DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Pas touche à Franco ! Offensive de hauts gradés contre l'exécutif espagnol

Vous lisez :

Pas touche à Franco ! Offensive de hauts gradés contre l'exécutif espagnol

Photo prétexte 181 officiers retraités espagnols défendent Franco.
Taille du texte Aa Aa

Fait exceptionnel en Espagne depuis la mort du général Franco en 1975, un groupe de hauts gradés monte au créneau pour défendre la mémoire du dictateur. Ces militaires sont à la retraite, il est vrai, mais ils sont nombreux, 181 en tout, et pas des moindres : selon des journaux espagnols, on compte parmi eux un amiral, 29 généraux, 105 colonels, 15 lieutenants-colonels, ainsi que des commandants et des capitaines de la marine.

Les nostalgiques de l'ordre franquiste adressent une lettre ouverte au gouvernement socialiste, datée du 31 juillet, sur le site internet d'un organe controversé intitulé Asociación de Militares Españoles. Ils attaquent bille en tête "la campagne de la gauche politique et de tous ses médias affidés" qui vise, selon eux, à dégrader l'image du général depuis juin dernier. Les officiers retraités vont jusqu'à dénoncer "une obstination viscérale de revanche afin d'effacer un demi-siècle de notre histoire".

L'exhumation des restes de Franco en travers de la gorge

Ce qui fait sortir du bois ce groupe de militaires pro-Franco est sans nul doute la volonté du gouvernement de Pedro Sanchez, récemment affirmée, d'exhumer les restes du dictateur du mausolée de la "Valle de los Caidos" pour les transférer dans un cimetière. Francisco Franco avait pris soin de faire construire ce monument pharaonique à San Lorenzo del Escorial, à environ 50 kilomètres au nord de Madrid, dans le but de veiller à sa gloire à titre posthume.

Le mausolée de la "Valle de los Caidos" ci-dessous :

Les membres de l'Asociación de Militares Españoles réclament aux dirigeants socialistes de "cesser la campagne infâme qui a la prétention perverse d'exhumer les restes" du général. Depuis la fin de son édification en 1958, le mausolée de la "Vallée de ceux qui sont tombés" - si l'on traduit en français - n'a jamais cessé de créer la polémique en Espagne et de diviser la société. Mi-juillet dernier, quelques dizaines de nostalgiques du franquisme ont encore manifesté devant le monument pour protester contre le transfert annoncé de la dépouille de leur "Caudillo".