de manœuvre elle est très limitée, explique Charles De Marcilly. Elle est très limitée d'un point de vue pratique, pragmatique, parce qu'il y a des gages qui sont apportés, ce sont les traités, où le fait d'avoir la zone euro vous engage aussi à respecter les décisions collectives, et donc vous ne pouvez pas tout d'un coup recréer une démarche et une dimension économique."

Certains pays comme la Grèce s'y sont cassés les dents et ont dû rentrer dans le rang. Le nouveau gouvernement sera donc mis à l'épreuve de la collectivité, au risque de décevoir.