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Brésil: Black & Black, un réseau social pour mobiliser la population noire

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Brésil: Black & Black, un réseau social pour mobiliser la population noire

Brésil: Black & Black, un réseau social pour mobiliser la population noire
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À l'approche des élections générales brésiliennes, le réseau social Black & Black se présente comme le premier au monde destiné à la communauté noire, donnant plus de visibilité aux candidats de couleur dans un pays gravement touché par le racisme.

Cette plateforme numérique permet aussi de mettre en valeur des événements culturels et des initiatives d'entrepreneurs noirs.

L'objectif, selon les créateurs, est de "connecter les demandes de la population noire du monde entier" et de "donner au peuple noir le rôle qu'il mérite".

Ce réseau social créé par Celso Athayde, PDG de Favela holding, un groupe d'entreprises qui oeuvre pour le développement des quartiers déshérites de Rio, compte plus de 100.000 usagers.

Parmi eux, des personnalités de premier plan comme l'acteur Lazaro Ramos ou le rappeur MV Bill, mais aussi près de 600 candidats noirs aux élections du 7 octobre.

"Le lancement officiel n'aura lieu qu'en 2019, mais nous avons mis en ligne une version provisoire dès le mois d'août pour permettre aux candidats de créér leurs pages et de se présenter aux électeurs", explique Celso Athayde.

- "Changer les règles du jeu" -

Ancien enfant des rues, cet entrepreneur, activiste et producteur de rap de 55 ans est un des fondateurs de la formation politique "Frente Favela Brasil", dont une centaine de membres se présentent aux élections, sous les couleurs de partis traditionnels.

La population brésilienne est composée à 55% de Noirs et métis, qui n'occupent que 20% des sièges de la Chambre des députés. D'après les chiffres du Tribunal supérieur électoral, seuls 46% des candidats aux élections d'octobre sont noirs.

Dans le marché du travail, seuls 5% occupent des postes de cadre.

"Les Noirs ne sont pas élus parce qu'ils ne sont pas la priorité des partis", affirme le créateur du réseau social.

Dernier pays d'Amérique à avoir aboli l'esclavage, en 1888, le Brésil a mis en oeuvre ces dix dernières années une politique de quotas raciaux dans les universités et dans la fonction publique.

Une politique mise en place par le gouvernement de gauche de Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010) et remise en cause par de nombreux conservateurs, notamment le candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro, en tête des intentions de vote pour le premier tour de la présidentielle.

"La politique définit les règles du jeu et si tu as seulement des hommes blancs au pouvoir, ils ne vont penser qu'à leurs intérêts", déclare Celso Athayde.

- "Faire peur" -

Cette nécessité de regrouper les intérêts de la communauté noire dans un support numérique commun s'explique par l'absence de vrais mouvements fédérateurs dans un pays construit au fil des siècles de métissage.

Face aux critiques qui le taxent de communautarisme, Celso Athayde répond que Black & Black "ne sépare pas les gens mais ne fait que reconnaître une séparation qui existe déjà".

Au Brésil, la plupart des grandes marques de cosmétiques disposent de très peu, voire pas du tout de ligne de maquillage ou de shampoing qui correspondent aux nécessités de la population noire, dont le potentiel de consommation est souvent sous-estimé.

C'est pourquoi le réseau social vise également à mettre en valeur des PME qui proposent ces produits.

"Je trouve que ce projet permet de provoquer cette société brésilienne raciste qui rend invisible la population noire et qui ne comprend pas qu'elle est constituée de consommateurs", estime Monica Francisco, candidate noire du PSOL (socialiste) à la Chambre des députés de l'Etat de Rio.

Comme aux Etats-Unis, Celso Athayde espère aussi mobiliser les usagers de Black & Black pour des appels au boycott d'entreprises jugées racistes.

"Il faut faire un peu peur et je crois que notre réseau social commence à jouer ce rôle. Si les Noirs commencent à s'unir, on peut faire bouger les choses".

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