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Les cinq riverains de la Caspienne parviennent enfin à s'entendre

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Les cinq riverains de la Caspienne parviennent enfin à s'entendre

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Les dirigeants des cinq états côtiers de la mer Caspienne, le Kazakhstan, la Russie, l'Iran, l'Azerbaïdjan et le Turkménistan ont enfin signé une déclaration déterminant le statut légal de cette mer stratégique. Un accord historique après 20 ans de vide juridique.

En effet, après la chute de l'Union soviétique, la question de la répartition du littoral de la Caspienne entre les quatre nations émergentes et l'Iran a alimenté les dissensions entre les riverains.

Apostolos Staikos, euronews :

"Il a fallu plus de vingt ans et plus de 50 rencontres du groupe de travail afin de mettre sur pied la Convention sur le Statut légal de la Mer Caspienne. Désormais, les cinq pays vont unir leur force pour ouvrir un nouveau chapitre sur la coopération dans le transport, le commerce, l'énergie et l'écologie."

Diplomates et chefs d'Etat ont été accueillis par le président kazakh, Nursultan Nazarbaïev dans le port d'Akthaou. Les précédents sommets de la Caspienne se sont tenus en 2002 à Ashgabat, en 2007 à Téhéran, en 2010 à Bakou et en 2014 à Astrakhan.

Les signataires ont tout d'abord convenu que la Caspienne n'était ni une mer ni un lac au sens de la législation internationale actuelle et lui ont donc octroyé un statut spécial.

La convention statutaire défini également que les eaux territoriales sont portées à 15 milles marins du rivage, avec 10 milles nautiques supplémentaires pour les zones de pêche. Au-delà, débuteront les eaux communes et neutres.

Nursultan Nazarbaïev, president de la république du Kazakhstan :

"Les pays signataires ont accepté les points principaux de notre accord. La Mer Caspienne est un endroit de bon voisinage et d'amitié. Tous les états riverains utiliseront la mer de manière pacifique et tous les pays respecteront la souveraineté de chacun. Aucun état étranger ne pourra installer de base militaire sur la Caspienne."

Sans jamais nommément faire référence aux Etats-Unis d'Amérique, le président iranien Hassan Rouhani avait clairement Washington en tête en affirmant que la Mer Caspienne n'appartenait qu'à ses riverains.

Hassan Rouhani, president de l’Iran :

"L'un des éléments les plus importants de cet accord, est qu'aucune armée d'un pays tiers ne pourra pénétrer dans cette zone. Il est stipulé qu'aucune marine étrangère ne pourra opérer dans la Mer Caspienne. En prenant cette décision, nous améliorons la sécurité de toute la région, et c'est très important pour nous."

Les cinq de la Caspienne ont aussi profité du sommet pour signer divers accords intergouvernementaux pour la coopération économique, le commerce et le transport.

Dans son allocution, Vladimir Poutine s'est, pour sa part, focalisé sur la sécurité et les menaces terroristes.

Vladimir Poutine, president de la Russie :

"La question de la sécurité est primordiale pour les pays de la Mer Caspienne. Nous devons répondre aux menaces internationales auxquelles nous faisons face. Nous devons garder à l'esprit que la Mer Caspienne est très proche de zones internationales de conflits, proche de zones d'activité terroristes comme le Moyen-Orient et l'Afghanistan."

Quelques domaines sensibles n'ont pas encore été réglés par les cinq états. Plus spécifiquement, l'épineuse question de la division des gisements d'hydrocarbures a été repoussée.

Zhumarek Sarabekov, expert en politique étrangère :

"La question qui a principalement bloqué les discussions est celle de la délimitation des fonds marins. Parce que chaque état de la Caspienne a offert sa propre approche. Toutefois la Convention utilise une formule très pratique qui dit que la question doit être discutée avec entre voisins directs (NDLR : entre pays limitrophes)"

De manière à régler définitivement le problème, les chefs d'états ont demandé à leurs équipes de commencer de rédiger et de négocier un accord de méthodologie pour définir une méthode de délimitation claire en vue du prochain sommet de la Caspienne qui se tiendra au Turkménistan.

Quittons un instant le port d'Akthaou pour la région de Mangystau pour la cérémonie d'ouverture du port de Kuryk. Ce port fait partie du réseau des corridors de transports internationaux. Chaque année, près de 7 million de tonnes de fret transitent par les différents réseaux de transport, rail, ferry et route. Il faut entre 30 et 40 minutes aux services de douanes et aux services portuaires pour s'occuper d'un véhicule.

Kanat Alpysbayev, president de la KTZ :

« En cinq ans, le Kazakhstan a accru la capacité de transport des ports de la Caspienne d'Akthaou et de Kuryk pour passer sur l'ensemble de 6 millions à 25 millions de tonnes par an. Il y a un potentiel de croissance. Le Kazakhstan et la mer Caspienne sont une zone prospère pour les affaires, nous offrons des services très compétitifs. »

Les réserves d'hydrocarbures de la Caspienne sont estimées à près de 50 milliards de barils de pétrole et près de 300 milliards de m3 de gaz naturel. La Convention sur le Statut légal de la Mer Caspienne définis aussi des quotas de pêche, notamment afin de protéger les populations d'esturgeon béluga, dont les œufs, le fameux caviar s'arrache à prix d'or à travers le monde.

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