DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Coupe Davis: Tsonga, retour in extremis

Vous lisez :

Coupe Davis: Tsonga, retour in extremis

Taille du texte Aa Aa

Plongé au-delà de la 250e place mondiale au bout d'une saison quasi-vierge et jusque-là absent de la campagne 2018, Jo-Wilfried Tsonga fait son retour in extremis dans le cinq majeur de Yannick Noah pour la finale de la Coupe Davis. La récompense d'une reprise encourageante, mais pas seulement.

Il y a tout juste quelques semaines, imaginer Tsonga parmi les joueurs retenus par Noah pour défendre le Saladier d'argent reconquis par les Bleus il y a un an relevait de la chimère.

gi

Car l'année 2018, le Manceau de 33 ans l'a vécue très largement loin des courts, trahi une fois de plus par son corps, qui lui a souvent joué des tours au fil de sa carrière. Quand il abandonne à Montpellier début février, en demi-finale contre Lucas Pouille, c'est à cause de sa cuisse gauche. Mais c'est ensuite son genou gauche, opéré pour soigner une fissure du ménisque début avril puis récalcitrant, qui va le tenir à distance du circuit pendant plus de sept mois et le forcer à faire successivement une croix sur Roland-Garros, Wimbledon, et l'US Open.

Une absence longue durée qui s'est traduite par une plongée vertigineuse dans les abîmes du classement, précisément au 261e rang lundi, après plus de onze ans de présence continue dans le top 100.

- Circonstances favorables -

Ce n'est que mi-septembre que Tsonga a fait son retour à la compétition. Son bilan depuis ? Quatre défaites (à Metz, Anvers, Vienne et Bercy) pour une seule victoire, face à l'Argentin Guido Pella, alors 65e.

Pas engageant au niveau comptable, paradoxalement plutôt encourageant dans le contenu, en particulier son duel en trois tie-breaks contre le redoutable serveur canadien Milos Raonic à Bercy, au cours duquel il a montré pendant près de 3 heures qu'il était loin d'avoir tout perdu de ses armes, son coup droit canon en tête.

Assez pour que l'hypothèse Tsonga prenne corps in extremis. D'autant que l'ex N.5 mondial, longtemps N.1 français et qui présente de loin les meilleures références des joueurs tricolores en activité (16 titres, finale à l'Open d'Australie en 2008, cinq autres demi-finales en Grand Chelem) bénéficie de la conjonction de circonstances favorables. Il y a d'abord le désamour entre Noah et Gaël Monfils, plus l'incompatibilité entre le capitaine et Gilles Simon. Il y a aussi les résultats calamiteux des Bleus en 2018, qui ont obligé Noah à composer en s'appuyant sur d'autres critères. Sans oublier le forfait de dernière minute de Richard Gasquet (psoas).

Dans ce contexte, les états de service de Tsonga, qui n'a quasiment jamais rechigné à défendre les couleurs de l'équipe de France, ont sans doute joué en sa faveur. Depuis ses débuts sous le maillot bleu il y a dix ans, le Manceau a toujours joué le jeu de la Coupe Davis, la première moitié de la campagne 2017 exceptée, quand, sur le point de devenir père, il s'était volontairement mis en retrait -ce que Noah n'avait pas apprécié-.

- Armé physiquement ? -

S'il n'y a jamais signé d'exploit retentissant (défaites contre Nadal en 2011, Wawrinka en 2014, Murray en 2015), il y a globalement tenu son rang (27 victoires contre 9 défaites).

Reste une inconnue: Tsonga est-il physiquement armé pour tenir le choc de matches en cinq sets sur terre battue ?

Fin octobre, lui-même reconnaissait la taille du défi: "La Coupe Davis, pour moi c'est loin. Je reviens tout juste, forcément ça pique déjà les jambes en trois sets...".

"C'est compliqué quand on n'a pas beaucoup de matches dans les jambes, qu'on n'a pas joué pendant plus de sept mois. Le tennis ne s'envole pas, mais les aptitudes physiques, je dois encore les faire progresser, pour tenir un match, trois sets, éventuellement cinq", avait-il développé.

Il avait amendé son discours quelques jours plus tard seulement, dans la foulée de sa défaite contre Raonic: "Il reste trois semaines de préparation, je me dis que je pourrais être dans les temps. Ce serait une source de motivation incroyable d'être dans l'équipe (...) Je ferais les choses encore plus assidûment".

Noah y croit: "Si je l'ai sélectionné, c'est forcément parce que j'ai en tête l'option de le faire jouer et que je pense qu'il peut gagner les points nécessaires."

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2018 - Agence France-Presse.
+Voir plus
Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© 2018 - Agence France-Presse. Toutes les informations (texte, photo, vidéo, infographie fixe ou animée, contenu sonore ou multimédia) reproduites dans cette rubrique (ou sur cette page selon le cas) sont protégées par la législation en vigueur sur les droits de propriété intellectuelle. Par conséquent, toute reproduction, représentation, modification, traduction, exploitation commerciale ou réutilisation de quelque manière que ce soit est interdite sans l’accord préalable écrit de l’AFP, à l’exception de l’usage non commercial personnel. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des retards, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus dans le domaine des informations de presse, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations. AFP et son logo sont des marques déposées.