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Carlos Ghosn : la chute d'un Titan

Carlos Ghosn : la chute d'un Titan
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Un personnage "cupide", une "trahison". Dans la presse japonaise, La chute de Carlos Ghosn est sans pareille. Le PDG de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi Motors a passé une deuxième journée en garde à vue après son arrestation surprise lundi, à peine son jet arrivé à Tokyo. Accusé d'avoir dissimulé la moitié de ses revenus au Japon entre 2011 et 2015, il est aussi suspecté de nombreuses autres malversations, comme l'utilisation des biens de l'entreprise à des fins personnelles.

Parties d'une enquête interne à Nissan, ces révélations sont désormais entre les mains du ministère public, qui peut faire durer la garde à vue jusqu'à 20 jours avant une inculpation formelle ou une remise en liberté.

Dans les rues de Tokyo, l'image du sauveur du fleuron Nissan a du plomb dans l'aile.

Yumi Handa, 29, service industry employee

" Quand j'entends Nissan, je pense à une compagnie dont le Japon est fière, confie une jeune femme. Je conduis une Nissan, mais quand vous êtes au sommet du groupe, vous ne devez rien commettre d'irresponsable. En tant que Japonaise, je trouve cette affaire embarrassante. "

Si le timing de ces révélations interroge, au moment où Nissan avait des velléités d'émancipation vis-à-vis de Renault, les accusations de fraude choquent autant d'un continent à l'autre.

" Quand on sait ce que touche Carlos Ghosn, c'est-à-dire plus de 15 millions d'euros, entre les salaires de Renault et Nissan, on est quand même surpris qu'il n'en ait pas encore assez et -si évidemment l'information est avérée - qu'il gruge ni plus ni moins le fisc nippon ", déploreFabien Gâche, délégué syndical central CGT chez Renault.

Mais le ministre de l'Economie l'assure, côté français, rien à signaler.

"Je ne peux pas donner plus de détails puisque ces éléments sont couverts par le secret fiscal, je peux juste vous confirmer qu'il n'y a rien de particulier à signaler sur la situation fiscale de monsieur Carlos Ghosn en France ", a ainsi déclaré Bruno Le Maire sur Franceinfo.

" Au lendemain de l'arrestation de Carlos Ghosn, le groupe Renault-Nissan-Mitsubishi est pressé de lui trouver un successeur, conclut le correspondant d'Euronews à Paris, Stefan de Vries. Le conseil d'administration du groupe Renault se réunit à Boulogne-Billancourt, en banlieue parisienne, afin de trouver la personne capable de diriger cette alliance industrielle complexe. Mais l'affaire s'annonce ardue. En effet, les parties française et japonaise ont parfois des intérêts divergents. Et le gouvernement français veut avoir son mot à dire. Considéré hier encore comme le sauveur de Renault, Carlos Ghosn risque aujourd'hui de passer 10 ans dans une prison japonaise. "