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Lutte contre la radicalisation en Belgique francophone

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Lutte contre la radicalisation en Belgique francophone

Rachid Madrane, ministre en Fédération Wallonie-Bruxelles (Belgique)
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La lutte contre la radicalisation des jeunes était au coeur d'une réunion de haut-niveau entre la France et la Belgique ce lundi à Paris.

Rachid Madrane, ministre de l'Aide à la jeunesse, des Maisons de Justice, des Sports et de la Promotion de Bruxelles à la Fédération Wallonie-Bruxelles de Belgique, nous parle de ses rapports avec le gouvernement fédéral, de déradicalisation ou encore de discrimination positive.

Question : Comment le gouvernement de Charles Michel - dans lequel siègent les nationalistes flamands de la N-VA - réagit-il lorsque vous évoquez les aspects positifs de l'immigration?

Réponse : "Aujourd'hui, vous devez savoir qu'en Belgique, c'est la première fois qu'on a au pouvoir un parti majoritaire qui est un parti populiste, nationaliste et de droite extrême. Je ne dis pas extrême-droite, je dis de droite extrême. Et donc ils ont une vision du monde qui est une vision ultra libérale, néo-libérale où l'humain n'est qu'une variable presque d'ajustement. "Moi j'ai une vision de socialiste-internationaliste-universaliste et eux, ils ont une vision nationaliste et une vision confédéraliste en Belgique. Donc ils veulent la scission et la fin du pays.

Q/: Est-ce possible de déradicaliser un individu ? Autrement dit, est-ce qu'il y a un mode d'emploi pour déradicaliser un jeune ?

R/: Il n'y a pas de recette miracle, il n'y a pas de baguette magique contre l'extrémisme violent. Ce que nous avons fait, ici en Belgique francophone, c'est de construire des modèles qui travaillent plus sur la prévention, sur le désengagement de la violence et sur la « désistance », ça veut dire 'comment est-ce qu'on sort quelqu'un de son cursus de violence ou de sa trajectoire de délinquance ?'. Ca, c'est les axes sur lesquels on travaille.

La N-VA au gouvernement fédéral par exemple ne travaille que sur la dimension sécuritaire, ça veut dire on met des militaires en rue, on met de plus en plus de police, etc. Mais on ne va pas travailler sur le mal à la racine.

Q/: La discrimination positive est-elle une solution dans la lutte contre le racisme à votre avis ?

R/: On a mis en place une ordonnance qui permet de favoriser l'engagement des personnes qui viennent des quartiers où le taux de chômage est le plus élevé. Parce que je voulais éviter les quotas ethniques. Donc on s'est plutôt basé sur des quotas géographiques qui permettent à tous des demandeurs d'emploi qui vivent dans un endroit donné et dans cet endroit donné, si le taux de chômage est supérieur ou égal à la moyenne régionale, ces demandeurs d'emploi sont prioritairement éligibles dans les emplois publics.

Ca a donné des résultats et on voit aujourd'hui avec l'ensemble des dispositifs qui ont été mis en place que le chômage des jeunes de moins de 25 ans a baissé et baisse à Bruxelles depuis près de 60 mois de manière ininterrompue.