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Extrême-droite en Europe : "L'incitation au racisme devient la norme"

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Extrême-droite en Europe : "L'incitation au racisme devient la norme"

Extrême-droite en Europe : "L'incitation au racisme devient la norme"
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Il y a tout juste 80 ans, le 9 novembre, des groupes nazis incendiaient des centaines de synagogues et attaqué et arrêté massivement des Juifs en Allemagne et en Autriche lors de ce qu'on appellera la "nuit de Cristal". Ces prochains jours, des commémorations sont prévues pour rappeler les atrocités du passé, mais aussi pour les faire résonner avec le présent.

euronews consacre plusieurs reportages à l'antisémitisme, au racisme et à l'islamophobie. Ici, nous évoquons la montée de l'extrême-droite à travers l'Europe avec Liz Fekete, directrice de l'Institute of Race Relations (Institut d'analyse des relations entre les races).

Les partis d'extrême-droite gagnent du terrain un peu partout en Europe. En Allemagne, par exemple, la formation AfD siège aujourd'hui dans les seize parlements régionaux du pays.

Liz Fekete, directrice de l'Institute of Race Relations, évoque pour nous, l'évolution de nos sociétés européennes bousculées par la haine de l'autre et les méthodes des formations qui libèrent cette parole xénophobe.

Liz Fekete :

"Ils sont très, très enclins à mettre en avant la liberté d'expression et ce qu'ils font, c'est qu'ils repoussent les limites de la liberté d'expression pour faire progresser des idées qui sont plus ouvertement xénophobes et racistes. Et effectivement, les partis d'extrême-droite sont très doués pour cela.

"Des sujets tabous qui ne le sont plus"

Prenons l'exemple de l'AfD (Alternative pour l'Allemagne) : il y a certains sujets en Allemagne qui sont devenus tabous comme d'être ouvertement raciste et de nier l'Holocauste et les membres de l'AfD se placent constamment sur ce terrain et ils s'appuient sur la pensée nationaliste et l'idée que la nation, le peuple de la nation ou le Volk allemand est martyr et en quelque sorte, victime du politiquement correct. Ils font cela de manière totalement délibérée.

Donc on revient à une situation où ce qui était interdit en termes d'incitation au racisme est permis et devient donc la norme. Et nous devons nous en rendre compte et les médias aussi. Les médias doivent s'interroger : s'ils les voient par un certain prisme, s'ils sont naïfs dans la manière dont ils parlent de l'extrême-droite, sont-ils en un sens complices de son essor ?"

"Apprendre aux jeunes ce qui cause le fascisme"

L'Allemagne fait un travail de mémoire sur son passé à l'image des monuments de Berlin en hommage aux victimes des nazis. Mais le message : "Plus jamais ça" est-il encore audible ?

Liz Fekete :

"Angela Merkel a récemment fait une déclaration que j'ai trouvé très forte : elle a dit que quand la génération qui a vécu l'Holocauste aura disparu, nous verrons si les responsables politiques seront assez forts pour s'opposer au fascisme et à l'autoritarisme. S'ils ne comprennent pas vraiment ce qui alimente la montée du fascisme, s'ils n'ont pas de grandes connaissances en histoire, s'ils ne créent pas les structures et les vecteurs qui dans le monde de l'éducation, transmettent l'information aux jeunes sur ce qui cause le fascisme et l'autoritarisme, alors évidemment, le message 'Plus jamais ça' perdra tout son sens."