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Le Pérou durcit les conditions d'entrée des migrants vénézuéliens sans passeport

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Le Pérou durcit les conditions d'entrée des migrants vénézuéliens sans passeport

Le Pérou durcit les conditions d'entrée des migrants vénézuéliens sans passeport
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Le Pérou a durci samedi pour les très nombreux Vénézuéliens qui quittent leur pays les conditions d'accès à son territoire en exigeant la présentation d'un passeport, tout en permettant à ceux qui en sont dépourvus d'y entrer après avoir demandé le statut de réfugié.

Jusqu'ici, pour pénétrer au Pérou, attractif en raison du dynamisme de son économie, seule une carte d'identité suffisait aux Vénézuéliens, qui continuent de fuir par milliers, plongeant l'Amérique latine dans une crise migratoire majeure.

La présentation obligatoire du passeport est entrée en vigueur à 00H00 samedi (05H00 GMT). Obtenir ce titre au Venezuela est devenu un parcours du combattant en raison de la crise économique et des pénuries, qui affectent aussi le papier servant à imprimer les documents officiels.

Dans la soirée, les autorités annonçaient un léger assouplissement de ces règles, en autorisant l'entrée sur présentation d'une carte d'identité aux femmes enceintes, aux personnes de plus de 70 ans et aux enfants venant rejoindre leurs parents.

Au poste-frontière de Tumbes (nord) entre le Pérou et l'Equateur, pays de transit pour ces migrants, des centaines de Vénézuéliens sans passeport ont été autorisés à passer samedi, à condition néanmoins qu'ils déposent une demande de statut de réfugié.

Une démarche qui leur permet de rester légalement au Pérou pendant que celui-ci leur cherche une solution définitive.

Vers midi, une centaine de Vénézuéliens sans passeport faisaient la queue pour entrer dans un bureau de ce poste-frontière en vue d'effectuer cette demande, pendant que, dans un bâtiment adjacent, la file d'attente des personnes dotées d'un passeport était courte.

Presque tous les Vénézuéliens sans passeport ont été admis au Pérou après avoir réclamé le statut de réfugié ce samedi, a constaté l'AFP.

Le dirigeant chaviste historique et président de l'Assemblée constituante au Venezuela, Diosdado Cabello, a à cet égard qualifié samedi les images sur lesquelles on peut voir des migrants en fuite de "campagne" contre le gouvernement socialiste de son pays.

"La droite est très douée pour orchestrer des campagnes dans le monde" entier, a ajouté le numéro deux du régime.

- 2.500 à 3.000 réfugiés par jour -

Nombre de ces migrants avaient pu gagner la frontière péruvienne vendredi grâce à des cars mis gratuitement à leur disposition par l'Equateur, voie de passage pour les Vénézuéliens cherchant à se rendre au Pérou, au Chili ou en Argentine. Ces personnes venaient de traverser la Colombie.

Le rythme des arrivées de réfugiés à la frontière péruvienne, jusqu'ici de 2.500 à 3.000 par jour, selon les services d'immigration, devrait s'accélérer.

Le Pérou s'attend à accueillir 100.000 réfugiés vénézuéliens dans les prochaines semaines, ce qui portera leur nombre total à un demi-million.

Mais le sentiment antimigrant progresse au sein de la société péruvienne et ces restrictions d'accès au territoire bénéficient d'un certain soutien dans la population.

"Nous sommes désolés pour les Vénézuéliens, mais ils prennent le travail des Péruviens", expliquait ainsi Giannella Jaramillo, devant un étal de vêtements à Aguas Verdes, dans le nord du Pérou.

Le poste-frontière de cette localité, habitué à recevoir quelque 200 voyageurs par jour, a enregistré 2.500 passages de migrants vendredi.

Nombre des migrants vénézuéliens étaient arrivés à pied, ayant parfois marché près de 2.000 kilomètres. Des groupes avaient mis en place des points d'accueil pour leur venir en aide sur les six kilomètres séparant les postes-frontières péruvien et équatorien.

Certains d'entre eux avaient toutefois finalement décidé de rester en Equateur, à l'instar de Lourdes Ruiz, 36 ans. "Nous n'avons personne pour nous accueillir" au Pérou, se désolait celle qui voyageait pourtant depuis un mois avec pour destination finale Lima.

- Cellule de crise régionale -

De son côté, le gouvernement vénézuélien a assuré que les migrants allaient "revenir" grâce aux réformes économiques du président Nicolas Maduro.

Selon les Nations unies, sur les 2,3 millions de Vénézuéliens vivant à l'étranger, plus de 1,6 million sont partis depuis 2015. Quelque 90% d'entre eux se sont réfugiés dans les pays de la région.

Face à l'ampleur du phénomène, l'ONU va mettre en place une cellule de crise régionale, a annoncé vendredi Stéphane Dujarric, le porte-parole du secrétaire général des Nations unies.

De leur côté, deux agences onusiennes, le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), ont appelé jeudi les pays latino-américains à continuer d'accueillir les réfugiés vénézuéliens, dénonçant les mesures restrictives mises en place aux frontières.

Les Vénézuéliens sont étranglés par la crise économique : l'inflation pourrait atteindre 1.000.000% fin 2018, redoute le FMI.

Signe de l'inquiétude des autorités, l'Equateur a invité les ministres des Affaires étrangères de 13 Etats de la région, dont le Venezuela, à une réunion les 17 et 18 septembre pour parler de cette crise migratoire.

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