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Au Niger, sur la route des candidats à l'exil

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Au Niger, sur la route des candidats à l'exil

Au Niger, sur la route des candidats à l'exil
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Des camionnettes, il y en a des dizaines qui chaque semaine, font le trajet entre la frontière libyenne et la ville d’Agadez, au centre du Niger.

A leur bord, des travailleurs nigériens, excédés par les violences qui sévissent en Libye. Mais aussi, des candidats à l’exil originaires d’Afrique de l’Ouest et dont le trajet jusqu’en Europe a été compromis

"Beaucoup nous disent qu'ils ont essayé de traverser la Méditerranée et qu'ils n'ont pas réussi à le faire. La situation actuelle en Libye est intenable pour eux et certains ont fait part de leur souhait de retourner dans leur pays", précise notre reporter Valérie Gauriat.

"Ils nous ont capturés puis ils nous ont enfermés. On a payé pour cette traversée vers l'Europe, mais on n'a pas eu le signal pour le départ. Je veux rentrer chez moi", nous répond un homme originaire du Sénégal.

Face à eux, des Touaregs piliers du trafic migratoire local. Il y a deux ans, le gouvernement nigérien a promulgué une loi pour entraver leurs activités et l’Union européenne a même financé des projets dits de reconversion, destinés à ces passeurs repentis. Mais l’un deux, Mohamed, avoue ne pas avoir mis un terme à ses affaires

"Aujourd'hui encore, je suis un passeur. J'entends dire en ville, parce qu'on nous donne de l'argent, alors on doit arrêter ce travail. Mais moi, on ne me donne rien, et je ne connais pas d'autre travail que celui-là", déclare-t-il.

En 3 ans, le nombre de personnes ayant traversé la frontière avec la Libye aurait considérablement diminué, passant de 7000 à 1000 personnes par semaine, aujourd’hui.

Dans les "ghettos", comme on appelle les habitations où sont entassés les migrants avant leur départ, certains n’ont pas réussi à quitter le Niger. Les passeurs les ont abandonnés en plein désert, pour éviter les patrouilles de l’armée.

"Des dirigeants de l’Union européenne se réunissent avec des dirigeants ouest-africains et leur distribuent de l’argent pour qu’ils arrêtent le trafic migratoire. Mais nous, nous disons que c'est un crime. Ils servent leurs propres intérêts, pas ceux de notre continent", commente un migrant de Guinée.

Ces candidats à l’exil l’affirment : c’est l’absence d’opportunités qui les a poussés à fuir leur pays d’origine.

"La meilleure façon d'arrêter l'immigration, c'est d'arrêter de distribuer de l'argent aux chefs d'État et de venir ici pour créer des possibilités de travail, afin d'empêcher les jeunes de partir", selon un demandeur d'asile ivoirien.